Contre la loi nouvelle électorale: l’opposition va saisir la CEDEAO

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Après avoir épuisé tous les recours juridictionnels nationaux, l’opposition s’achemine à porter le rejet de la loi nouvelle électorale du 14 octobre dernier devant la Cour de justice de la CEDEAO. Et pour cause ? Elle estime que l’adoption de ce texte, en la forme, viole le Protocole de l’espace communautaire.

L’information a été donnée, hier jeudi, par Tiébilè DRAME, président du PARENA, à la faveur d’une conférence de presse, organisée par l’opposition pour dénoncer d’autres sujets, comme l’insécurité et la mise en place des autorités intérimaires dans certaines localités du pays.
Animée principalement par Tièbilé DRAME, cette conférence de presse était focalisée essentiellement sur l’insécurité, la tenue des élections communales du 20 novembre. Il était appuyé pour la circonstance de certains leaders de l’opposition dont Oumar Hammadoun DICKO (PSP) ; Salikou SANOGO (URD) qui lui ont porté main forte.
D’entrée de jeu, Tiébilè DRAME a rappelé que l’objectif de cette conférence de presse consistait de prendre en témoin l’opinion publique sur l’évolution de l’insécurité dans le pays et la violation présumée de la nouvelle loi électorale du 14 octobre dernier, en porte à faux avec les textes communautaires de la CEDEAO, sur la base de laquelle les élections du 20 novembre vont se tenir.
Comme d’habitude, le président du PARENA qualifie le régime du président IBK de tous les noms d’oiseau : «autiste» parce qu’insensible à leur opinion et «incapable» dans la mesure où il n’y a pas de cap dans la gouvernance par les autorités.
Sans détour, le bélier en chef résume la situation du pays à «rien ne va au Mali» avant de se prononcer sur le menu de la rencontre.
A commencer par l’insécurité, le sujet favori de l’opposition parce que revient sans cesse à tous les débats de l’opposition, M. DRAME dit que le gouvernement n’est pas dans la dynamique de protéger les personnes et leurs biens parce que, soutient-il, les mesures prises par ses soins ne que sont «de la poudre aux yeux». Sinon, commente-t-il, l’efficacité de ces mesures devaient contribuer à la réduction de l’insécurité qui a atteint un seuil alarmant, tout en revenant sur les récentes attaques des bandits qui se sont déroulées à Sanankoroba, à Djélibougou, à Kalifabougou, devant le siège de l’Ecobank, entre autres.
Dans la même veine, il a exprimé sa compassion à la douleur des populations des régions nord du pays qui vivent le martyr à cause des attaques répétitives dont elles sont victimes ; en passant sous silence tous les efforts des autorités militaires en vue d’assurer la protection des populations et de leurs biens.
Au regard de cette situation, l’opposition, à travers M DRAME, dit craindre la tenue des élections du 20 novembre, parce ce qu’il ne serait pas possible de mener des campagnes dans certaines localités. Et, en tenant ces scrutins dans ces conditions, l’Etat va contribuer à exposer les populations à des attaques. Toujours dans la foulée des élections, le président du PARENA va plus loin, en soutenant que si le Mali tient les élections communales sur la base cette loi, il viole le Protocole de la CEDEAO, un texte communautaire qui «interdit toute réforme substantielle de la loi électorale dans les 6 mois précédents les élections sans le consentement d’une marge majorité des acteurs politiques».
Jouant le rôle de porte-parole de l’opposition politique à cette conférence de presse, le président du PARENA a révélé, qu’après avoir épuisé les voies de recours au plan national, qu’ils vont attaquer cette loi du 14 octobre devant la Cour de justice de la CEDEAO en vue de son invalidation.
Mais paradoxalement à tous ses réquisitoires, l’opposition maintient sa participation à effective à ces élections de proximité.
Selon son porte-parole, en refusant de participer aux élections du 20 novembre 2016, l’opposition fera la part belle à la majorité présidentielle qui est dans la logique qu’elle va les boycotter.
«A ne pas participer à ces élections, c’est laisser le champ libre à ce régime. Mais, ce sont nos militants qui ont voulu que nous partons à ces élections», a déclaré, pour sa part, le président du PSP.

Par Sikou BAH

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