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samedi 22 juillet 2017
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Contre Charlie: le prophète mobilise

Les valeurs sociales, culturelles et cultuelles sont inhérentes à chaque communauté et la coexistence entre communautés repose en grande partie sur l’acceptation et le respect de ses valeurs. La liberté d’expression et d’opinion doit aller ne peut en aucun bafouiller cette autre liberté : celle de conscience, la liberté religieuse. Si toutes les religions condamnent le terrorisme, aucune d’elle ne permet et ne tolère la galéjade et l’irrévérence envers les prophètes de Dieu. D’où la colère légitime de la communauté musulmane contre la caricature de notre Prophète à la Une de Charlie Hebdo.

Après l’élan de solidarité suite au terrorisme dont l’hebdo satirique a été victime, puis les vives protestations suite à la diffusion de la caricature du Prophète (PSL) par Charlie-hendo, la Communauté musulmane à travers le monde, y compris à Bamako, a organisé vendredi des manifestations pour condamner la provocation et l’irrévérence satirique des confrères parisiens. Au Niger, les manifestations ont fait vendredi et samedi une dizaine de morts.

Le remake caricatural a été ressenti comme un affront par l’ensemble des musulmans du Mali et du monde attachés à la sacralité de leur Prophète (PSL) qui constitue un pan indissociable de leur foi.

Autant, ils ont été journalistes, hommes d’État, intellectuels et défenseurs de droits de l’homme à dire « je suis Charlie » face à l’exécution lâche et barbare des journalistes de Charlie-Hebdo, autant ils sont aujourd’hui nombreux à se démarquer de la licence provocatrice sous le couvert de la liberté de presse qui n’autorise pas tout et à dire haut et fort qu’ils ne sont plus Charlie. Autant, les attentats terroristes de Paris ont suscité l’indignation, autant la réédition de la provocation engendre aujourd’hui à travers le monde une colère légitime et une fureur dont le respect, le dialogue et la tolérance entre religions n’avaient point besoin.

Zoom sur deux jours de manifestations violentes.

 

 

L’image du prophète Mohamed(PSL) à la ‘’Une’’ du journal Charlie Hebdo a soulevé la colère et l’indignation de la communauté musulmane. Au Mali, une grande mobilisation a eu lieu au monument de l’Indépendance, le vendredi dernier,à l’instar de plusieurs pays à domination musulmane.

Deux jours après la sortie du dernier numéro du journal Charlie Hebdo, d’importantes manifestations ont été organisées, ce vendredi,dans le monde pour protester contre la ‘’Une’’ de l’hebdomadaire qui représentait une caricature du prophète Mahomet (PSL).  Les manifestants sont descendus dans les rues pour défendre l’image de leur prophète qu’ils estiment profanée par le journal satirique français.

Au Mali, après la prière du vendredi, sur la place de l’Indépendance, ils étaient de milliers de fidèles musulmans qui ont répondu à l’appel du Collectif des associations musulmanes du Maliavec à leur tête notamment le président du Haut conseil islamique du Mali, l’Imam Mahamoud DICKO ; son vice-président et non moins leader de l’association An-sardine, Cheick Chérif Ousmane Madane HAIDARA…

Pour ces responsables religieux, l’objectif de la manifestation visait à condamner l’attitude provocatrice du journal,mais aussi à dénoncer le manque de considération de certains vis-à-vis de l’islam.

Pour les manifestants, ce qui s’est passé à la ‘’Une’’ de ce journal est uneprovocation, unmanque de respect et uneinsulte contre la religion musulmane. Car, selon eux, l’image du prophète Mohamed est sacrée et par conséquent, elle ne doit pas être caricaturée au nom de la liberté d’expression.

Dans cette marée humaine, on pouvait lire sur les pancartes et banderoles : « Je ne suis pas Charlie », « Je suis musulman et fier. Respectez le prophète Mahomet », « Je suis musulman et j’aime mon prophète », « Vive l’islam éternel », « L’islam est contre la caricature du prophète », « Le prophète ne doit pas être caricaturé », « Ne touchez pas à ma religion », « Oui à la guerre contre le terrorisme non à la croisade contre l’islam », « Nous ne sommes pas Charlie, ni terroristes, mais des musulmans », « Oui à la liberté d’expression, non à la caricature de notre prophète, non à la provocation ». Certains de ces slogans étaient également écrits dans plusieurs autres langues, dont en l’arabe et l’anglais.

On les entendait dire également: « Dieu est Grand, Un et Unique et le prophète Mahomet est son messager », « Mahomet est le messager d’Allah ».

  1. Cheick Chérif Ousmane Madane HAIDARA, à cette tribune, a indiqué qu’ils n’étaient pas des islamistes et c’est pourquoi,ils condamnent tout cet acte terroriste au nom de la religion musulmane. De même, a-t-il ajouté, ils n’accepteraient pas que l’image du prophète Mohamet soit profanée. C’est un interdit de la religion musulmane qui doit être respecté de tous, a affirmé Chérif Ousmane Madane HAIDARA.

Quant au président du Haut conseil islamique du Mali, la caricature du prophète Mohametest un manque de considération et une offense contre l’islam.

« Pourtant, nous sommes convaincus que le sens de notre vie est notre religion. Le sens de notre religion est le prophète Mohamet. Cela, nous le disons à nos amis», a déclaré Mahamoud DICKOavant de préciser qu’ils n’ont pas oublié les efforts et les appuis de la France à notre pays.

Selon l’Imam DICKO, les enjeux du monde veulent qu’on aille ensemble et à se donner les mains.

« Tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés n’ont de solution  que si nous nous donnons la main. Cela doit être compris par tous. Le monde a de nombreuses failles de gouvernance. Il ne suffit pas seulement d’agir, mais de réagir. Le monde a besoin qu’on agisse ensemble face aux problèmes», a soutenu le président du HCIM.

Dans une déclaration lue par Mohamed Kimbiri, le porte-parole, le collectif des associations musulmanes du Mali souligne que « c’est avec une grande indignation et une profonde affliction qu’il a appris la triste nouvelle de la publication des caricatures du prophète Mohamed (PSL) par le journal satirique Charlie Hebdo où notre prophète (PSL) apparait de nouveau sur la ‘’Une’’, les larmes aux yeux, avec une pancarte dans les mains : ‘’je suis Charlie’’».

De même, dans le document, il dénonce avec la dernière énergie la haine viscérale du journal satirique français, Charlie Hebdo, qui se cache derrière la liberté d’expression pour toucher sensiblement ce que plus d’un milliard d’individus gardent au plus profond dans leur cœur, le prophète Mohamed (PSL) et l’islam.

Pis, il condamne le silence micomplice, micoupable des organisations de défense des droits de l’homme devant ce déchainement islamophobe et autrement raciste, devenu une pathologie politique et sociale qui touche progressivement l’ensemble des pays occidentaux.

Enfin, il lance un appel aux musulmans et à toutes les consciences pétries de valeurs humanitaires et universelles pour l’avènement et le renforcement de la liberté de conscience et du respect des droits de l’homme, les vrais.

Contrairement à d’autres pays comme au Niger, aucune violence n’a été signalée dans notre pays. Mais, la colère et l’indignation se lisaient sur les figures et dans les tons martelés.

Par Sikou BAH




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