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mercredi 16 octobre 2019
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Consolidation du dialogue politique: le gris-gris du président IBK

Le contenu du rapport du Comité d’experts sur la révision constitutionnelle sera partagé cette semaine avec l’ensemb le de la classe politique malienne. L’annonce a été faite par le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, le mardi 8 avril 2019, lors de sa rencontre avec des leaders religieux (musulmans et chrétiens du Mali. C’est avec ce gris-gris que le président IBK entend apaiser le climat socio-politique qui a connu une effervescence ces derniers jours.

La rencontre qui a lieu dans la salle de Banquet, s’inscrit dans le cadre de l’appel du Président IBK à l’unité nationale pour la paix et la réconciliation nationale, à travers un dialogue social qu’il a entamé personnellement depuis un certain temps.

La délégation des leaders religieux était conduite par l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut conseil islamique (HCI), le Chérif Ousmane Madani HAIDARA, président du Groupement des leaders religieux du Mali, Son Éminence Cardinal Jean ZERBO, Archevêque de Bamako, le Révérend Pasteur Nouhou Ag Infahi YATTARA.

Soucieux de l’apaisement du climat politique et social de notre pays très tendu, ces derniers temps, et exacerbé par la grande marche organisée, le vendredi 5 avril dernier, l’exigeant de faire démettre le Premier ministre Soumeylou Boubèye MAIGA, le Président IBK a déclaré face à ses visiteurs du jour :

« Nous ferons tout, cette semaine, de le faire tenir par les hommes politiques maliens toutes tendances confondues, pour qu’ils en connaissent le contenu et nous fassent retour de leurs suggestions diverses et qu’ainsi nous puissions y aller de manière consensuelle avec un climat très apaisé ».

Le Président IBK a profité de l’occasion pour rendre encore une fois grâce à Allahou Soubana Wat’Allah:

«Pour la grâce qu’il nous fait de chaque fois qu’un écueil se présente et vient d’être surmonté et rien ne sert de cacher que la semaine dernière, a été une semaine d’angoisse pour les Maliens, surtout avec toutes les annonces qui avaient été faites, on avait craint un vendredi sombre, très sombre. Il n’en fut pas grande chose heureusement, ceux qui ont voulu marcher ont marché dans la règle de l’art. Nous avons eu également-là la démonstration que nos forces de l’ordre étaient des forces de l’ordre, qui ont fait leur travail correctement, avec professionnalisme. Donc rendre grâce à Allah pour cela. Également demander leur soutien bienveillant et leurs bénédictions pour les autres projets à venir dont le référendum constitutionnel, dont nous avons reçu l’avant-projet. Nous ferons tout cette semaine de le faire tenir par les hommes politiques maliens, toutes tendances confondues, pour qu’ils en connaissent le contenu et nous fassent retour de leurs suggestions diverses et qu’ainsi nous puissions y aller de manière consensuelle avec un climat très apaisé ».

Dans la même veine, le Président de la République a informé ses hôtes de sa démarche et la suite de ses entretiens avec Soumaila CISSE, chef de file de l’opposition politique, sur les grands sujets de l’Etat de notre nation : « Nous allons nous rencontrer encore pour partager ensemble l’avant-projet de révision constitutionnelle ».

Cette démarche participative du Président IBK, très salutaire, a reçu une réponse favorable auprès de nos chefs religieux.

En effet, l’Imam Mahmoud DICKO, président du Haut conseil islamique du Mali, a été le premier a donné le ton en accueillant IBK dans la salle des Banquets en ces termes : «N’Kôrô ini Tché» (autrement dit merci cher grand frère) ; et à son tour IBK de répondre avec sourire «ma fô dê, i yêrê de y’a fô » (c’est toi-même qui vient de le dire que je suis ton grand frère). Une entrée en salle rassurante et appréciée qui a détendu toute l’auguste assemblée du soir.

C’est ça le Mali, comme l’atteste éloquemment un adage bambara : « la langue et les dents d’une même bouche peuvent se chevaucher, mais cela n’empêchera jamais à la langue de nettoyer les dents ».

A sa sortie, l’imam Mahmoud DICKO s’est exprimé : « Nous retrouver entre nous pour parler et faire en sorte que nous puissions vraiment aller ensemble pour faire face aux vrais défis, qui aujourd’hui, nécessitent vraiment l’union des cœurs et des esprits pour qu’ensemble nous puissions faire face à ça.

Nous avons parlé de ces drames qui ont eu lieu dans notre pays, que plus jamais nous ne devrions connaître et que tout le monde se mette ensemble pour que des choses comme ça ne puissent pas vraiment arriver dans notre pays. Et cela ne peut être possible tant que les gens ne sont pas ensemble parce que pour aller ensemble, il faut regarder dans la même direction. Aujourd’hui nous avons besoin de nous écouter et tous ensemble aller vers l’essentiel. L‘essentiel c’est la préservation de notre Patrie, c’est le vivre-ensemble que nous avons comme valeur cardinale, il faut le préserver. Ce qui se passe aujourd’hui entre les différentes communautés, les voisins, cela n’est pas le Mali, cela n’est pas digne du Mali, il faut nécessairement qu’on trouve les voies et moyens pour dépasser cette période combien difficile».

Ainsi, nous retrouvons un Mali nouveau pour un autre départ. Reste à nous citoyens d’imiter nos autorités, d’aimer notre Patrie le Mali, de nous tolérer entre nous et de nous aimer pour aller vers une seule vision commune. Rien ne sert de mettre le feu à notre beau pays pour compromettre l’avenir de nos enfants dans un monde qui sera sans pitié demain.

Comme disent une chanson mandingue : le bateau Mali peut tanguer, mais il ne chavira pas.

Par Sékou CAMARA

 




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