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mercredi 22 novembre 2017
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Croissance démographique: la maitrise de la population à l’aune des politiques

Situé à 212 km de Bamako, le village de Sénou, cercle de Dioïla, a accueilli, le mardi dernier, les activités commémoratives de la journée mondiale de la population célébrée tous les 11 juillet depuis 1989. Notre pays a retenu cette année le thème : « La planification familiale (PF) : un moyen pour autonomiser les personnes et développer les nations » pour stimuler l’utilisation massive de la planification familiale auprès des ménages.

Le ministre Adama Tiémoko DIARRA, en charge de l’Aménagement du territoire et de la population, s’est rendu à Sénou, une localité située dans la commune rurale de Kémékafo pour les festivités de la Journée mondiale de la population. Il était accompagné des ministres, TRAORE Oumou TOURE de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille ; de Mme KEITA Aïda M’BO de l’Environnement et de l’assainissement et de Assétou Foune SAMAKE de l’Enseignement supérieur.
La délégation était en outre composée des élus de la nation de la localité, des services de l’administration, des partenaires techniques financiers ainsi que des acteurs de la société civile évoluant dans le domaine.

Journée mémorable à Sénou
Placée cette année sous le signe de « L’autonomisation des populations et du développement, à travers la promotion du bien-être familiale », la Journée mondiale de la population est l’occasion pour les décideurs de mesurer l’atteinte des indicateurs pour l’épanouissement de la population, de réfléchir sur les programmes de développement au profit de la population, d’évoquer et de discuter les difficultés et les contraintes auxquelles les populations sont confrontées, entre autres.
Au Mali, l’édition 2017 célébrée dans le village de Sénou, a drainé toutes les communautés du cercle de Dioïla qui ont réservé un accueil mémorable à la délégation ministérielle avec des chants et danses du terroir. Tout a été soigneusement préparé pour rendre cette journée des plus belles, car accueillir 4 ministres de la république le même jour n’est pas fréquent.
Le chef de village et le maire de Sénou, après le bain de foule, ont souhaité, à la place publique du village, la bienvenue aux différentes personnalités. Ils se sont réjouis de la décision des autorités de choisir le village de Sénou d’abriter cet événement.
M. le maire a informé également que les femmes de la commune de Kémékafo sont engagées à l’utilisation de la planification familiale. Avec une population estimée à 30 849 habitants, selon une enquête démographique de 2016, la commune rurale de Kémékafo a enregistré un indice de fécondité qui a faiblement diminué, cette année. Il a témoigné que de 7,6 enfants par femme en 1987, ce taux est passé à 6,7 en 2009.
De son côté, le médecin-chef du centre de santé de Sénou, Moussa BAGAYOKO, a enrichi les propos du maire. Il a indiqué que grâce aux efforts des acteurs, la prévalence contraceptive dans la commune de Kémékafo est passée de 5,41 % en 2008 à 28,13 % en 2016. L’incidence de l’augmentation de cette prévalence a contribué considérablement à réduire le nombre de décès maternel, a attesté M. BAGAYOKO. Ainsi, a-t-il témoigné, de 2008 à 2016, le nombre de décès maternel est passé d’une moyenne annuelle de 16 à 5 cas. Au même moment, ce taux, qui était de 2,31 %, est passé à 24,11 % pour le village de Sénou.

Un Taux de fécondité élevé en dépit des investissements
Pour sa part, la représentante résidente de l’UNFPA au Mali, Josiane YAGUIBO a souligné que le thème de cette édition est évocateur parce qu’il doit-il nous permettre de comprendre le rôle central de la planification familiale dans le développement des nations en particulier celles en voie de transition démographique comme notre pays.
« La planification familiale contribue également à l’autonomisation de la femme, car elle lui permet, au-delà des possibilités de choisir quant avoir un enfant, de mieux gérer son temps et de pouvoir profiter des opportunités économiques offertes par son environnement », a-t-elle relevé.
Elle a cependant indiqué que notre pays a beaucoup investi dans le domaine de la santé de la reproduction et de la Planification familiale (PF). En dépit de ces investissements, le taux de fécondité des femmes restent élevé, car une femme malienne a en moyenne 6 enfants. La région de Koulikoro qui a abrité cette journée, à travers la commune de Kémékafo, est parmi les régions qui enregistrent les plus de forts taux de fécondité au Mali. Dans cette région, Josiane YAGUIBO a fait savoir qu’une femme a en moyenne 8 enfants.
Toutefois, est-elle convaincue que ‘’nous réduirons la mortalité maternelle et infantile si nous facilitons l’accès des femmes et filles aux services de la PF’’. Aussi, en plus de la maîtrise la croissance démographique en fonction des dépenses, la représentante de l’UNFPA Mali a souligné que la PF constitue un levier important pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).

La PF, un moyen de réduction de la mortalité
Le ministre DIARRA a soutenu, à son tour, que la baisse parallèle de la mortalité et de la fécondité facilite, à ne pas en douter, à l’atteinte du dividende démographique, c’est-à-dire, à l’accélération de la croissance économique résultant de l’évolution de la pyramide des âges de la population. Il est aussi d’avis que la FP peut contribuer à améliorer la santé de la femme et de l’enfant, ainsi que le statut de la femme.
« L’amélioration de la santé, à lui seul, est un argument suffisant pour intervenir sur la fécondité et la population. Il faut donc assurer la survie des enfants, surtout avant l’âge de 05 ans, en espaçant les naissances », a-t-il conseillé avant d’indiquer qu’on pourrait éviter plus de 900 000 décès infantiles cumulés d’ici à 2025, rien qu’en augmentant l’utilisation de la contraception.
Ensuite, a-t-il signalé que notre sous-région est caractérisée par une baisse de la mortalité infantile tandis que les taux de fécondité restent les plus élevés au monde. Ainsi, le Sahel risque de ne pas tirer profit du dividende démographique si ces pays ne s’engageaient pas, résolument, sur la voie de la baisse de la fécondité dans un avenir proche.
La célébration de cette Journée a été marquée par des animations folkloriques, de sketch de sensibilisation sur la PF, la remise de cadeaux aux meilleurs élèves du village et la visite des locaux du centre de santé de la localité.

Par Sikou BAH




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