Coopération culturelle Mali Autriche: le bazin et les manuscrits à l’honneur

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L’Autriche est désormais prête à rejoindre les partenaires techniques et financiers de notre pays, dans le cadre de la sauvegarde, la reconstruction, la réhabilitation, la restauration et la revitalisation du Patrimoine endommagé des régions du nord de notre pays. C’est du moins, ce qui ressort des entretiens que la ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye Dillo, en séjour à Vienne, a eu tour à tour avec M. Mag Thomas DROZDA, ministre fédéral pour l’art et la culture, la constitution et les médias de l’Autriche et M. Heinz Fischer, ancien Président fédéral de la République d’Autriche. Aussi, a-t-il convenu, au cours de cette visite, d’exploiter, au travers d’un échange culturel, un lien économique entre nos deux pays qu’est le Bazin. Dans ce cadre, l’Autriche a souhaité recevoir en 2017, un événement autour de cette étoffe fabriquée par les Autrichiens et mise en valeur par des artisans maliens.

Dans un communiqué officiel, nous avons appris que sur invitation de l’Ambassade du Mali en Autriche, avec résidence à Berlin, la ministre de la Culture, Mme N’Diaye Ramatoulaye DIALLO, a pris part à une série d’activités dans la capitale autrichienne, Vienne, du 16 au 21 octobre 2016 pour dynamiser les relations culturelles entre ces deux pays.
En effet, dans la continuité des Journées culturelles du Mali en Allemagne, organisées en septembre dernier, l’Ambassade du Mali en Autriche a initié une conférence-débat et une exposition, autour des manuscrits de Tombouctou respectivement à l’Académie diplomatique de Vienne et à la Bibliothèque nationale de Vienne.
Ces deux événements ont été l’occasion pour le Mali de créer un cadre de compréhension cohérent des défis auxquels font face les manuscrits anciens du Mali et d’inviter les universitaires et les partenaires à s’associer à la gestion, à la conservation et à l’exploitation des manuscrits comme une fenêtre sur l’histoire de la culture et des langues en Afrique de l’Ouest.
Selon le communiqué du département de la Culture, en marge de ces deux activités, Mme la ministre de la Culture s’est entretenue respectivement avec Monsieur Mag Thomas DROZDA, ministre fédéral pour l’Art et la culture, la constitution et les médias de l’Autriche et M. Heinz Fischer, ancien Président fédéral de la République d’Autriche.
Au sortir de ces rencontres, rapporte-t-on, l’Autriche s’est dit prête à rejoindre les partenaires techniques et financiers de notre pays, notamment dans le cadre d’un apport pour la seconde phase du programme de Sauvegarde, Reconstruction, Réhabilitation, Restauration et Revitalisation des Patrimoines endommagés des régions du nord du Mali. Aussi, il a-t-il été convenu d’exploiter, au travers d’un échange culturel, un lien économique entre nos deux pays qu’est le Bazin. Dans ce sens, l’Autriche a souhaité recevoir en 2017, un événement autour de cette étoffe fabriquée par les Autrichiens et mise en valeur par les artisans maliens.
Mme N’Diaye a salué l’engagement aux côtés du Mali, dans le cadre de la MINUSMA, de l’Autriche avant de remercier le gouvernement autrichien au nom du président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, président de la République.
De retour de mission, Mme la ministre a mis à profit, l’escale de la France pour accorder une audience à Monsieur Malamine KONE, Président directeur général de AIRNESS, dans le cadre de l’organisation prochaine de la 8e édition du Triangle du Balafon. Monsieur KONE a marqué son adhésion au projet et réitéré sa volonté d’accompagner cet enjeu culturel de l’intégration et du développement régional de notre pays.
Pour rappel, depuis les événements de 2012, le patrimoine culture de notre pays et les manuscrits anciens de Tombouctou n’ont cessé d’être au cœur de l’actualité nationale et internationale. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’une conférence internationale s’est tenue à Berlin sur la sauvegarde des manuscrits anciens de Tombouctou, les 18 et 19 juin 2014. À la suite de cette rencontre, plusieurs promesses de dons ont été faites pour restauration et la bonne conservation de ce patrimoine précieux.
Selon l’Ambassadeur de l’Allemagne au Mali, cette démarche visait à soutenir les recherches pour explorer la valeur énorme scientifique de ces manuscrits, pour qu’ils soient connus du grand public malien et international, afin d’arriver à des normes scientifiques, en matière de sauvegarde, de numérisation et de catalogage. Il s’agit de rendre toutes les informations, relatives aux manuscrits, accessibles à la communauté scientifique internationale.
Les manuscrits de Tombouctou, selon Mme N’DIAYE, sont un trésor pour l’Afrique et pour le monde. Il reste, dit-elle, un enjeu majeur pour la connaissance de l’histoire du monde et surtout pour l’évolution de notre perception des sciences modernes.
À Tombouctou, se sont échangés des textes des contrées islamiques, à Tombouctou s’est composée une multitude de textes traitant de la religion, des mathématiques, allant jusqu’à la période sacrée et la chronique historique.
À terme de l’ensemble de ce processus, les manuscrits seront ainsi accessibles aux chercheurs du monde entier. Nombreux sont ceux qui rêvent de consulter ce fonds, unique en termes d’ampleur et de contenu. Car, Tombouctou figurait parmi les plus importants carrefours culturels et religieux du Moyen Âge dont la majeure partie du fonds est encore inexplorée.

Par Sidi Dao

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