Search
jeudi 19 octobre 2017
  • :
  • :

Coordination des stratégies intégrées du Sahel: le bilan d’étape satisfaisant de la présidence malienne

Notre pays, en sa qualité de président de la Plateforme ministérielle de coordination (PMC) des stratégies Sahel, a organisé, hier mardi, au CICB, la troisième réunion de cette plateforme.

La réunion a été l’occasion pour les participants de faire le point sur la mise en œuvre de la Feuille de route de la présidence malienne de la Plateforme; l’état d’avancement de la création de la Cellule d’appui à la présidence malienne; le compte rendu des activités du Secrétariat technique; la finalisation de la cartographie des stratégies Sahel et l’ébauche de leur analyse comparative; ainsi que la définition des modalités d’un partenariat avec le Secrétariat du « G5 Sahel » et d’établissement de ce partenariat.

Présidée par Abdoulaye DIOP, ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale, qui avait à ses côtés: le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Pierre BUYOYA, et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahel, Mme Hiroute GUEBRE SELLASSIE, la réunion a enregistré la participation du représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, Michel REVEYRAND DE MENTHON, ainsi que de hauts responsables des pays de la région sahélo-saharienne et d’autres États, des organisations sous-régionales, régionales et internationales, y compris des institutions financières.

Objectifs communs

La qualité et le nombre des différentes personnalités présentes à cette rencontre est le gage de la volonté commune de tous ces acteurs épris de paix, de sécurité et de développement, d’unir leurs efforts et leurs moyens afin de parvenir à une coordination efficaces des stratégies visant à relever les innombrables défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays du Sahel, et de faire de cette zone un espace commun à vocation de développement et prospérité partagée.

Cette rencontre intervient après la réunion de haut niveau organisée à New-York par le Secrétaire général des Nations-Unies, consacrée à la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations-Unies pour le Sahel, à l’issue de laquelle le Président IBK s’est proposé d’abriter la première réunion ministérielle pour l’établissement d’une Plateforme de coordination des stratégie Sahel.

Tenu, le 5 novembre 2013, ce rendez-vous de Bamako a permis d’identifier les priorités communes en matière de sécurité, de gouvernance, de résilience et d’infrastructures régionales permettant de mieux articuler la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations-Unies pour le Sahel. Aussi, les participants ont réitéré leurs préoccupations relatives aux défis de la paix, de la sécurité et du développement au Sahel et décidé d’intensifier leurs efforts pour s’attaquer aux causes structurelles des vulnérabilités qui frappent la région en renforçant notamment les capacités des États à faire face aux crises récurrentes.

Six mois plus tard, au cours de la deuxième réunion, qui s’est tenue dans notre capitale,  les participants ont passé en revue les développements intervenus dans la région du Sahel, depuis la première réunion de la Plateforme, adopté la feuille de route de la présidence malienne et le rapport d’activités du secrétariat technique.

La présente rencontre coïncide avec le premier anniversaire du lancement de la Plateforme. Aussi, intervient-elle également dans un contexte sécuritaire marqué, dans la région du Sahel,  par une  recrudescence des actes terroristes, des trafics en tous genres, et par la prévalence de la criminalité transfrontalière organisée.  Les attaques sporadiques mais persistantes au nord du Mali, les sévices du groupe Boko Haram au Nigeria et au Cameroun et la situation d’instabilité généralisée en Libye illustrent bien ce constat.

Dégradation sécuritaire

A  ces préoccupations d’ordre sécuritaire, il faut ajouter la crise socio- économique représentée par  la propagation de la  maladie à  virus  Ebola, qui pose une menace à plusieurs  pays de la région ouest africaine,  y compris des  pays du Sahel. Tout cela interpelle à continuer de  conjuguer nos efforts afin de faire face à ces menaces et de bien gérer leurs conséquences politiques, humaines, sociales et économiques.

C’est pourquoi, ce nouveau rendez-vous de Bamako a été donc mis à profit pour faire le point sur la mise en œuvre de la Feuille de route de la présidence malienne de la Plateforme; l’état d’avancement de la création de la Cellule d’appui à la présidence malienne; le compte rendu des activités du Secrétariat technique; la finalisation de la cartographie des stratégies Sahel et l’ébauche de leur analyse comparative.

Sur ce dernier plan, le Secrétariat technique, au cours de la troisième, a examiné une proposition de collaboration avec un consortium de trois instituts de recherche: l’Institut africain de la gouvernance (IAG), l’Institut d’études de sécurité (ISS) et le centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM). Il a chargé ses coprésidents de formaliser la coopération entre le secrétariat et les centres de recherche pour la préparation de la cartographie préliminaire qui a été présentée au cours de la rencontre.

En réitérant de son appel de toujours, le Haut représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, a indiqué les pays ont la responsabilité première d’aider aux efforts de coordination des stratégies en cours. Pour ce faire, il les a invité à s’approprier les différentes initiatives, outils et conjuguer leurs propres efforts aux plans bilatéral et multilatéral.

Les efforts louables

Dans un message lu par son envoyée spéciale pour le Sahel, Mme Hiroute GUEBRE SELLASSIE, Ban Ki-Moon, a aussi rappelé le regain d’insécurité, à travers le Sahel qui reste préoccupant. A cet égard, il a indiqué que les pourparlers de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles, qui doivent débuter cette semaine, seront d’une importance cruciale pour toute la région.

Cependant, le responsable onusien a salué le progrès accomplis par la plateforme de coordination, depuis un an, pour maintenir l’engagement international, établir les coalitions régionales et promouvoir l’investissement. Aussi, s’est-il félicité du fait que les gouvernements de la région et leurs partenaires internationaux travaillent à mettre en œuvre des solutions aux défis auxquels le Sahel est confrontés.

Une occasion pour lui de réaffirmé la détermination des Nations unies à renforcer la coordination et à soutenir la mise en œuvre de la feuille de route de la présidence malienne afin de contribuer à améliorer la vie de millions de personnes à travers le Sahel.

Les défis à relever

En ouvrant les travaux, le ministre Abdoulaye DIOP a insisté sur l’ampleur des défis sécuritaires, leur transversalité et leur caractère transnational qui oblige, aujourd’hui, à emprunter  la voie d’une synergie d’action entre les pays du Nord et au Sud du Sahara. Pour ce faire, un renforcement du contrôle des frontières pour une meilleure gouvernance du secteur de la sécurité et un engagement plus poussé dans le cadre d’une gouvernance partagée de la sécurité permettront, selon le ministre des Affaires étrangères, d’endiguer les phénomènes d’insécurité et de lutter efficacement contre la criminalité organisée.

Tout l’élan de solidarité dont le Mali a bénéficié durant la crise de 2012 montre à suffisance, a rappelé le chef de la diplomatie malienne, ce que pourrait être la coopération entre les États de la région en matière de paix et de sécurité.

C’est pourquoi, à la lumière des récents événements au Mali, au Niger, au Nigeria et dans les d’autres pays du Sahel, il a invité les participants à aller dans le sens du renforcement des capacité opérationnelles des forces de défense et de sécurité de nos pays.

Par Mohamed D. DIAWARA

 




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *