Cour d’assises de Bamako: 75 affaires inscrites au rôle

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La 2e session ordinaire de la Cour d’assises de Bamako a débuté, avant-hier lundi, pour un mois. La séance d’ouverture des travaux était présidée par le Procureur général, Mamadou Lamine Coulibaly ; en présence des magistrats, avocats, accesseurs, accusés, témoins et des agents de sécurité.

Selon le Procureur général, cette 2è session de la cour d’assises de Bamako au titre de l’année 2016 se déroulera sur un mois (28 novembre-28 décembre 2016). Il est inscrit au rôle 75 affaires sur lesquelles les juges doit examiner, dire le Droit et appliquer la loi. Au cours des quatre semaines, ils sont 120 accusés (57 sous mandat de dépôt dont 7 femmes) à répondre aux questions des juges.
Aussi, a-t-il fait savoir, les affaires sont aussi diverses que variées. Pour preuve : elles concernent les atteintes aux mœurs (une trentaine de dossiers de pédophilie, viols et attentats à la pudeur). A ceux-ci s’ajoutent une douzaine de cas d’atteintes aux biens.
Les accusés doivent répondre à des crimes relatifs aux associations de malfaiteurs, vols qualifiés, atteintes aux biens publics, faux et usage de faux. Pour cette session, les atteintes contre les personnes occupent la deuxième place après celles relatives aux mœurs.
Par ailleurs, dira le PG, les juges auront à examiner également 18 dossiers relatifs à des cas d’assassinats, de meurtres, de coups et blessures volontaires aggravés et d’infanticide. Une douzaine de dossiers portant sur le terrorisme et rebellions ; deux dossiers sur le trafic de drogue et corruption et un dossier portant sur des intérêts civils figurent également au rôle.
Dans son réquisitoire, le Procureur général, Mamadou Lamine Coulibaly, a largement abordé le problème d’insécurité qui mine notre pays. Il comprend mal que de grands bandits agressent en plein jour des citoyens pour les dépouiller de leurs biens, au vu et au su de tous.
C’est pourquoi, a-t-il regretté, nul ne se sente dorénavant en sécurité dans notre pays. Face à cette situation, le Procureur général s’est donné le devoir de prendre le taureau par les cornes, en procédant à l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour renverser cette tendance au profit des citoyens. Il a informé que le Parquet général de la Cour d’appel de Bamako a rencontré les procureurs de la République, les chefs d’unité d’enquêtes et les chefs de brigade de recherches pour convenir d’une synergie d’actions afin d’éviter que les grands bandits qui terrorisent les populations ne puissent échapper à la justice.
« Je compte sur votre Cour pour réprimer avec rigueur les criminels qui seront déclarés coupables. Le besoin de justice et de sécurité des citoyens commande cela. Autant la société que je représente veut que les honnêtes citoyens soient protégés, autant elle veut que les malfaiteurs soient mis hors d’état de nuire par la rigueur de la répression », s’est-il adressé aux juges.
Il a par ailleurs attiré l’attention des jurés sur les affaires concernant les atteintes aux mœurs (cas de violences sexuelles sur des femmes).
«Cela nous interpelle, je vous demande d’examiner ces affaires avec la plus grande attention et d’entrer en voie de condamnation sévère contre les auteurs de telles violences. Les femmes innocentes ont besoin de la protection de la justice », a souligné le Procureur général qui n’a pas manqué de rappeler que les accesseurs qui ont installés aux côtés des magistrats professionnels durant la session ont un rôle déterminent.
«Vous avez la même voix délibérative que ceux-ci. Vous devriez en conséquence suivre avec attention les débats, et exprimer votre opinion en toute responsabilité au moment des délibérations », a déclaré le Procureur COULIBALY.

PAR MODIBO KONE

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