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vendredi 25 septembre 2020
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Contre violences au Centre: des milices auto-défense peulh créent une coordination

Des milices d’auto-défense peulh se sont constituées, le samedi dernier, en Coordination. Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’accord signé entre des mouvements armés peulh et dogon, le 1er juillet 2019, en vue du retour de la stabilité au centre du pays devenu, depuis quelques mois l’épicentre de la violence au Mali.

En prélude à la formation d’un seul mouvement armé comprenant les milices auto-défense peulh et dogon, les mouvements armés se réclamant des communautés peulh ont créé leur regroupement appelé la Coordination des mouvements armés peulh du Centre du Mali (COMAPEC-Mali). La création de cette structure vise à mettre fin à la violence, des massacres au centre du pays où plus de 600 civils ont été tués de janvier à juin 2019.

La conférence de présentation des objectifs de la COMAPEC-Mali était animée, ce samedi 13 juillet 2019, par son porte-parole, Boureima DICKO. Pour l’occasion, il était entouré de Sékou BOLLY, l’un des responsables militaires de la communauté peulh. Outre des membres de cette communauté, il y avait également ceux des dogons, dont le porte-parole de la milice auto-défense Dan Na Ambassagou, Marcelin GUEGUERE.

Au cours de cette conférence de presse, des responsables des mouvements armés peulh ont rappelé à la nécessité de la création de ce front, à l’instar du porte-parole de la COMAPEC-Mali.

« Ils sont nombreux nos compatriotes qui souffrent dans leur âme et dans leur chair de ce drame au centre », a témoigné M. Boureima DICKO avant de prévenir « Si l’on n’y prend pas garde, la situation va s’éterniser et par finir nous emporter tous ».

Il a ensuite précisé que la COMAPEC-Mali est créée pour aider le retour de la paix, de la sécurité, de la réconciliation, de la concorde en vue de permettre aux populations de la localité de continuer de vaguer à leurs occupations quotidiennes de survie. Après tous les drames commis dans le centre du pays, c’est le remords et des regrets, a laissé entendre M. DICKO.

« Notre unique préoccupation aujourd’hui, en tant combattants peulh, est d’explorer les voies et moyens de mettre fin aux attaques, aux représailles et à la vendetta en cours au centre du Mali », a-t-il relevé. Ainsi, en créant la COMAPEC-Mali, ils veulent accompagner l’État à stabiliser le Centre.

« Il faut ramener la paix au Centre. À cause de cette situation, c’est le Mali qui est fragilisé. La coordination c’est pour travailler aussi avec Dan Na Ambassagou, nos frères dogons, avec lesquels nous sommes sur le terrain. Dan Na ambassagou est reconnu par l’État. C’est un interlocuteur du gouvernement », a précisé M. DICKO.

Egalement, il s’agit, selon lui, de fédérer l’ensemble des milices auto-défense peulh afin d’être un interlocuteur crédible de l’État comme Dan Na Ambassagou. « Il y a beaucoup de combattants peulh. Certains mouvements sont reconnus et déclarés. Mais il y en a beaucoup sur le terrain qui ne sont pas reconnus. Nous voulons les ramener dans la coordination afin de les contrôler et surtout qu’ils aient confiance à l’État », a ajouté le porte-parole.

La prise de conscience des peulh et dogon

Par ailleurs, la conférence a été l’occasion de rappeler la convention signée le 1er juillet dernier entre des groupes auto-défense peulh et dogon sous le leadership de Abdoulaye PONA. Cette approche a été un déclic pour la prise de conscience des deux protagonistes.

« De part et d’autre, les communautés peulh et dogon sont meurtris. Nous contribuons à fatiguer nos propres femmes et sœurs. Nous contribuons à les faire déplacer. Ils ne sont plus chez eux. Ce qui est plus grand est qu’un dogon ne peut pas aller cultiver dans son champ. Un dogon sans culture demain, c’est la famine. Il n’est pas aussi possible pour un peuhl d’aller faire du pâturage. Cela est un problème. Demain, ça va être quoi : un dogon qui cultive et un peulh qui ne va pas au pâturage », a lancé un cri de cœur Bourema DICKO, tout en insistant sur leur engagement d’aller à la paix, à l’unité au Centre.

Quant au porte-parole, il confirme que la création de ce mouvement entre dans l’exécution de l’accord qu’ils ont signé le 1er juillet 2019. Dans ce document, il a rappelé qu’ils se sont engagés au respect de certains principes.

« On a décidé de ne pas nous attaquer. Il a été convenu que les groupes armés puissent se constituer en un groupe pour que nous soyons plus renforcés, efficaces en termes de collaboration. On est mieux organisé lorsqu’on est constitué en bloc. Nous pensons avec ce nouveau bloc, nous pouvons œuvrer pour la paix », a indiqué un responsable.

À l’image de Bourema DICKO, il pense qu’il traverse une situation de « perdre » sur le terrain, tout en reconnaissant qu’ils ont été faibles de ne pas accepter le dialogue, le vivre ensemble.

« Je pense qu’avec le soutien des partenaires, dont l’État, nous allons aboutir à cette paix tant attendue », espère Marcelin GUEGUERE.      

Par Sikou BAH




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