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mercredi 16 août 2017
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Couverture maladie universelle : le Mali au pas de caméléon

«Moins de 15 % de la population ont une assurance maladie. Ce chiffre est insignifiant au regard de nombreuses années d’efforts pour l’atteinte de la Couverture maladie universelle. À ce pas, il va falloir attendre plus 170 ans au Mali afin de réaliser les objectifs de la couverture maladie universelle». C’est du moins, l’avis de M. Issa CISSOUMA, l’un des responsables des mutuelles de santé, lors du point de presse tenu, le mardi dernier, au CICB, en marge des journées nationales des communes.

 

  1. Issa CISSOUMA et le Directeur général adjoint de l’Agence nationale d’assistance médicale (ANAM), Sékou SANGARE, ont animé cette conférence, en présence des élus communaux, dont le représentant du président de l’AMM, Tidiane KEITA.

L’objectif de la rencontre avec les journalistes était de saisir les journées de l’AMM pour interpeller les collectivités sur leurs rôles dans la mise en œuvre de la couverture maladie universelle, à travers le RAMED, l’AMO et les mutuelles de santé.

Selon M. CISSOUMA, le sujet est aujourd’hui au cœur de l’agenda mondial parce que répondant à l’atteinte d’un droit fondamental par l’accès de tous les citoyens à une couverture maladie.

Aussi, a-t-il souligné, l’effectivité du système vise à contribuer à la lutte contre la pauvreté par la réduction des charges de ménages dans la prise en charge des maladies.

Il a illustré ses propos par l’une des études réalisées par l’OMS qui relève que les dépenses de santé mettent 150 millions de personnes environ dans une situation financière catastrophique et font passer 100 millions au-dessous du seuil de pauvreté.

Car, selon les mêmes études, les comptes nationaux de santé réalisés dans les pays d’Afrique montrent qu’en général la contribution des ménages au financement de la santé, par paiement direct des soins est au-delà de 50 %.

«Il en résulte que l’accessibilité financière des populations aux soins de santé de qualité reste un défi majeur pour le système de santé dans la mesure où pour faute d’une couverture efficace du risque maladie, les populations continueront de payer le lourd tribut au financement du système de santé», a soutenu M. CISSOUMA pour qui, l’atteinte des objectifs de ce système, est un rêve vers lequel le pays devrait aller.

Le directeur général adjoint de l’ANAM, lui, a relevé des difficultés auxquelles l’ANAM est confrontée pour la mise en œuvre du RAMED qui est un dispositif public non contributif pour assurer la couverture du risque maladie des personnes démunies appelées indigents. Il a déterminé que l’objectif du système était la prise en charge médicale des personnes démunies et des bénéficiaires de droit sans contribution aucune de leur part.

Cependant, il est regrettable que le RAMED ne compte seulement que 16 000 personnes alors que le dispositif a été mis en place pour 819 000 personnes, soit 5 % de la population.

Par ailleurs, pour l’opérationnalisation de ces mesures, un début de solution a été enregistré dans certaines localités avec la prise en charge des salaires des Agents de santé communautaire (ASC). Ainsi, 9 maires et 23 Associations de santé communautaire (ASACO) du district sanitaire de Kadiolo ont décidé de prendre en charge 50 % du salaire des ASC dans leur budget communal à partir de l’année prochaine.

Cette décision vient en réponse à une sollicitation des partenaires techniques et financiers intervenant dans le secteur de la santé pour la prise en compte du salaire des ASC dans les  budgets communaux.

Par Sikou BAH

 




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