Search
mercredi 13 décembre 2017
  • :
  • :

Crise du Nord : le Coren a-t-il perdu sa langue ?

Le collectif des ressortissants du Nord (Coren), cette vaste organisation de la société civile respectable qui symbolise la symbiose ethnique en son sein (arabe, tamasheq, songhaï, peulh, bozo, dogon…), élève de moins en moins la voix dans le cadre de la résolution de la crise du Nord, qui a trop duré.
Pourtant, les figures emblématiques ne manquent point et les problèmes non plus : Les anciens Premiers ministres (Ousmane Issoufi MAIGA, Ahmed Mohamed Ag HAMANI, Younoussi TOURE) et d’autres comme Baba Hakib HAIDARA, Younuss Hameye DICKO, Mohamed Ag ERLAF…
Cette organisation qui avait été très active sur le terrain aux premières heures de l’agression du Mali, en janvier 2012, pour trouver une solution à la crise.
On se rappelle encore comme hier de l’Assemblée générale tenue par le Coren, le 26 février 2012, pour dresser la situation de l’occupation sur le terrain en identifiant les préoccupations des populations, leurs attentes afin de proposer des solutions. Un document appelé ‘’plateforme’’ a été adopté, ce jour, et contenait 48 points de recommandations, du général au spécifique, en direction de l’État, de l’armée, des organisations de la société civile. Il s’agissait d’appeler à la mobilisation et à l’effort de guerre , entamer le processus de dialogue, engager une vaste opération diplomatique pour rendre lisible l’action de l’État, engager des procédures judiciaires pour situer les responsabilités et sanctionner au besoin les auteurs des actes abominables, soutenir les forces armées et de sécurités à travers des souscriptions volontaires, renforcer la défense nationale (équipement, formation des hommes), recruter massivement les jeunes pour défendre le pays, reconnaître aux populations déplacées et réfugiées leur droit à la sécurité, l’afficher et s’engager à le restaurer et à les accompagner. Il s’agissait aussi, d’éviter (y compris par la pénalisation) toutes formes d’exactions et de bavures militaires ou civiles et toutes stigmatisations à l’endroit de populations pour circonscrire tout risque de ralliement à la rébellion, sécuriser les biens des populations déplacées provisoirement, coordonner l’action de la société civile sur la gestion de la crise, impliquer toutes les communautés dans les négociations et constituer des groupes pour rencontrer les réfugiés. En plus, pendant la période qui a suivi le coup d’État, le collectif était au four et moulin en organisant des assemblées générales, des conférences de presse, des déclarations et autres sorties médiatiques. La liste est longue.
Mais, malheureusement, ce comportement patriotique du Coren semble être derrière nous aujourd’hui, alors que les menaces du séparatisme, du terrorisme, de la haine ethnique et raciale planent toujours et plus que jamais au dessus de nos têtes.
La très respectable organisation de la société civile (Coren) s’est-elle disqualifiée, depuis son entrée au 1er gouvernement d’IBK avec le PM Oumar Tatam LY ? En tout cas, depuis cette date, on n’entend plus parler du Coren. Du moins, les activités de l’organisation sont aux ralenties ; et comme dans le bon vieux temps, les déclarations; appels; critiques… est désormais sont derrière nous.
Est-ce que le bon moment pour se taire? Ce moment crucial pour le devenir et l’avenir du Mali tout entier du Nord au Sud, d’Est en Ouest, à travers les pourparlers d’Alger ? Ne gagnerait-il pas en utilité et en popularité s’il continuait de donner de la voix en se mettant à l’avant-garde des menaces séparatistes du MNLA et alliés? Heureusement sur le terrain, il y a la Plateforme (GATIA, AMM loyaliste, CMFPR, CPA, et MPSA) pour barrer la route aux forces séparatistes ou forces du mal (MNLA, MAA rebelle et HCUA). Le projet du MNLA de se rendre maître du Nord, pour faire chanter le gouvernement, est confronté à une belle résistance de la Plateforme.
Par Hamidou TOGO




Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *