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jeudi 21 septembre 2017
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Contre le Référendum: le recul du non

Un mois après la grande démonstration de force des partisans du ‘’NON’’, beaucoup d’eau a coulé dans le lit du Djoliba. Si rien n’a changé dans les objectifs affichés, le contexte, lui, a fortement évolué.

L’avènement de la Plateforme ‘’An sonna’’ ; le rejet de la requête de l’Opposition par la Cour constitutionnelle qui déclare conforme la loi portant révision de la Constitution ; le réveil du camp présidentiel depuis une semaine ; la neutralité affichée par les leaders religieux accompagnée de leur appel à la retenue ; et l’absence de certaines figures de proue de ‘’An tè A bana’’ (pour raison de voyage) n’a pas été sans conséquence sur la mobilisation du rendez-vous du 15 juillet donné comme étant celui de tous les dangers.
Annoncé pour drainer un million de Bamakois, le meeting de la Plateforme du ‘’NON’’ et de l’Opposition n’aura finalement pas dépassé quelques milliers de personnes complétées par un fort contingent de mineurs. Il ne s’agit point d’une mobilisation marginale par un temps de ciel couvert au lendemain de la forte pluie qui a arrosé Bamako.
Mais elle est loin, très loin de celle du 17 juin dernier où les partians du ‘’NON’’ ont réussi la prouesse de faire battre le pavé à plus de 10.000 personnes. Pour la marche de ce samedi, les estimations les plus objectives donnent « moitié moins », au-delà de toute guerre des chiffres dont il faudra laisser aux deux camps la dispute.
En d’autres termes, si la détermination ne faiblit pas, la mobilisation, elle, baisse indéniablement. Une baisse à mettre au compte du réveil du camp présidentiel ? Au regard de la fracture politique sur la question, il faut penser bien que non.
Par contre, la lassitude due au sentiment de mener une guerre sans issue (avec la fermeté du Président IBK et l’Arrêt de la Cour) ; la prise de conscience chez nombre de partisans du ‘’NON’’ ; mais aussi l’appel à la retenue des leaders religieux peuvent expliquer, au-delà des conditions météorologiques, cette baisse de mobilisation.
Toutefois, les fidèles au poste, ont répondu présidents samedi dans l’itinéraire tous les principaux responsables de l’Opposition et leurs états-majors : l’honorable Soumaïla Cissé de l’URD, Tiébilé Dramé du Parena, Modibo Sidibé des Fare Anka Wuli, l’honorable Amadou Thiam de ADP-Maliba, le Dr Soumana Sako de la CNAS Faso Hérè, Daba Diawara du PIDS….
A leurs côtés, comme le 17 juin dernier, plusieurs responsables des organisations de la société civile et des syndicats opposés à la révision constitutionnelle ainsi que leurs militants.
La marche qui a été autorisée par les pouvoirs publics s’est globalement bien déroulée, bien encadrée par les forces de l’ordre. Le big-bang annoncé sur les réseaux sociaux et sur les antennes de certains de nos confrères n’a pas eu lieu. Il n’y a pas eu de casse ni de brutalité policière. Une belle leçon de vitalité de la démocratie et une preuve du respect de la liberté d’expression et de cortège dans notre pays à mettre à l’actif de tous les acteurs, de l’opposition et de la Majorité.

Par Bertin Dakouo




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