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mercredi 22 novembre 2017
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Construction du Marché Rose de Bamako: les victimes à bout de patience !

S’enquérir du plan de construction du Marché Rose ravagé par un incendie, le 20 mars dernier, en ce qui est du début prévisionnel des travaux, de l’état de mobilisation des ressources financières nécessaires, tel est le mandat délivré par les sinistrés au cours d’une Assemblée générale organisée par la ‘’Commission de suivi de l’incendie du marché rose’’, le samedi dernier, dans le parking dudit marché.

L’emplacement était idéal pour une grande affluence qui n’a pas manqué de la part des victimes, qui n’attendaient qu’une telle opportunité, pour vider leur sac. Preuve que le sujet à l’ordre du jour est d’une préoccupation partagée, les représentants des marchés des Légumes, du Dabanani, du Suguni kura se sont joints à leurs camarades du Marché Rose de Bamako.

La préparation des esprits

La délégation de chefs de quartier, le président d’honneur de la Commission de suivi de l’incendie du Marché Rose, la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la Coordination nationale des commerçants détaillant du Mali, le Synacodem, les ministères du Commerce, de l’Urbanisme, de la Sécurité intérieure, la mairie de la commune III, la mairie du District, le Gouvernorat du District, la Protection civile, la Police…,  ont tous honoré de leur présence cette Assemblée générale.

Tout le dispositif requis pour que les travaux se déroulent dans la sérénité a été mis en œuvre: lecture de Coran, bénédictions de l’imam, appels au calme des doyens de la communauté des commerçants.

Une solidarité nationale saluée

Pour rentrer dans le vif du sujet, un seul point était à l’ordre du jour: donner un mandat à la Commission de suivi de l’incendie du marché rose de Bamako pour dissiper ‘’le flou’’ qui entoure la construction du marché, 8 mois après qu’il ait été ravagé par les flammes.

Le président de la Commission de suivi, Gaoussou COULIBALY dit Djéri, a salué les efforts déployés par les autorités quand le Marché Rose a été consumé. Il a rappelé, à cet effet, une aide financière, dans le cadre de la solidarité nationale, de 400 millions FCFA à partager entre les sinistrés des 3 marchés (Marché Rose, Marché de kolas, Marché des Légumes), soit 1 061 bénéficiaires; le déblocage de 300 millions FCFA pour l’installation gracieuse de 625 personnes pour une durée de 6 mois au cours de laquelle elles ne s’acquitteront pas des frais de loyer; une prévision de déblocage de 300 millions FCFA supplémentaires pour l’installation de nouveaux commerçants.

La prompte réaction du ministre du Commerce, Abdel Karim KONATE, qui est arrivé sur les lieux de l’incendie, l’audience accordée par le Premier ministre, ont été relevées comme des marques d’attention des autorités gouvernementales lesquelles se sont engagées à reconstruire le Marché. Le Premier ministre, au cours de la rencontre, a fait savoir que des mesures sont en cours pour cette reconstruction qui se trouve butée à des contraintes budgétaires auxquelles il faut faire face.

Le président de la Commission de suivi, Djéri COULIBALY, a aussi mis en exergue la sollicitude des autres institutions de la République qui ont bien voulu recevoir les membres de la Commission et partager la souffrance des victimes  dont le Haut conseil des collectivités et l’Assemblée nationale qui a fait une aide financière.

L’urgence incompressible

Si tous ces efforts sont jugés louables, l’impatience gagne les rangs des commerçants en ce qui est de la reconstruction du Marché Rose où aucun signe rassurant n’est visible. Aussi, le président de la Commission en appelle-t-il au Président IBK qui a bénéficié d’un soutien rarement égalé pour son élection pour la satisfaction, dans les plus brefs délais, de cette attente des commerçants.

Il a avancé des raisons pour lesquelles la reconstruction du Marché Rose est d’une urgence incompressible: Ie Marché Rose contribue à l’économie, il est le nombril de Bamako, il est un patrimoine mondial.

Comparaison n’est pas raison; mais Djéri COULIBALY a indiqué que lorsque le marché de Dakar avait brûlé, en 1996, la reconstruction n’a pas tardé et l’Etat a offert 2 millions FCFA par sinistré. Pour nos autorités, a-t-il martelé, l’heure est venue de dire si elles peuvent ou non relever la mission de reconstruction du Marché Rose où l’incendie a fait 888 victimes au total.

Un membre de la Commission a soutenu que le combat était désormais de savoir quand, comment, avec quels moyens le marché sera-t-il construit pour sortir du flou qui entoure le processus.

Le président de la Coordination nationale des commerçants détaillants du Mali, Hama Aba CISSE, tout en félicitant l’Etat pour tout ce qu’il a fait, a néanmoins rappelé que le Marché Rose reste fermé privant de milliers de personnes d’avoir leur pitance. Il a invité les autorités à diligenter la reconstruction de ce marché qui est la seule priorité qui vaille actuellement.

La hantise d’un remake de 1993

Au cours des échanges, d’autres intervenants ont souligné que le premier souci, après l’incendie, était de savoir s’il y avait des autorités qui étaient sensibles au drame qui venait de se produire. La réponse a été trouvée, à travers le geste de solidarité nationale pour laquelle tous les départements ministériels méritent une reconnaissance de la part des commerçants.

Pour autant, s’inquiètent-ils. Et pour cause, en 1993, il y a eu un incendie au Marché Rose et il a fallu attendre 7 ans pour la reconstruction. 8 mois après celui de mars dernier, s’achemine-t-on vers un remake? Telle est la question qui taraude les nombreux commerçants. Aussi, interpelle-t-on, si des actions sont en cours, alors faudrait-il les accélérer.

Le représentant des victimes ne s’explique pas que le Président IBK ne soit pas allé faire acte de présence sur les lieux du sinistre alors que 80% d’entre eux sont allés en faillite à la suite de l’incendie.

Quant au Premier ministre, Moussa MARA, qui a une réputation de travailleur, il lui demande de la confirmer.

Accablé par la situation où ils n’ont pas où travailler, il se dit simplement dépité d’être Malien.

L’occasion a été bonne pour les acteurs du marché de soulever un problème dérivant de l’incendie qui est l’augmentation des frais de loyer: un kiosque de 1,5 m qui est loué à 75 ou 100 000 FCFA.

Ils attendent aussi de pied ferme le discours de Nouvel An 2015 du Président IBK pour savoir la place qu’il réserve à leur dossier.

En attendant, ils demandent aux autorités de prendre leurs responsabilités pour la résolution du problème du Marché Rose de Bamako.

Par Bertin DAKOUO

 




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