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lundi 24 janvier 2022
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Conquête et exercice du pouvoir: les préceptes de la Coalition C.E.P.E.

Le Président de la Coalition Charte d’Engagement Public pour l’Emergence (C.E.P.E.), Dr Abdoulaye SALL, a remis hier au Médiateur de la République le Document de contribution de la C.E.P.E aux réformes Politiques et Electorales sous l’angle de la participation citoyenne et des priorités des jeunes, de femmes et des personnes vivant avec handicap assorti d’une Proposition de Cadre Logique de la C.E.P.E pour les Réformes Politiques et Electorales.

Il était accompagné de certains membres du Bureau de la Coalition C.E.P.E.
Le document de contribution tourne autour de 4 axes.
L’axe 1 porte sur la révision de la Constitution. Les recommandations y afférentes sont: réviser certaines dispositions de la Constitution du 25 février 1992 en revoyant le mode de désignation des membres de la Cour constitutionnelle ; transférer le quota attribué au Président de la République aux organisations de la société civile professionnelle et aux OSC de défense des droits de l’homme dans la désignation des membres relevant de ce quota. Et sélectionner l’ensemble des membres de la Cour constitutionnelle par voie de concours qui sera ouvert à tous les citoyens du Mali ; prendre en compte dans la nouvelle Constitution les chefferies traditionnelles dans les secteurs socio-professionnels et mentionner expressis verbis au niveau du préambule de la nouvelle Constitution les personnes vivant avec le handicap, les jeunes et les autorités traditionnelles; prévoir dans la nouvelle constitution la création d’une Cour des comptes…
Au sortir des échanges avec le Médiateur, le Président de la Coalition C.E.P.E. a confié que la Constitution est le fondement politique d’un Etat. Aussi estime-t-il qu’on ne peut créer ou faire émerger un nouveau Mali sans revoir les fondements politiques de l’Etat.
« La Constitution du 25 février 1992 est une Constitution rigide qui avait été adoptée à un moment où on était dans l’euphorie de la démocratie et face aux 30 années de réalité et des pratiques que nous avons subies et vécues, il est bon que si nous voulons vraiment construire le Mali Kura, que les balises de ce nouveau Mali soient dans la Constitution comme fondement politique » a-t-il mis en exergue.
L’axe 2 portant réformes politiques et électorales recommande : réviser la Loi électorale et la Charte des partis politiques afin de prendre en compte les priorités des jeunes, des femmes, des personnes vivant avec un handicap et les groupes traditionnellement marginalisés ; créer un Organe Unique de Gestion des Elections (indépendant et impartial) ; créer un cadre de concertation entre le MATD, la CTDEC, les collectivités et les OSC qui interviennent dans le domaine du processus électoral pour une mise en œuvre inclusive des opérations d’enrôlement des citoyens dans la base de données biométriques…
Le Dr SALL est convaincu que la période transitoire est le moment idéal pour faire les grandes réformes qui doivent être d’abord des reformes de conquête de pouvoir et des reformes d’exercice de pouvoir.
Pour lui, ce qui est important aujourd’hui c’est de travailler sur les reformes de conquête de pouvoir à travers notamment la révision constitutionnelle, la révision de la Charte des partis politiques, du Code électoral et également du mode de scrutin.
« Si nous arrivons à réaliser au cours de cette transition, la révision de la Constitution du 25 Février, nous dirons bravo. Si nous arrivons également à tenir une élection présidentielle à travers des élections claires, transparentes et crédibles, nous dirons également bravo. Mais, tout cela n’est possible que si nous Maliens mêmes, nous prenons la décision souveraine de prendre en main notre destinée » a déclaré Dr SALL.
« Que les uns et les autres qui veulent se réclamer être président et être députés soient des hommes intègres, honnêtes, patriotes qui aiment leur pays. Et aimer son pays, c’est s’aimer soi-même et aimer les autres » a-t-il poursuivi.
Au niveau de l’axe 3 relatif à la relecture de l’Accord, la CEPE recommande: réviser certaines dispositions de l’Accord pour la Paix pour les rendre conforme à la Constitution ; impliquer les FAMA et les citoyens à tous les niveaux dans la mise en œuvre de l’Accord; traduire l’Accord d’Alger en braille pour permettre aux personnes vivant avec handicap visuel de comprendre son contenu ; élaborer un plan d’action pour faciliter la mise en œuvre des recommandations du DNI.
A ce niveau, le Président de la Coalition C.E.P.E. souligne que l’APR a été signé à un moment où des frères et des sœurs avaient pris les armes, où l’État lui-même avait le couteau sous la gorge. Mais, à partir du moment que ceux-ci ont laissé les armes et sont aujourd’hui dans pratiquement toutes les institutions de la République, il estime qu’il y a lieu maintenant de faire une seconde lecture dudit accord au lieu d’une relecture. Cette seconde lecture, explique-t-il, doit consister à soumettre l’Accord non seulement aux citoyens, mais également, au niveau du CNT et aux autres institutions de la République afin de l’adapter aux enjeux et aux défis pour que nous co-construisions un destin commun pour notre pays.
L’axe 4 porte sur la réorganisation territoriale pour laquelle la CEPE recommande : opérationnaliser les nouvelles régions tout en impliquant les citoyens dans tout le processus en tenant compte des groupages sociaux culturels ; déterminer les limites géographiques des nouvelles régions créées ; élaborer un plan d’action pour le retour de l’administration dans les régions où elle n’est pas présente…
Pour le Dr SALL, s’il y a lieu de faire de réorganisation territoriale, on doit nécessairement prendre en compte deux dimensions que sont la dimension circonscription administrative et la dimension collectivité territoriale, et y travailler.
Le présent document réalisé avec le soutien technique du NDI et l’appui financier de l’USAID et de la Coopération Suisse au Mali a été déjà remis au pouvoir exécutif, à travers les ministères de la Refondation de l’Etat chargé des relations avec les institutions et de l’Administration territoriale et des collectivités locales ; à l’organe législatif qu’est le CNT ; au pouvoir judiciaire, à savoir par la Cour constitutionnelle et la Cour suprême.

PAR BERTIN DAKOUO




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