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mardi 20 avril 2021
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Crash d’air Algérie: les pilotes épinglés

L’accident de l’avion d’Air Algérie, qui a fait 116 morts en juillet 2014 à Boulkessi (aux environ de Gossi), est dû à une erreur humaine. Selon le rapport final des enquêteurs, il a été provoqué par «la non-activation» par l’équipage du système antigivre, suivie de l’absence de réaction des pilotes pour sortir d’une situation de décrochage.
Sur ce point les conclusions finales confirment le rapport préliminaire.

Lors d’un point de presse organisé vendredi dernier pour présenter ce rapport mené par le Bureau français d’enquêtes et d’analyses (BEA), le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré, a expliqué que les « capteurs de pression des moteurs avaient été obstrués, vraisemblablement par des cristaux de glace… les systèmes d’antigivrage (n’ont) pas été activés par l’équipage. L’obstruction des capteurs a perturbé le fonctionnement des moteurs, limitant la poussée à un niveau insuffisant pour que l’avion poursuive son vol à un niveau de croisière».
Le ministre a enfin évoqué les «difficultés rencontrées » dans l’enquête, notamment celles relatives aux « données inexploitables d’un des enregistreurs de vol qui ont limité l’analyse du comportement de l’équipage en vol ».
Dans leur rapport final, les enquêteurs ont émis dix nouvelles recommandations portant notamment sur «l’étude d’un système de dégivrage permanent des capteurs sur MD 80», «la modification des critères d’activation des systèmes d’antigivrage (…) pour tenir compte des situations de cristaux de glace» ainsi que «l’information et l’entraînement des équipages de McDonnell Douglas 80 (…) sur les particularités du décrochage en croisière».

Une succession d’erreurs humaines
Si l’avocat français des familles des victimes, Me Bertrand Courtois, avait qualifié d’»accablants» les dysfonctionnements révélés par l’enquête, la présidente de l’association des victimes françaises, AH5017 Ensemble, Delphine Tricot, a elle estimé vendredi à la suite de la conférence de presse organisé au Bourget qu’«il y a eu une succession d’erreurs, de maladresses et d’incompétences qui, à la fin, coûtent cher». Les pilotes, «trop fatigués», avaient «enchaîné les missions en Espagne sans repos depuis un certain temps».
Ce que réfute M. Jouty qui pense au contraire que l’équipage était expérimenté : les jours qui avaient précédé l’accident leur «activité de vol était normale» et les «plannings de vols étaient conformes à la règlementation européenne sur les temps de vol».
M. Jouty précise que «c’était deux pilotes expérimentés sur ce type d’aéronef, qui connaissaient l’Afrique donc qui connaissaient la situation météo, ils connaissaient le trajet Ouagadougou-Alger. Au niveau de la formation, les résultats de tests et de contrôles indiquaient des pilotes de niveaux tout à fait satisfaisants».
Le vol Ouagadougou-Alger s’était écrasé peu après le décollage dans le nord du Mali, dans la zone de Gossi, avec 110 passagers à bord, dont 54 Français, 23 Burkinabè, ainsi que des Libanais, des Algériens et six membres d’équipage, tous espagnols.

PAR SEKOU CAMARA




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