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mardi 18 septembre 2018
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Contestation électorale: la démagogie de Soumi

Pris en tenailles entre une apathie légendaire, une paranoïa morbide et la pyromanie de ses courtisans tenus et obligés, Soumi champion part inexorablement à la dérive. Parce qu’il faut un culot d’acier qu’il n’a pas et une inconscience totale pour prétendre s’attaquer impunément à la République en ce qui fait ses piliers.

Nonobstant la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle, par la Cour constitutionnelle dont les décisions sont sans appel (‘’ Les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles et à toutes les personnes physiques et morales’’. (Cf : article 94 de la Constitution)), la prestation de serment par le Président élu devant la Cour suprême, une autre Institution de la République, le challenger de IBK ne décolère toujours pas. Il organise une manifestation, dite ‘’pacifique’’, sur l’esplanade de la Bourse du travail pour signifier sa non-reconnaissance de la première institution de la République, du moins la personne qui l’incarne, à savoir Ibrahim Boubacar KEITA. Cela, sous les alibis classiques propres aux vaincus, ici comme ailleurs sur le continent : ‘’bourrage des urnes’’, ‘’falsification des résultats de l’élection présidentielle de 2018’’…
Plus tôt, le 3 septembre, il invitait le peuple à ‘’organiser des rassemblements pacifiques’’ pour soi-disant ‘’exprimer son opposition à l’imposture et son attachement à la vérité et à la démocratie’’.
Par cet appel, Soumi fait un dangereux amalgame entre le peuple qui est souverain (‘’La souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum. Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice’’. Cf article 26 de la Constitution) et ses partisans qui ne représentent qu’une portion du peuple malien. Pis, il viole à dessein une disposition constitutionnelle, lui élu de la Nation, membre d’une Institution de la République.
Il affiche également, par cet appel, son mépris total des principes républicains.
Par ailleurs, entre l’apathique Soumi et Soumi le radical qui n’entend pas lâcher du lest, le paradoxe est flagrant.
Le velléitaire, c’est le Soumi qui prône la résistance pacifique, le Soumi qui organise des marches ‘’sans casser un seul feu rouge’’.
Mais l’homme n’est pas seulement qu’un ange, il est aussi l’hôte du démon. Il n’est dès lors pas surprenant que c’est au siège de son parti, l’Union pour la démocratie et la République (URD), qu’un présumé acteur d’un projet de sabotage de la cérémonie d’investiture du Président de la République a été interpellé. Concrètement, il est accusé de préparer une action violente. Que Soumi champion le reconnaisse ou non, son nom sera associé à cet acte crapuleux en gestation. Ce, d’autant plus qu’il n’est pas étranger à un rassemblement à son siège, ce mardi 4 septembre, pour une prétendue investiture parallèle à celle du candidat qui a recueilli la majorité des suffrages des Maliens.
Ainsi, le doux agneau sait aussi se muer en redoutable fauve pour assouvir sa boulimie du pouvoir. Entre le chantre de la paix et l’adepte de la manière forte, la frontière est ténue, quasi inexistante. Ce qui fait dire, à plus d’un observateur, que l’attitude de celui qui est passé maître dans l’esbroufe est empreinte de fourberie. Il est indubitablement assis entre deux sièges chacun éjectable, parce qu’otage de son trait de caractère et des loups qui sont entrés dans la bergerie pour combler leur retard de gain, obligeant certains barons du parti à se faire minuscule.
Pouvait-il en être autrement, puisqu’il fallait bien qu’il se sauve la face, devant ceux qui ont fait de lui leur champion, notamment une aile dure plutôt grégaire que convaincue ? Non. Soumi champion, qui espérait atteindre les sommets politiques, les a tutoyés certes, mais pas plus. Tenaillé par deux courants aux intérêts divergents, à savoir ceux qui croient ou feignent de croire qu’il représente une chance pour le Mali, et ceux qui en proie à des crampes n’ont de souci que de se remplir la panse, le candidat malheureux semble avoir perdu la boussole. Et c’est malheureux, d’autant plus que sa réaction de s’offrir en spectacle jette le discrédit sur le Mali, en fait la risée de ceux qui ne souhaitent pas nécessairement le meilleur pour le pays. Le gâchis est énorme.

Par Bertin DAKOUO




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