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dimanche 9 août 2020
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Crise sociopolitique: faut-il conjuguer le M5 au passé ?

Suite à la mission des chefs d’État de la CEDEAO à Bamako ce 23 juillet 2020, les antagonismes se font visibles au sein du M5-RFP. Avec l’assouplissement de la position de certains leaders, le revirement de l’Imam, qui contrairement à la revendication principale du mouvement, dont il est la caution morale, à savoir la démission du président IBK, prône désormais le choix d’un PM consensuel…, le M5 se déstabilise, sans doute. S’il s’agit là d’un antagonisme qui fragilise le mouvement, faut-il pour autant le conjuguer au passé ?

En attendant les conclusions du sommet extraordinaire de chefs d’État de la CEDEAO par vidéoconférence sur le Mali, la jeunesse M5-RFP en Assemblée générale au siège de la CMAS, ce 26 juillet 2020, maintient sa décision de faire partir le Président IBK, malgré la position tranchée de l’organisation communautaire ouest-africaine. À l’opposé de l’Imam Dicko, qui a revu sa position du jeudi, la jeunesse du M5, fer de lance de la contestation, qui fait endosser au président IBK la responsabilité des tueries des 10, 11 et 12 juillet dernier, après son assemblée générale de ce 26 juillet, reste ferme : « IBK ne peut plus diriger un pays dont il livre les enfants à la boucherie de ses forces antiterroristes ».
Cette position est contraire à celle rendue publique par l’Imam Dicko, le samedi dernier sur une radio de la place. En effet, sans trahir le Mouvement M5-RFP, Mahmoud Dicko dit désormais que le départ d’IBK n’est plus d’actualité. Pour sortir véritablement de la crise, l’Imam Dicko demande « la dissolution de l’Assemblée nationale, ou une résolution du problème du parlement par rapport aux députés contestés, et le départ sans condition du Premier ministre Boubou Cissé avec la formation d’un gouvernement d’union nationale ».
Cette position de l’Imam Dicko en tant qu’autorité morale du M5-RFP si elle n’a pas encore été commentée par les acteurs de la contestation risque de porter un coup à cohésion et à l’efficacité du mouvement qui promet de bloquer à nouveau le pays après la fête de la Tabaski. Malgré tout, faut-il minimiser la force du M5 et faire l’impasse sur ses revendications ? Cette alternative serait suicidaire dans un pays déjà menacé par l’insécurité liée au banditisme dans les grandes villes et le terrorisme au centre. En effet, un mouvement qui bloque la formation du Gouvernement pendant plus de 40 jours n’est pas à minimiser. Pour ceux qui s’amusent à alimenter le débat sur question de la représentativité du M5-RFP qui se présente comme  »le peuple », qu’ils se détrompent rapidement. Jamais dans un pays, tout le peuple ne s’est mobilisé ensemble pour exprimer un vœu.
Au Mali ici, la loi fondamentale qu’est la constitution du 25 février 1992 a été adoptée avec moins de 43% des électeurs inscrits. Comme pour dire avec Sambou Sissoko que c’est une partie du peuple qui a toujours décidé dans ce pays au nom du peuple et non le peuple en entier. Aussi, l’avant-projet de cette constitution n’a pas été rédigé par tout le peuple et ce n’est pas tout le peuple qui a pris part à la conférence nationale. Également, ce n’est pas tout le peuple qui a pris part aux événements douloureux de Mars 1991. Autant dire que le concept ‘’peuple’’ est toujours un débat philosophique qui reste à l’état idée.

Par Sidi DAO




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