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samedi 18 novembre 2017
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Conférence sur le climat à Bonn: les demandes du groupe des négociateurs Africains

Les pays en voie de développement ont demandé aux pays développés le respect de leurs engagements climatiques, au cours de la première semaine de Conférence sur climat à Bonn, plongée dans de longues tractations sur fond de surchauffe planétaire. Précisions !

Deux ans après l’adoption de l’accord de Paris, les pays commencent juste à définir les règles de son application. Un processus technique censé aboutir en fin 2018 à la COP24.
Mais d’ores et déjà, au terme d’une année secouée par des cataclysmes météorologiques, les pays en développement sont venus à Bonn avec un message pour les pays riches, accusés de manquer à leurs promesses.
L’Afrique a souligné l’urgence de commencer le processus de développement d’un texte de négociation qui pourrait être adopté en Décembre 2018. Ce texte devra être en lien avec le mandat du programme de travail de Paris, a déclaré lors de la session consacrée à la mise en application de l’Accord de Paris le président du groupe des négociateurs africains et représentant du Mali, Seyni Nafo.
Le groupe des négociateurs africains dit soutenir la déclaration du Groupe des 77+ la Chine qui demande plus de transparence et d’explications sur le financement des moyens de mise en œuvre des contributions nationales, notamment le financement de l’adaptation, des transferts de technologies, des moyens de réductions de gaz à effet de serre, et du renforcement des capacités.
Dans le cadre des différents travaux techniques de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, l’Afrique a sollicité plus d’éléments techniques procéduriers dans les conclusions pour assurer l’équilibre entre les différents groupes. Le président du groupe des négociateurs africains, notre compatriote, a demandé davantage d’explications concernant notamment la mise en application des contributions nationales liées à l’adaptation.
Selon Seyni Nafo, dans l’accord de Paris, il existe en effet un minimum d’information sur l’atteinte des moyens de réduction de gaz à effet de serre, mais aucun élément n’est précisé sur l’adaptation. Il y a donc un déséquilibre.
“Les quatre missions sur l’adaptation confiées au Comité d’adaptation et aux experts des Pays les moins Avancés, collaborant avec le Comité permanent sur la Finance ont reçu des mandats imprécis », a affirmé M. Nafo.
La question de l’adaptation aux changements climatiques, plus précisément du financement de l’adaptation est discutée, depuis de nombreuses années. Lors de l’ouverture des travaux sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris, les termes de responsabilités communes et différentiées ont été à nouveau soulevés par le groupe 77+ la Chine. Les pays développés, selon ce groupe, ont une dette auprès des pays en développement et doivent, de ce fait, payer pour la pollution causée dans ces États.
En outre, un groupe de négociateurs incluant de grands pays émergents (notamment Chine et Inde, aujourd’hui 1er et 4e émetteurs mondiaux) a convoqué jeudi une conférence de presse pour rappeler l’engagement, ancien, des pays riches à renforcer leurs plans climatiques avant même 2020, date d’entrée en vigueur de l’Accord de Paris. Ils demandent que la question soit inscrite à l’agenda de la COP23.
En 2012, « les pays développés ont accepté de revoir leurs objectifs de réductions d’émissions. Nous ne voyons guère de progrès, il y a un manque pas uniquement sur les actions, mais aussi sur le soutien (aux pays en développement) », a souligné le délégué chinois Chen Zhihua.
« Si nous ne respectons pas les décisions prises, comment construire la confiance, et comment donner une bonne base à l’application de l’accord de Paris ? », a-t-il insisté.
« Tout ce que nous demandons est la concrétisation en actions de cette urgence, et ce (avant) 2020 », a ajouté Walter Schuldt, président équatorien du groupe des G77 (134 pays en développement).
« La technologie existe, le capital existe, l’urgence existe. Ce qui manque, c’est la volonté politique des pays développés très émetteurs », a critiqué le négociateur du Nicaragua Paul Oquist.
Le groupe des négociateurs africains, celui des Petits États Insulaires, ainsi que celui des Pays les Moins avancés et notamment le groupe représentant la Coalition des Nations à forêts tropicales humides ont affirmé soutenir cette position.
D’après plusieurs institutions appuyées par des scientifiques, les pays en développement sont très vulnérables aux changements climatiques. Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’alimentation mondiale a indiqué que les inondations et sécheresses causées par les changements climatiques représentaient 26 % des dégâts et pertes des pays en développement.

Par Mohamed D. DIAWARA




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