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dimanche 19 novembre 2017
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Copropriété immobilière au Mali: les jalons d’une politique urbaine durable

Face à la démographie galopante et l’extension sauvage de nos villes, le ministère de l’Urbanisme et l’Office malien de l’habitat (OMH) envisagent de mieux promouvoir la politique de copropriété immobilière. C’est dans ce contexte qu’ils ont organisé, hier lundi, au Centre du secteur privé, un atelier de validation des termes de référence sur la gestion de la copropriété immobilière.

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Urbanisme et de l’habitat, M Gaoussou COULIBALY, en présence du directeur général adjoint de l’OMH, Mamadou DIABY. On y notait également la présence du directeur du Fonds de garantie hypothécaire, le facilitateur, Baba HAIDARA. La rencontre a également enregistré la présence des ordres professionnels du secteur, des magistrats et autres techniciens du département.

Le facilitateur-conférencier a indiqué que l’objectif de la rencontre était de valider les termes de référence sur la gestion de la copropriété immobilière. Au Mali, a-t-il noté, la démographie galopante et l’extension des villes recommandent une nouvelle politique d’urbanisation plus contrôlée et économique. Jusque là, les maisons sont construites horizontalement, a-t-il expliqué. Cette façon de faire, dit-il, est ancrée dans nos mœurs. Face aux réalités du moment, M. HAIDARA pense qu’il y a lieu de changer les mentalités en introduisant une nouvelle façon de construire, celle dite verticale (en hauteur).

Cette politique, poursuit-il, conduit à la copropriété immobilière qui a elle aussi ses avantages et ses contraintes. En effet, si l’Etat ou le propriétaire immobilière économise en terme d’espace, il se pose à ce niveau, le problème de gestion des locaux, en termes d’assainissement, de respect de l’environnement et même de cohabitation entre les occupants de l’immeuble.

En se basant sur les 80 immeubles de Faladiè SEMA, en CVI du District de Bamako, occupés en mode de copropriété, l’OHM et le ministère de l’Urbanisme et de l’habitat engagent la réflexion pour la vulgarisation de cette nouvelle dynamique, a-t-il expliqué.

A Faladiè extension SEMA, les 80 appartements constituent un ensemble immobilier à usage d’habitation. Ils sont constitués de 10 immeubles de quatre niveau (R+3) comportant chacun 8 appartements.

Le chef de cabinet du  ministère de l’Urbanisme et de l’habitat a souligné que, depuis des dizaines d’années, la réalisation de maisons décentes aux personnes à revenus modestes est une préoccupation des autorités de notre pays. C’est dans ce contexte, souligne-t-il, que le gouvernement du Mali a adopté, en octobre 1995, un document stratégique national du logement, duquel découle l’architecture institutionnelle du logement comprenant la banque de l’habitat du Mali (BHM); l’Office malien de l’habitat (OMH); le Fonds de garantie hypothécaire du Mali. L’ensemble de ce dispositif, a indiqué M. COULIBALY, est complété par la création des sociétés immobilières privées qui ont réalisé des paragrammes importants des logements et de nombreuses coopératives d’habitat.

Depuis, 300 logements sociaux ont été construits à Garantiguibougou, 80 appartements à Faladiè, 100 logements à Sotuba et 7367 logements sociaux, à travers le pays.

Malgré ces efforts, le besoin de logement se pose toujours avec beaucoup d’acuité dans notre pays, selon M. COULIBALY. C’est pourquoi, poursuit-il, les préoccupations liées à la copropriété immobilière sont au cœur de la réflexion de tous ceux qui ont réalisé des immeubles à hauteur. Il s’agit notamment de l’insalubrité, la cohabitation, le manque de cadre de vie sain et de l’insuffisance de textes appropriés à la gestion de la copropriété immobilière, a souligné le chef de cabinet.

La réflexion ainsi lancée se situe, dit-il,  dans un cadre de sécurité juridique et judiciaire en vue de la réalisation des immeubles en copropriété dans une perspective de réduction des coûts de production massive de logements et de préservation des intérêts et des droit des générations futures, tout en développant une gestion rationnelle des espaces et la constitution de réserves foncières pour l’Etat, a conclu Gaoussou COULIBALY.

La Copropriété immobilière est régie, dans notre pays, par la loi N°01-06/du 10 décembre 2001 ; elle définit les droits, les obligations de copropriétaires, le processus d’obtention des titres et les avantages et inconvénients de la copropriété.

Selon le texte, le régime de la copropriété est un formidable outil de gestion patrimonial, à plusieurs égards. Car, il permet d’être propriétaire d’un logement privé enclavé à l’intérieur d’un autre domaine sur lequel on a des droits de propriété d’usage et de gestion. Il favorise également le bon vieillissement de l’immeuble, dans la mesure où elle aide au bon entretien des immeubles qui y sont soumis.

Cependant, ce régime comporte des insuffisances, en raison de sa vie commune, non commode à certaines personnes.

La question de point de stationnement pour les propriétaires et leurs hôtes reste également une équation à résoudre en ces temps modernes. Aussi, des impayés peuvent-ils déstabiliser une copropriété.

Par Sidi DAO et Mariama KABA, Stagiaire

 




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