Construction d’une paix durable au Mali: un livre blanc sur la sécurité en gestation

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Après la publication d’un premier document appelé «vision stratégique» qui identifiait des besoins spécifiques pour une paix durable au Mali, la CONASCIPAL (Coalition nationale de la société civile pour la paix et la lutte contre la prolifération des armes) et son partenaire SIPRI ont lancé, hier jeudi, au Grand Hôtel de Bamako un nouveau projet intitulé : « Construire une paix durable au Mali : contribution de la société civile aux politiques de sécurité des populations». Une conférence de presse a sanctionné lesdits travaux.

Soutenu par la coopération suédoise au développement international pour une durée de 3 ans, ce projet vise à termes à la conception d’un Livre blanc sur la sécurité au Mali.
C’est à travers un séminaire que ledit projet a été lancé sous la présidence du ministre de la Sécurité et de la protection civile, le Général Salif TRAORÉ, en présence de l’Ambassadeur de Suède au Mali, Mme Eva Emnéus.
Les travaux ont été rythmés par la tenue de trois panels notamment : les politiques de sécurité des personnes et des communautés au Mali : panorama des stratégies nationales ; la sécurité des personnes et des communautés au Mali : contributions possibles de la société civile ; les stratégies internationales et appui aux politiques de sécurité.
Chaque panel a vu la présentation de plusieurs thématiques relatives au défi de la sécurité et de la paix dans notre pays.
Porté par SIPRI et CONASCIPAL, le projet « Construire une paix durable au Mali : contribution de la société civile aux politiques de sécurité des populations» vise à renforcer la participation de la société civile aux stratégies locales et nationales de protection et de sécurité des populations. Son objectif étant de soutenir les efforts de la société civile pour analyser les défis de sécurité au niveau communal et renseigner les autorités locales et nationales sur les besoins des populations.
Le but ultime étant de leur permettre d’exercer une plus grande influence sur les politiques nationales et locales de sécurité par l’élaboration de propositions et recommandations concrètes ainsi de conduite de campagnes ciblées de plaidoyer.
Ce nouveau projet, d’une durée de trois ans (janvier 2016-décembre 2018), est soutenu et financé par la coopération suédoise au développement international.
En initiant ce projet, les deux partenaires entendent accompagner les organisations de la société civile à prendre une part active à la construction de la paix. Parce que convaincus du rôle moteur que joue la société civile dans le cadre de remobilisation des efforts des citoyens et des communautés pour la construction d’un Mali paisible et uni. Aussi, pensent-ils, c’est la société civile qui peut relayer le plus efficacement et le plus fidèlement possible les attentes et les besoins des populations aux autorités nationales.
Voilà pourquoi pendant toute la durée du projet, des groupes de suivi pour la paix et la sécurité vont travailler dans 35 communes du Mali. En effet, ils seront au total 105 personnes dans ces groupes qui vont être constitués des représentants des femmes, des jeunes et des notables, et ils vont être présents dans 9 régions sur 10 du pays, et le District de Bamako.
Ces groupes, selon le Directeur adjoint de SIPRI, vont partir à la rencontre des communautés, des leaders traditionnels, des chefs religieux, des associations de villageois, des élus locaux.
Pendant plusieurs mois, ils vont, a révélé Jakob Hallgren, discuter et échanger sur les questions et les défis de sécurité pour les populations.
«Non pas la sécurité, c’est à dire la protection contre les attaques des groupes armés, mais la sécurité au sens large du terme, englobant à la fois la sécurité physique, la protection des communautés et aussi l’accès aux services de base comme l’éducation, la justice ou la santé », a-t-il précisé.
Les conclusions de ces groupes de suivi seront ensuite discutées avec des experts du Mali et d’autres pays de la région.
A cet effet, il s’agit d’ouvrir le débat sur la sécurité au Mali à d’autres, notamment des Nigériens, des organisations de la société civile burkinabé, des responsables associatifs tchadiens, afin que la société civile au Mali puisse s’enrichir de ces expériences pour trouver la bonne formule malienne.
Ces discussions seront menées ici même à Bamako dans les mois à venir au bénéfice des Groupes de suivi et en février, l’année prochaine, lors du premier forum national à l’occasion duquel ces groupes auront la possibilité de présenter leurs premières conclusions.
Si le souhait de la CONASCIPAL et de son partenaire est d’être à la fois le plus inclusif possible et le plus ouvert passible, le but final est de concevoir un un Livre Blanc de la société civile malienne sur la sécurité, un document qui se veut de témoignages et de recommandations qui sera présenté par les acteurs de la société civile aux autorités maliennes et à l’ensemble des partenaires techniques et financiers aujourd’hui engagés au Mali.
Le ministre de la Sécurité et de la protection civile a salué la démarche de ces deux partenaires, qui cadre parfaitement avec la vision et la politique de son département consistant à la sécurité et à la protection des populations.
Partageant la conviction selon laquelle il n’y a pas de développement sans la sécurité, il s’est déclaré heureux de constater que la société civile, à travers la CONASCIPAL, au contact de la population, a pleine conscience de sa propre sécurité et également de sa complémentarité avec les pouvoirs publics. Toute chose qui ne fait que faciliter le travail de son département par la formation d’une force de sécurité professionnelle, responsable, bien équipée et respectueuse des droits humains.

Par Mohamed D. DIAWARA

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