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samedi 15 décembre 2018
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Contre l’endettement des pays du Tiers-monde: les femmes du CADTM en conclave à Bamako

Les femmes du Comité pour l’annulation des dettes du Tiers monde (CADTM) du Mali tiennent depuis le mercredi dernier, au siège de la Coalition des alternatives africaines dettes et développement (CAD-Mali) un séminaire de formation sur la dette, l’audit et les microcrédits, sur le thème : «Femmes, dette et microcrédits : Quelles difficultés et quelles alternatives ».

Placée sous le patronage de la présidente de CAD-Mali, Mme Badiallo SOUCKO, la cérémonie d’ouverture de la rencontre de cinq jours s’est déroulée en présence des autorités de la Commune I du District de Bamako ; des représentants des partenaires financiers dudit séminaire, notamment Oxfam Belgique, représenté par Oumar COULIBALY.
A travers ce thème «Femmes, dette et microcrédits : Quelles difficultés et quelles alternatives», cet atelier de 5 jours regroupe une cinquantaine de participantes venues de 14 pays d’Afrique et 4 pays d’autres Continents dont l’Argentine et l’Inde.
Dans son mot de bienvenue, la présidente du CAD-Mali dira que le présent atelier se veut un cadre de discussion pour dégager les voies et moyen de réduction, voire de l’annulation des dettes des populations des pays du Tiers monde en général et celle des femmes en particulier.
«Soulignons que les femmes sont les victimes principales du mécanisme de la dette. 70% de la population mondiale répertoriée comme pauvre est féminine. Les politiques dictées par les institutions financières internationales provoquent une recrudescence du travail invisible des femmes, accompagnée d’une diminution de leurs revenus».
Selon Mme SOUCKO, les femmes représentent 70% des travailleurs de ces zones où règne une exploitation outrancière des femmes couplée aussi à des droits syndicaux bafoués, des volumes horaires de travail exorbitants, des contrats précaires et des salaires infimes.
Par ailleurs, poursuit Mme SOUCKO, la libéralisation commerciale met en péril les marchés locaux des pays du Sud avec la mise en place d’une concurrence déloyale entre des produits locaux plus onéreux que ceux, souvent largement subventionnés, provenant de l’extérieur comme des productions européennes agricoles bénéficiant de fortes subventions publiques inondant les marchés.
«Les femmes se trouvent ainsi bien souvent obligées de quitter leur travail local de subsistance, dans les secteurs de l’agriculture, de l’artisanat, de la vente, pour aller travailler dans les usine, champs de culture de rente et dans le secteur informel. Ce phénomène contribue à encore tirer vers le bas le marché du travail féminin», a-t-elle déploré.
Mme SOUCKO s’est réjouie de l’organisation de ce séminaire qui va initier les femmes à des modules de formation pour qu’elles parviennent à trouver une alternative.
«Le séminaire consistera à former les femmes du CADTM Afrique sur les mécanismes de la dette, les nouvelles orientations des Institutions financières internationales (IFI) et leurs conséquences sur le développement des pays du Sud, les processus d’audit et l’imposture de la microfinance et à partager les résultats des recherches et des analyses réalisées par les membres du réseau CADTM Afrique sur les impacts de la dette et des microcrédits sur les conditions de vie socioéconomique des femmes», a-t-elle martelé
Il est attendu de cette rencontre de Bamako, rassure Mme SOUCKO, le renforcement des capacités d’analyse et d’influence des femmes du CADTM Afrique notamment sur les mécanismes de la dette, les nouvelles orientations des IFI, les processus d’audit citoyen et l’imposture de la microfinance ; et la maîtrise des impacts du phénomène de l’endettement sur leur quotidien.
Mieux, les femmes du CADTM Afrique seront dotées de connaissances analytiques et pédagogiques nécessaires pour se muer en formatrices et coordinatrices sur ces questions dans leurs pays respectifs et vont constituer ainsi une force de propositions et d’actions importante au sein du CADTM Afrique, a-t-elle garanti.
Signalons que des responsables de tontines féminines (épargne pour le changement (EPC), des représentants des milieux universitaires et de l’enseignement scolaire, des juristes, des hommes de la presse et des mandataires politiques sont des participants de ce grand rendez-vous de Bamako.

PAR CHRISTELLE KONE




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