Création d’un Stock national de sécurité pétrolière: une priorité de l’office national des produits pétroliers

L’Office national des produits pétroliers (ONAP) a tenu, hier jeudi, à son siège, la 32è session ordinaire de son Conseil d’administration (CA) qui se tient dans un contexte marqué par une sortie progressive de l’économie malienne d’une crise profonde et multidimensionnelle à travers la mise en œuvre effective de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.

La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le secrétaire général du ministre de l’Economie et des finances, Mme Sidibé Zamilatou CISSE, en présence du directeur général de l’Office, Soumana Mory COULIBALY, et des administrateurs.
L’examen des taches issues de la 31è session ordinaire du Conseil d’administration et du rapport d’activité 2015 de l’Office, axé sur la gestion de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers ; le suivi du réseau de distribution, la gestion des fluctuations des prix fournisseurs et le traitement des statistiques pétrolières ; les rapports d’exécution des budgets de l’ONAP et du dépôt/ONAP de Bamako-Sénou au 31 décembre 2015, étaient les principaux points inscrits à son ordre du jour.
Selon Mme Sidibé Zamilatou CISSE, si les cours mondiaux des produits pétroliers sur les marchés mondiaux ont connu un fléchissement au cours du dernier semestre de l’année 2015, ils ont augmenté en moyenne de 24% de janvier à juin 2016.
Ainsi au plan national, a-t-elle fait savoir, les tendances des fluctuations des cours des produits pétroliers ont été observées pour la fixation des prix à la pompe dans le cadre du nouveau mécanisme de suivi de la taxation des produits pétroliers.
Aussi, a-t-elle soutenu, le gouvernement a profité des tendances baissières pour diminuer les prix à la pompe et améliorer les marges des opérateurs pétroliers.
« Pour une gestion consensuelle des hausses des cours des produits pétroliers, le département de l’Economie et des finances a initié des mesures pertinentes pour atténuer leurs impacts sur les prix à la consommation. Ces mesures se sont traduites par des diminutions des prélèvements fiscaux et des baisses des prix à la pompe.
Ces mesures se poursuivront d’une part, pour le développement du sous-secteur des hydrocarbures et d’autre part, pour la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs », a-t-elle rassuré.
En plus de ces mesures, dira le secrétaire général du ministère de l’Economie et des finances, le gouvernement a envisagé d’autres réformes pour sécuriser davantage l’approvisionnement du pays en produits pétroliers tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.
Pour sa part, le directeur de l’ONAP, Zoumana Mory COULIBALY, a souligné que ledit Conseil d’administration se penchera sur un certains nombres de problèmes, tels que le passage de produits pétroliers au niveau des dépôts. Au fait, note-t-il,la loi oblige l’ensemble des produits mis en consommation à passer par le dépôt pétrolier. A ce niveau, il fait savoir que grâce à l’appui de la Douane, son service a fait des recettes record au niveau de certains dépôts.
Les dotations de l’Office national en fonds étaient aussi au cœur de ces travaux.
De même, la délocalisation, pour raison de sécurisation, à Moutougoula de Star Oil installé depuis 1951 et qui est aujourd’hui au milieu de la ville de même que le dépôt de Kayes qui a été englouti par les habitations seront discutés
Les travaux du jour se sont penchés sur la problématique de la création du stock national de sécurité qui permet d’assurer la consommation nationale pendant au moins 2 mois, en cas de crise comme il a été le cas en 2012 avec la CEDEAO.
Un projet texte sera envoyé à l’Assemblée nationale dans ce sens, a-t-il révélé.
«Nous sommes l’un des rares pays à ne pas avoir un stock de sécurité et si l’embargo de la CEDEAO avait continué, on n’allait pas tenir pendant plus de 15 jours », a fait savoir Zoumana Mory COULIBALY.
«La baisse du prix des hydrocarbures a fait perdre à l’Etat 6 milliards de FCFA en 2016 au niveau des recettes douanières pendant les premiers mois de la mesure. Mais le gouvernement tient toujours à maintenir les prix à un niveau acceptable pour les consommateurs », a-t-il souligné.
Actuellement, le prix à la pompe de l’essence super est 674 à la pompe et 582 pour le gasoil, a-t-il fait savoir.
Le budget de l’ONAP, faut-il souligner, est actuellement constitué de la subvention du budget d’Etat à hauteur de 95% ; ce qui est contraire à l’esprit et aux dispositions des textes relatifs à la création et à la gestion des Etablissements publics à caractère administratif (EPCA) comme l’ONAP.

Par Abdoulaye OUATTARA et Koumbeli DIAW (Stagiaire)

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