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samedi 24 octobre 2020
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COVID-19: ces mesures suffisent-elles ?

Ce 17 mars 2020, une réunion extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense nationale (CSDN) s’est tenue à Koulouba autour du Chef de l’État Ibrahim Boubacar Keita. À l’ordre du jour, les mesures relatives à la Pandémie du coronavirus au Mali. Si la démarche est appréciée par le public malien, force est de reconnaitre que beaucoup d’observateurs sont restés sur leur faim. Et pour causes, les mesures annoncées restent soit insuffisantes, incomplètes et prêtent même souvent à confusion.

Même si, pour le moment, tous les cas suspects notifiés au Mali ont été testés négatifs, la menace de la propagation du Coronavirus reste suspendue sur nos têtes, d’où la nécessité d’une plus grande vigilance.

Attendu sur ce terrain, comme c’était déjà le cas dans plusieurs pays, voisins, le Conseil supérieur de la défense nationale n’a pas convaincu. Et pour cause ? Une analyse froide des cinq mesures laisse transparaitre des lacunes, des complaisances et des excès.

1. la suspension jusqu’à nouvel ordre, des vols commerciaux en provenance des pays touchés, à l’exception des vols cargos ;

2. la fermeture des écoles publiques, privées et confessionnelles (maternelles, primaires, secondaires et supérieures) y compris les medersas, et ce, pendant trois (3) semaines ;

3. la suspension jusqu’à nouvel ordre, de tous les regroupements publics y compris les ateliers, les colloques, les séminaires, les meetings populaires ;

4. l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante (50) personnes, sous réserve du respect des gestes-barrières. Il s’agit des mariages, des baptêmes, des funérailles ;

5. La fermeture jusqu’à nouvel ordre des boites de nuit et bars dancings.

Sur le point 1, la mesure revient à une fermeture de l’espace aérien aux vols commerciaux. Or, aujourd’hui, le risque de propagation au Mali ne réside pas que dans la voie aérienne. Et pour cause, le Mali est voisin de pays hôtes de la maladie dont les peuples entretiennent des échangent avec ceux de notre pays par voie terrestre. Toutes choses qui constituent des menaces potentielles de contamination et de propagation. Autant dire que l’on n’accède pas au Mali seulement par les airs. Au Contraire, comment peut-on, dans ce cadre, fermer l’espace aérien et laisser les frontières terrestres ouvertes ? N’y-a-t-il pas là une contradiction ou en tout cas, des insuffisances notoires ?

Sur une autre mesure, le CSDN décide de la fermeture des écoles, oubliant que les marchés sont plus des dangers potentiels que les établissements scolaires. Comment peut-on fermer les écoles et laisser les marchés ouverts ? Alors que nul n’ignore le degré de promiscuité élevé dans nos marchés urbains et foires des zones rurales. Prenez seulement le cas des marchés de Bamako : le Grand marché (Dabanani, Rail-Da, Malitel-Da) et celui de Médine. Quel peut être l’impact d’une contamination dans ces lieux ?

L’autre décision qui se prête à la confusion porte sur ‘’la suspension jusqu’à nouvel ordre’’, de tous les regroupements publics y compris les ateliers, les colloques, les séminaires, les meetings populaires. À ce niveau, le commun des Maliens s’interroge, pourquoi la suspension a ici une durée indéterminée alors qu’au point 2, elle est seulement de trois semaines. Est-ce un alibi pour le gouvernement de porter atteinte aux libertés constitutionnelles en interdisant les meetings populaires ?

Pour certains, point de doute, que les autorités nationales veulent profiter de cette situation pour se faire bonne conscience sur certains dossiers brulants du moment qui l’empêchent de dormir. Il s’agit de la crise scolaire qui met fréquemment les enseignants dans la rue pour réclamer l’application stricte et immédiate du fameux article 39 de leur statut particulier et d’autres mouvements sociaux.

Par contre, quel intérêt pour l’interdiction des rassemblements sociaux (mariage baptême) alors que les mosquées et les Eglises continuent de recevoir des fidèles pour les prières ? Sur la question, l’État n’a pas tergiversé dans d’autres pays comme en Arabie Saoudite et au Maroc où les mosquées sont fermées.

Aussi, comment peut-on interdire les rassemblements lors des mariages, baptêmes, funérailles, les festivals, les Zyara… et les manifs de plus de 50 personnes et laisser se poursuivre la campagne électorale ? Quel est le meeting politique qui ne regroupement pas plus de 50 personnes même dans le plus petit arrondissement du Mali ? En interdisant les meetings électoraux de plus de 50 personnes, on met un terme à la campagne. Donc, qu’on ait le courage de stopper aussi le processus électoral pour cas de force majeure (pandémie mondiale). Le gouvernement, qui reste très prudent sur cette question (religieuse), promet d’engager ‘’incessamment des consultations avec les responsables du Haut Conseil Islamique, de la Ligue des Imams, des Églises Catholique et Protestante ainsi qu’avec d’autres autorités religieuses et cultuelles du Mali afin de convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles’’. C’est là où les observateurs n’hésitent pas de dénoncer le laxisme de l’autorité de l’État. Et pour cause ? Elle n’a consulté personne pour décider de la fermeture des établissements scolaires et d’enseignement supérieur publics et privés.

La question de la fermeture, jusqu’à nouvel ordre, des boites de nuit et bars dancings ne semble pas suffisant sur ce registre. La liste doit aussi clairement mentionner : les bars, les restaurants, les Cinéma, les théâtres, musée, stades…

Les mesures prises par le conseil de défense ne font pas mention des transports publics (les Sotrama, les cars voyageurs), les grands espaces de travail comme cité administrative.

Qu’en est-il également de la question lancinante des marchés

À l’issue des travaux de ce Conseil extraordinaire de la défense nationale, le Président de la République a exhorté l’ensemble des populations vivant au Mali à la responsabilité et au strict respect des mesures de Santé Publique.

Vu l’urgence de la situation, il a décidé la mise en place d’une enveloppe initiale de six milliards trois cents millions (6 300 000 000) F CFA pour lutter contre la pandémie de #Coronavirus.

Par Sidi DAO




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