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jeudi 27 juillet 2017
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Crise au Burkina faso: ce n’est pas encore fini…

Le choix du président de la transition divise civils et militaires

Jeudi  30 octobre 2014

15h30 : Une délégation de manifestants est partie, en compagnie du chef d’état-major particulier de Blaise COMPAORE, le général Diendéré, vers le palais présidentiel officiellement pour rencontrer le chef de l’État.

16h27 : Les Nations unies ont annoncé l’envoi d’un émissaire à Ouagadougou. Cela dit que la communauté internationale suit de près ces événements de près. D’ailleurs, le porte-parole Stéphane Dujarric du Secrétaire général de l’ONU a indiqué que Ban Ki-Moon « suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation au Burkina Faso ».

17 h 5 : Le site de l’UA a confirmé que M. Mohamed Ibn Chambas, est l’émissaire de l’ONU attendu au Burkina Faso. Il a été dans ce pays au sein d’une mission de paix conjointe avec l’Union africaine et à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

17h30 : Le président Blaise COMPAORE dos au mur a annoncé la dissolution du gouvernement et a décrété l’état de siège dans le pays. Le chef de l’État a souhaité par ailleurs ouvrir des négociations avec l’opposition, selon un communiqué lu par la radio privée  du Burkina-Faso Omega FM.

17h35 : M. Sébastien Brabant, porte-parole de la chef de la diplomatie de l’Union européenne a fait une déclaration. Il disait ceci: « Nous sommes évidemment très préoccupés par la situation actuelle et par les informations faisant état de victimes à la suite des violentes manifestations de la journée. Mais maintenant que la proposition de loi sur la révision de la Constitution a été retirée, l’Union européenne appelle toutes les parties à s’abstenir de recourir à la violence et à engager rapidement un dialogue constructif. Évidemment, l’Union européenne est prête à intervenir pour faciliter le processus. »

18 h 15 : Un premier bilan des événements a été annoncé par une source diplomatique. Selon la source, les violences de la journée du jeudi auraient fait une vingtaine de morts et une quarantaine de blessés dans le pays. Par ailleurs, la source n’a pas précisé l’état des autres dégâts qui vont sans doute se chiffrer par milliards de FCFA.

18h25 : La France a appelé ses quelque 3 500 ressortissants à la prudence puisqu’elle n’avait pas encore décidé d’aucun plan d’évacuation. Ainsi, dans le message, les Français, sur place au Burkina-Faso sont invités à rester chez eux et à contacter l’ambassade de France pour se tenir informés de l’évolution de la situation sécuritaire.

18h47 : L’opposition burkinabée a maintenu son appel à la désobéissance civile. Au siège de la coordination, à Ouagadougou, Zéphirin Diabré a lu une déclaration évoquant, au sujet de la tentative de modification constitutionnelle, une « mesure scélérate » et « inopportune ». Le siège décrété par le président Compaoré est jugé « inacceptable ». Par conséquent, le peuple est invité à manifester sa désapprobation.

19h00 : Au siège de l’opposition, les leaders politiques et ceux de la société civile ont réitéré leur exigence au chef d’état-major de l’armée burkinabée pour un une démission immédiate et sans condition du président. Pour ces responsables, le président Compaoré avait épuisé tous ses recours, mais il s’entête à rester.

19h05 : Un personnage a émergé ce jeudi 30 octobre dans les manifestations à Ouagadougou, c’est le général en retraite Kouamé Lougué. Des dizaines de milliers de manifestants ont scandé son nom. Ils souhaitent que ça soit M. LOUGUE qui dirige la transition. À savoir que le général Kouamé Lougué a lui-même été chef d’état-major des armées et ministre de la Défense, avant d’être limogé par le président Compaoré en 2003. Il fait ainsi partie des personnes qui ont été réclamées par la révolution.

19 h 10 : Lors d’une conférence de presse, alors qu’une foule était encore dans les rues, le chef d’état-major des armées burkinabées Gal Honoré Traoré a décrété la dissolution de l’Assemblée nationale, l’installation d’un organe de transition pour diriger le pays. Aussi, il a informé la population qu’un couvre-feu était désormais en vigueur de 19 h (TU) à 6 h du matin (TU) dans l’ensemble du territoire du Burkina Faso. Le général Traoré a expliqué, au cours de ce point de presse, la mise en place d’une équipe de la transition sera installée. Celle-ci sera constituée avec de concert avec tous les partis politiques, pour une durée de 12 mois maximum, le temps que l’ordre constitutionnel soit rétabli. Mais il n’a précisé pas la personne qui en prendra la tête.

19 h 10 : Alors que le général Honoré TRAORE animait le point de presse sur la place de la nation à Ouagadougou, devant de milliers de personnes, l’opposition a appelé la population à prolonger l’occupation de l’espace public.

19 h 55 : Alors que le doute persistait sur le sort du président COMPAORE, le député de l’opposition, Adama SOSSO déclarait :« Nous avons une certitude ; si le président refuse de partir, nous donnerons cette fois-ci d’autres mots d’ordre qui l’obligeront. Et là, je vous garantis que ce ne sera pas la chose la plus facile, ni pour lui, ni pour nous. Mais nous arriverons au bout de notre lutte, parce qu’il n’est plus question qu’on recule, il n’est plus question d’un gouvernement d’union nationale».

20 h 10 : C’était la chasse à l’homme lancée à Bobo Dioulasso. Des manifestants toujours en colère étaient à la recherche de partisans du parti au pouvoir, CDP. De maison en maison, ils les cherchaient et souvent pour mettre feu à leur demeure. C’était l’occasion pour certains d’emporter ceux qui peuvent l’être : chaises, télévisions et autres biens meubles.

20h50 : Les manifestants regroupés à la place de la Nation, à Ouagadougou, ne décolèrent pas parce qu’ils entendaient passer la nuit dans les rues malgré le couvre-feu annoncé. Car, ils n’étaient pas question pour eux de renter tant que Blaise ne démissionne pas. Pour l’opposition et les manifestants, les décisions annoncées par le chef d’état-major ne sont pas suffisamment précises quant à l’avenir du président, qui ne s’est toujours pas exprimé.

21h50 : À la suite de l’insistance des manifestants, le président burkinabé a pris la parole sur la chaîne de télévision Canal 3.  Dans une déclaration télévisée Blaise Compaoré a appelé à des pourparlers avec les acteurs politiques et a pris l’engagement de former un gouvernement de transition à l’issue de laquelle qu’il a promis de  transmettre le pouvoir au président démocratiquement élu. Le chef de l’État a annoncé par ailleurs la levée de siège sur toute l’étendue du territoire national avant de saluer l’attitude républicaine des forces de l’ordre et de l’opposition politique.

L’extrait de la déclaration de Blaise Compaoré à la télévision :

Il y a des instants dans la vie des peuples et des nations où le silence est plus expressif que la prise de parole.

Ces moments de grande douleur que nous vivons en font partie.

Les manifestations violentes qui ont endeuillé et plongé notre peuple dans la stupeur n’honorent pas le pays des Hommes intègres, mais j’ai entendu le message, je l’ai compris et pris la juste mesure des fortes aspirations de changement.

Aussi, voudrais-je présenter mes condoléances les plus attristées aux familles éplorées et souhaiter un prompt rétablissement aux nombreux blessés.

En ce tournant décisif de la marche de notre peuple, j’appelle toutes les parties à mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation. En ce tournant décisif de la marche de notre pays, j’appelle toutes les parties en mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation.

J’appelle les forces de l’ordre et l’ensemble des manifestants au respect de l’intégrité physique de tous les citoyens ainsi qu’au respect des biens publics et privés.

Je demeure convaincu que le dialogue constructif pourra permettre à notre peuple de retrouver sa quiétude d’antan et regarder l’avenir avec assurance.

En ce qui me concerne, je reste disponible à ouvrir avec vous des pourparlers pour une période de transition à l’issue de laquelle je transmettrai le pouvoir au président démocratiquement élu.

En vue du rétablissement de ce dialogue, j’ai décidé de retirer le projet de loi contesté et de procéder à son annulation. Pour permettre à chacune des parties, l’opposition politique, la société civile et la majorité de renouer le fil du dialogue dans la sérénité, je décide ce qui suit :

– Le gouvernement est dissout

– A compter de ce jeudi 30 octobre, je déclare annuler l’état de siège sur toute l’étendue du territoire national.

J’exprime ma reconnaissance à tous ceux qui ont cru en moi et qui ont sacrifié de leur bien et quiétude.

Ma reconnaissance va aussi à l’opposition pour l’attitude républicaine de ses dirigeants. Ensemble, nous devons tous œuvré à éviter un approfondissement de la fracture sociale et un délitement de notre tissu économique.

Chacun doit jouer sa partition afin que nous parvenions à un retour définitif à la paix sociale. Je salue les forces de l’ordre pour leur professionnalisme et leur sacrifice qui nous ont évités une catastrophe qui aurait été irrémédiable.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Je vous remercie.

Blaise Compaoré

Président du Faso

Kouloutan COULIBALY

23h30 : Après la déclaration du président Blaise Compaoré, des membres de l’opposition ont réagi. Ainsi, M. Bénéwendé Sankara, de l’Union pour la renaissance-Parti sankariste (Unir-PS), s’exprimait sur RFI. « Vraiment ridicule », lance-t-il. « Blaise Compaoré n’a pas encore appris la leçon. Je crois qu’il est en train de ruser avec le peuple burkinabé. Nous attendions un message où il allait dire qu’il avait compris et rendait sa démission pour soulager le peuple, mais là, Blaise Compaoré veut purement et simplement avoir du temps. Je crois que la contradiction qui a existé entre les déclarations de ses généraux et lui-même dénote du fait que le président n’a plus d’autorité. (…) Blaise Compaoré doit purement et simplement tirer les leçons. Mais s’il ne comprend pas, il nous invite une fois de plus à continuer la mobilisation, notre détermination, pour l’obliger, cette fois-ci je dis bien « l’obliger «, à partir du pouvoir. »

20h20 : Tout s’est joué dans la matinée devant le siège de l’état-major des armées burkinabées, en centre-ville. Une foule incroyablement dense a réclamé la désignation d’un général à la retraite, Kouamé Lougué, pour prendre les rênes du processus de transition. Plus tard, c’est pourtant le chef d’état-major, le général Traoré, jugé trop complaisant vis-à-vis de Blaise Compaoré par la foule, qui se proclame chef de l’État après la démission du président déchu.

Sauf qu’entre-temps, les porte-parole de la société civile étaient sortis pour faire une déclaration aux côtés d’un troisième militaire, Isaac Zida, commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle. La foule, chauffée à blanc, lui réservera un triomphe après son annonce : l’armée se rallie à la société civile, lance-t-il. Et de donner des gages pour la bonne exécution du processus démocratique. Un challenger est né, la confusion règne.

Tout au long de la journée, il apparaitra qu’il y a deux chefs potentiels pour la succession transitoire du désormais ex-président Compaoré, chacun y allant de sa déclaration publique jusqu’aux dernières déclarations émanant du camp Zida (voir ci-dessous).

Vendredi 31 octobre 2014

6 h:  Dans les principales villes du pays, ils s’attendent à une nouvelle journée agitée, le vendredi 31 octobre. Par la nuit du jeudi dernier a été calme, hormis quelques détonations et tirs entendus dans certains quartiers. Les manifestants sont rentrés chez eux, après cette journée très mouvementée. Toutefois, il était attendu de nouveaux rassemblements, après la déclaration du chef d’état-major général des armées et celle du président Blaise Compaoré considérées confuses.

Pour les manifestants, si un militaire doit gérer la transition, il ne doit pas être infidèle au président Blaise Compaoré. Ils sont également contre l’idée d’un couvre-feu, car ils estiment que le combat qu’ils mènent a pour objectif d’avoir plus de liberté. Pendant une partie de la nuit du jeudi, certains jeunes ont circulé, malgré le contrôle effectué par la police, la gendarmerie et les éléments de la sécurité présidentielle.

En tout cas, les opposants ont déjà demandé à leurs militants de maintenir la pression, car ce qu’ils souhaitent c’est le départ pur et simple du président Blaise Compaoré, contrairement au contenu du discours de celui-ci, qui entend entamer le dialogue pour mettre en place une période de transition à l’issue de laquelle il remettra le pouvoir au président démocratiquement élu.

6 h 35:  Le président du Forum des citoyens et citoyennes pour l’alternance et porte-parole du Front de résistance citoyenne, Luc Ibriga, qui regroupe 26 organisations de la société civile disait ceci : « Blaise Compaoré n’a plus aucune légitimité pour diriger le pays ».

6 h 45: Après les déclarations faites par l’armée et le président Compaoré, l’opposition a indiqué qu’ils vont commencer la journée dans une totale confusion. Ainsi, le député de l’opposition, Ablassé Ouédraogo qui s’est exprimé sur RFI et déclarait : « Nous nous réveillons aujourd’hui avec une situation de confusion totale ».

8 h 32 : Les manifestants sont restés sur le qui-vive et à Ouagadougou la plupart étaient prêtes à manifester de nouveau ce vendredi, comme l’affirmait Gabriel Kombo. Il est journaliste indépendant, militant de l’opposition et selon lui, tous souhaitent le départ de Blaise Compaoré : « Ce matin, le mot d’ordre a été lancé pour que les manifestants se rendent place de la révolution à Ouagadougou pour maintenir la pression. Il faut récupérer notre révolution qui est en train de nous être volée. La journée risque d’être encore mouvementée. Et un peu partout sur le territoire national, les jeunes appellent à revenir sur les places publiques pour continuer les manifestations ».

9 h 44 : La France est restée sur sa position et prône l’apaisement au Burkina Faso. Lors d’un déplacement dans l’ouest de la France, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius a déclaré que la France n’avait pas « à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, c’est que nos ressortissants soient protégés et que l’on aille vers l’apaisement ».

9 h 50 : Dans une déclaration lue en direct à la radio, l’opposition burkinabée a appelé le peuple à maintenir la pression en continuant à occuper l’espace public alors qu’une foule était massée devant l’état-major général de l’armée à Ouagadougou. Ce regroupement était organisé dans plusieurs grandes villes du Burkina-Faso. L’opposition dans cette autre déclaration demandait le départ sans condition du président Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans.

11 h : Devant le siège de l’état major où tout le regard était tourné, des partis politiques et la société civile exprimaient leurs vœux et souhaitaient que la transition soit confiée au général Traoré, l’actuel chef d’état-major qui doit s’engager à accompagner le processus de transition démocratique. Pour eux, l’armée doit s’associer donc aux manifestants pour garantir cette transition qui devrait conduire à de nouvelles élections très prochainement. Une annonce accueillie par une exclamation devant le siège de l’état-major.

12 h 39 : Sans avoir la décision de démission officielle du président Compaoré l’armée a déclaré devant de milliers de personnes que « Balise Compaoré n’est plus au pouvoir ». AU même moment, les manifestants s’interrogeaient sur la situation géographique du président Compaoré. Plusieurs sources cependant indiquaient qu’il a été escorté par des véhicules blindés à Pô à la frontière du Ghana.

12 h 50 : Face à la situation, après les propos du ministre des Affaires étrangères français;  le président François Hollande s’est montré confiant quant à la décision que Blaise Compaoré va prendre. Car, la première déclaration du président Compaoré dans la nuit du jeudi est restée sans effet et surtout mal accueillie par les manifestants qui ne voulaient que son départ à la tête de l’État. Toutefois, le président François Hollande est persuadé que Blaise Compaoré « prendra la bonne décision » pour parvenir à l’apaisement.

13 h 3 : À l’image de plusieurs regroupements internationaux, l’Union européenne estime qu’il revient au peuple burkinabé de décider de son avenir.

13 h 16 : L’armée burkinabée a annoncé la démission du président Compaoré et quelques minutes plutard le désormais ancien fort du Faso, dans un communiqué, a confirmé qu’il quitte le pouvoir. Aussi, il a souhaité des élections libres et transparentes sous 90 jours.

14 h : Après la déclaration de démission du président Compaoré, l’armée a déclaré avoir pris acte de la décision et constatant la vacance du pouvoir a affirmé que « le chef d’état-major Honoré Traoré prend la tête du pays ».

14 h 20 : Dans un communiqué de l’Élysée, la France a salué la démission du président de la République du Burkina Faso qui permet de trouver une issue à la crise.

14 h 35 : Le général Honoré Traoré désigné comme le président de la transition a annoncé sa prise de pouvoir en ces termes: « Conformément aux dispositions constitutionnelles, constatant la vacance du pouvoir ainsi créée, considérant l’urgence de sauvegarder la vie de la nation, j’assumerai à compter de ce jour mes responsabilités de chef de l’État ».

16 h 15 : Quelque temps après la déclaration du général Honoré Traoré ; le lieutenant-colonel Zida se considérant comme étant le porte-parole de l’armée burkinabée a pris la parole à Ouagadougou sous l’acclamation de la foule. Son discours était retransmis sur la radio Omega FM. Lui aussi a confirmé la fin du pouvoir de Blaise Compaoré par sa démission. Il a précisé également que l’ex-président a quitté le palais présidentiel de Kossyam. La Constitution est suspendue, a-t-il ajouté.

«Personne ne va voler cette victoire et toutes les décisions importantes seront prises ici place de la révolution () et pas dans les bureaux. Vous aurez l’occasion de dire si vous n’êtes pas d’accord », a lancé le lieutenant-colonel prenant ainsi en contre coup le général Honoré Traoré. Pour autant Zida était le commandant adjoint du Régiment de sécurité présidentielle et prétend aussi agir au nom de l’état-major de l’armée du Burkina-Faso parce qu’une partie de l’armée ne se semble pas reconnaître l’autorité du général Traoré.

Outre la suspension de la Constitution de 1991, le lieutenant-colonel Zida a annoncé qu’un organe de transition sera mis en place en accord avec toutes les forces vives de la nation en vue d’organiser une transition pour encadrer le retour à une vie constitutionnelle normale. « La composition de cet organe consensuel de transition ainsi que sa durée que nous souhaitons la plus brève possible seront déterminées par l’organe de transition dans les plus brefs délais possible», a-t-il promis.

17 h 50 : un ancien ministre de Blaise Compaoré, ancien bras droit du président, est passé dans l’opposition il y a cinq ans. Il s’est exprimé sur RFI: « Permettez-moi de féliciter la jeunesse du Burkina Faso et l’ensemble du peuple, qui s’est battu, qui s’est sacrifié, pour l’avenir démocratique de notre pays. »

L’analyse de Salif Diallo, au sujet de la situation confuse à Ouagadougou : « Il est impératif que l’armée retrouve son unité. Il est impensable aujourd’hui, après le départ du président Blaise Compaoré, de ne pas prendre en considération le Régiment de sécurité présidentielle, qui est l’unité la mieux organisée, la mieux armée. Et le (lieutenant-colonel) Zida provient de ce régiment. Aujourd’hui, ce que dit le rapport de force militaire est de ce côté-là. Mais je pense que les militaires devraient avant tout s’entendre, discuter et envisager une collaboration des civils et des partis politiques. »

18 h 15 : L’Agence France-Presse a relaté de nouvelles scènes de pillage à Ouagadougou, dans le quartier des ministères, dans l’après-midi du vendredi.

« De nombreux hommes, poussant des charrettes à bras, étaient visibles avenue de l’Indépendance, l’un des principaux axes de la capitale, que bordent l’Assemblée nationale, incendiée jeudi, et de nombreux ministères ou directions administratives », a expliqué l’AFP, qui fait état de fenêtres arrachées sur les bâtiments. Des portes, des tables, des chaises, des climatiseurs… « Tout a été méthodiquement raflé et circule à présent dans les rues », selon l’agence de presse française.

18 h 40 : Ablassé Ouedraogo, ancien ministre des Affaires étrangères, député de l’opposition, a lancé un appel à la retenue avec de Blaise. «  Le peuple, après avoir tourné cette page Compaoré, veut avoir la paix sociale et la sécurité pour reprendre ses activités. C’est pour cela que j’insiste, pour lancer un appel aux compatriotes : que tout le monde, maintenant, baisse le ton ; que tout le monde arrête les violences, les pillages, les incendies, parce que la pression qui avait été mise dans les rues, c’était pour le départ de Compaoré. Compaoré est parti», a-t-il martelé.

19 h 20 : Selon Burkina24, un couvre-feu a été de nouveau annoncé sur toute l’étendue du territoire national de 19 h à 6 h à compter de la nuit du vendredi, et les frontières aériennes et terrestres sont déclarées fermées. Ces déclarations ont été faites du camp Guillaume Ouédraogo qui soutient la partie du lieutenant-colonel Zida.

20 h : Le camp du lieutenant-colonel Isaac Zida a multiplié les sorties et les déclarations pour marquer leurs mains mises sur le pouvoir. Suite à la décision d’instaurer un couvre-feu, pour la continuité de l’administration et des services, il a exhorté les secrétaires généraux des ministères burkinabés à prendre toutes les dispositions appropriées sur toute l’étendue du territoire national pour faire fonctionner ceux-ci.

22 h 05 : Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pris acte de la démission du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré à la suite de la détérioration de la situation de la sécurité dans ce pays.

 




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