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samedi 24 octobre 2020
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Crise de l’AMO: un heureux dénouement

De plus de 90 % de factures impayées, en décembre dernier, les Pharmacies et officines privées affiliées à l’Assurance-maladie collaboration obligatoire (AMO) sont à 0 %, à la date d’aujourd’hui. Elles ont ainsi été mises dans leurs droits par les structures en charge de piloter l’initiative. L’information nous a été donnée hier mardi 14 janvier 2020, par les responsables des syndicats qui travaillent en étroite collaboration avec le ministère de la Santé pour éviter une nouvelle crise. Ce qui veut dire que dans l’intervalle quelques jours le gouvernement et ses partenaires sont parvenus l’effort colossal d’éponger une dette d’une valeur de 3 milliards de francs CFA, au bonheur des abonnées du service de l’AMO sur toute l’étendue du Mali.

La hache de guerre ne sera pas déterrée entre les syndicats des pharmaciens et officines privées et le gouvernement. Et pour cause ? Après plus de deux semaines de rupture des produits affiliés à l’AMO en décembre de 2019, le gouvernement vient de satisfaire les attentes des deux syndicats, notamment le Syndicat national des Pharmaciens du Mali (SYNAPHARM) et le Syndicat national des pharmacies privées et officines (SYNAP0). Selon le Dr Daouda DIARRA, un responsable du SYNAPHARM, les 3 milliards et quelques, qui étaient la pomme de discorde entre les pharmaciens et l’État sont réglés. Il révèle que ces deux syndicats travaillent en étroite collaboration avec la partie gouvernementale.

« Nous avons créé un comité de veille qui est composé des membres des bureaux de nos deux syndicats et les chargés de la question du ministère de la Santé et des Affaires sociales, la CANAM et l’INPS. Ce comité est créé uniquement pour suivre de près les différentes structures de paiement, afin de mettre les pharmacies dans leurs droits dans un délai respectable.

« Pour le moment, tout va bien comme convenu, nous a-t-il confié. Nous pouvons dire qu’il n’y a pas de facture impayée, car les délais de payement des dernières factures, notamment celles de décembre n’est pas expiré. Car, il faudra attendre jusqu’en fin janvier, pour cela », s’est réjoui le Dr DIARRA.       

Cette situation de régularisation prévaut dans toutes les régions du Mali. Le président du comité syndical de Mopti, le Dr Amadou TRAORE nous rassure que pour le moment, toutes les pharmacies de la région de Mopti sont en réglées.

« Nous suivons aussi de près l’état de paiement de toutes les pharmacies de la région, cercles et celles qui se trouvent à Sévaré et à Mopti ici, toutes les factures sont payées. Les échéances de paiement pour le mois de décembre ne sont pas d’abord expirées. Donc, à notre niveau, ça va dans l’ensemble », a-t-il dit, avant de lancer un appel au gouvernement afin de continuer sur cette lancée.

« Depuis la mise en place de l’AMO, nous y avons adhéré sans arrière-pensée, vu notre statut, dans le schéma sanitaire, nous avons jugé nécessaire de servir l’AMO, et cela, même avant la signature d’un contrat de partenariat formel. Parce que dans les normes de distribution des services sanitaires dans laquelle la pharmacie fait partie intégrante, aucune personne ne peut se prendre en charge de manière descente sans le système d’assurance maladie. C’est la raison pour laquelle, les officines privées, en tant que structures sanitaires paraétatiques ont pris cet engagement d’être aux côtés de l’État dans sa mission régalienne de protection des populations, pour leur garantir une santé digne de ce nom », a expliqué M. TRAORE.

Signalons ce lundi 18 novembre 2019, les pharmacies et officines privées de Mopti avaient donné le ton pour cette grève qui s’est généralisée à la suite. Ainsi, plus d’une centaine de pharmacies de la région de Mopti ont observé le boycott, mettant du coup les abonnés de l’AMO dans une impasse qui ne dit pas son nom. Le pire, c’est qu’aucune couche sociale n’avait été épargnée, à savoir les retraités, assurés de la CMSS, les fonctionnaires, dont la grande partie est constituée de militaires et leur ayant droits.

Pour finir, le Dr TRAORE a en appelé à l’indulgence des populations, comme pour rappeler cet adage qui dit : « Pour faire des omelettes, il faut casser des œufs ». « Je lance un appel à la population à nous comprendre. Cette grève n’était contre une personne, c’était pour garantir la sécurité sanitaire pour toute la population de Mopti aussi longtemps que possible », a-t-il dit.   

Quant au Directeur de l’INPS de Mopti, il rassure : « Nous à l’INPS, nous sommes autonomes, nous payons sur place. 80 % des factures sont payés et nous nous attelons pour que les autres factures soient à jour au lendemain », a-t-il garanti.

PAR CHRISTELLE KONE




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