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mercredi 28 octobre 2020
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Covid-19: Bamako, ce n’est pas le Mali

Notre pays n’est pas encore touché par la pandémie du Coronavirus qui a fait environ 17 000 morts à travers le monde, mais la maladie se propage à une vitesse exponentielle pour mériter la qualification de pandémie par l’OMS. Il est également connu qu’il est quasiment le seul dans un ilot de pays contaminés. Cette préservation, qui risque de décontenancer certains qui n’ont pas le triomphe modeste, ne relève guère d’un exploit de notre gouvernance de la sécurité sanitaire, parce que nous sommes sous-équipés pour faire face au COVID-19. Le péril sur le pays n’est donc pas une vue de l’esprit ; il ne relève pas non plus de contes de grand-mères.

Certes, les dirigeants ont pris des mesures drastiques, notamment celles prises par le Conseil Supérieur de la Défense Nationale à compter du jeudi 19 mars 2020. Bien sûr, il y a eu l’élaboration d’un Plan d’Actions pour la Prévention et la Réponse à la Maladie COVID-19 (CIVID-19) ; le déploiement des forces de sécurité pour leur bonne exécution.

Mais il est indéniable que des laxismes coupables infectent le dispositif de prévention.

Il ne s’agit pas seulement de la violation flagrante de la mesure relative à ‘’la suspension jusqu’à nouvel ordre, des vols commerciaux en provenance des pays touchés, à l’exception des vols cargos’’ ; à la ‘’cérémonie’’ qui ne décroit pas ; à un ministre qui se croit au-dessus du confinement qui s’imposait à lui et qu’il devait s’imposer.

Le laxisme, c’est également notre incapacité à relever le niveau de la riposte en déconcentrant le dispositif de prise en charge des cas suspects de maladie à COVID 19, quand bien même le ministre de la Santé et des affaires sociales à l’issue de sa visite de terrain à Zégoua et Hérémakono a reconnu la porosité de nos frontières. Des cas suspects peuvent donc exister partout au Mali. À Kayes, qui peut être citée parmi les privilégiés, pour les 3 cas enregistrés, ‘’des prélèvements ont été effectués et acheminés à l’institut national de santé publique de Bamako’’. Les résultats étaient attendus ‘’incessamment’’. Bon Dieu ! L’explication à cette incongruité coule de source : les 4 laboratoires capables de faire le diagnostic du COVID-19 et le laboratoire mobile au niveau du CICM sont tous confinés à Bamako. Il en est de même des centres de prise en charge.

Ainsi, le Mali se résume aux quelque 2 500 000 habitants (source : UNdata, 2019)  de Bamako pour les autorités. Or, le COVID-19 ne connaît pas de découpage administratif.

En plus de la violation de l’article 15 de la Constitution qui garantit le droit à la protection et de l’article 17 qui garantit le droit à la santé, ce dysfonctionnement met à nu l’indigence de notre système de santé. C’est affligeant de redécouvrir combien les citoyens peuvent être inégaux devant la loi et devant la…mort.

PAR BERTIN DAKOUO




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