Connexions terroristes au nord Mali: pourquoi le Niger veut sévir…

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Ces derniers temps, la tension est extrêmement vive dans la zone de Kidal, où les événements violents s’enchevêtrent : après la mort d’une vingtaine de soldats nigériens, dans un camp de réfugiés maliens, à Tazalit, le climat s’est dégradé entre les autorités nigériennes et des responsables du HCUA. Au cœur de la discorde : la colère nigérienne contre le HCUA, accusé de collusion avec les milieux terroristes et narcotrafiquants. Des représailles en vue….

Dans cette zone, coutumière à l’explosion, tout est allé si vite : après la mort d’une vingtaine de soldats nigériens, dans un centre de réfugiés maliens, à Tazalit, dans la région de Tahoua (22 morts plus exactement), la situation s’est aussi enflammée entre les autorités nigériennes et des responsables du HCUA ; des ex-rebelles retranchés à Kidal. Récemment, la mort de cet ex-chef rebelle du nom d’Ag Aoussa, le chef d’état-major de la CMA et non moins n° 2 du HCUA, n’a rien arrangé dans cette escalade de la violence qui menace la région.
Pour les autorités nigériennes, à commencer par le ministre de la Défense, Massaoudou Hassoumi, il n’y a aucun doute, ce sont ces responsables du HCUA qui sont responsables de ce massacre de soldats nigériens. D’ailleurs, dans la foulée de cette accusation, la même autorité nigérienne, visiblement irritées face à cette nouvelle escalade de la violence, avait pointé un doigt accusateur contre le HCUA, pourtant signataire de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger, assimilé à ses yeux aux mouvements terroristes et autres narcotrafiquants, particulièrement actifs dans la zone pour de nombreuses exactions perpétrées sur les populations civiles et même sur les positions des armées, au-delà de la frontière entre les deux pays. Le cas le plus récent, et le plus sinistre, de la mort de 22 soldats nigériens, dans un centre de réfugiés maliens à Tazalit, froidement exécutés d’une balle dans la tête, vient tout simplement réunir les ingrédients d’une véritable exposition dans la zone.
Si, du côté du HCUA, la réaction contre la colère nigérienne ne s’est pas fait attendre, elle n’a en réalité rien émoussé de l’ardeur des autorités du Niger à prendre la situation en mains, pourvu que la riposte soit cinglante et ferme. Dans un communiqué, au ton de vitriol, en date du 8 octobre dernier, la coordination des mouvements de l’azawad s’est indignée d’apprendre, sur les antennes de RFI, les propos « injustes et très graves tenus par le ministre nigérien de la défense, Hassoumi Massaoudou citant le HCUA parmi les auteurs de l’attaque terroriste qui a visé une position des forces de défense et de sécurité du Niger à Tizalit. La CMA, comme on le voit, qui “dénonce cet amalgame hasardeux et dangereux de M. Massaoudou” a rappelé que “le HCUA et la CMA entretiennent de très bonnes relations avec le peuple et le gouvernement du Niger et n’ont aucun intérêt à s’attaquer à des soldats nigériens”. De ce fait, préconise-t-elle, la CMA, dans le même communiqué, “rappelle également que le rôle du Niger, en tant que membre de l’équipe de médiation internationale, est d’aider à la réconciliation nationale au Mali, à travers une mise en œuvre efficiente de l’accord de paix et non d’enflammer une situation déjà assez tendue par ce genre de déclarations hasardeuses et sans fondement”.
Ainsi que l’on peut s’en apercevoir, par l’enchainement des réactions et des propos, de part et d’autre, les autorités nigériennes n’ont reculé d’un iota sur leurs accusations portées contre le HCUA, cette composante de la CMA qui vont en toute vraisemblance devoir faire face à la colère des autorités nigériennes qui continuent à les tenir pour responsables de ce massacre de soldats du Niger. Les propos du ministre de la Défense, sur les ondes de RFI, acerbes et sans nuances sur la riposte à envisager, face à la situation, en disent long sur leurs états d’âme : “Nous allons faire en sorte que cela leur coûte de plus en plus cher de mener ce genre d’attaque contre notre pays, contre nos soldats”. Le mot est lâché : les autorités nigériennes ne resteront pas sans réaction face à ce qu’elles considèrent comme une attaque contre leur pays et contre leurs soldats. Elles ne s’en privent pas : des représailles vont être menées contre ceux qui en sont responsables. Il est donc clair que la riposte nigérienne, ciblée ou pas, visera les responsables du HCUA, lesquels ont beau crier leur innocence dans ce nouveau déferlement de violence, dans la zone, mais ne réussiront pas à convaincre les autorités du Niger, notamment le ministère de la Défense, le très intrépide Hassoumi Massaoudou, qui, lui, ne voit aucune alternative à cet affront contre le Niger sauf à faire payer lourdement les agresseurs de leurs actes.
De sources concordantes, il semble que les autorités nigériennes n’ont aucun doute à désigner les supposés responsables de l’attaque du centre de réfugiés maliens à Tazalit, dans la région de Tahoua, ayant causé la mort de 22 soldats nigériens. Et pour cause ? Les autorités nigériennes soutiennent avoir suivi les éléments du HCUA, soupçonnés de l’attaque du centre des réfugiés maliens, dans leur progression jusqu’au lieu du drame. Assurément, même détenant des preuves irréfutables sur ce qu’elles avancent, celles-ci, pour d’évidentes raisons de sécurité et de renseignements, dans le cadre d’éventuelles enquêtes en la matière, ne livreront pas certainement de sitôt, sur la place publique, des éléments d’information dont elles disposent sur des responsables du HCUA, lors de l’attaque du centre de réfugiés maliens, ayant occasionné la mort de plusieurs soldats nigériens. Une situation pour le moins surprenante et inconvenante d’autant que le Niger, comme c’est le cas plus récemment encore, a toujours piloté les médiations entre les frères ennemis des mouvements armés du nord Mali, débouchant sur des accords de paix dans la perspective d’un règlement pacifique des différends dans la zone de Kidal.

Sékouba Samaké

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