De la migration à la diaspora: ce que propose le CERM

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Le Centre d’Études et de Réflexion au Mali (CERM) a organisé le samedi dernier, à la Maison de partenariat, une conférence-débat sur les problématiques de la migration et celle de la diaspora. Ladite conférence était animée par le Pr Naffet Keita, anthropologue et chercheur universitaire, en présence de M. Abdoulaye Diop, Secrétaire General du CERM, et des nombreux acteurs en faveur de la lutte contre la migration clandestine.

« De la migration à la diaspora, quelle politique ? », tel était le thème de cette conférence qui a suscité des débats houleux entre conférencier et participants. Ladite conférences-débat a pour objectif de faire émerger des propositions, recommandations et alternatives favorisant une synergie d’action entre tous les acteurs pour permettre une vue d’ensemble des problématiques de la migration de la diaspora et des voie d’innovation et surtout de dégager pistes de solutions visant à concilier les attente de la diaspora, tout en insistant sur les opportunités d’une migration digne de ce nom.
D’entrée de jeu, le conférencier a peint la situation générale de la diaspora sur les cinq continents du monde. Il a expliqué que la diaspora constitue, dans les pays d’accueil, des communautés repliées sur elles-mêmes, qui ne fréquentent plus leurs compatriotes présentes dans d’autres pays. Selon lui, toutes les migrations n’aboutissent pas forcément à la constitution de diaspora, même quand elles ont une forte pratique de transnationalisme. Il a, par ailleurs soutenu que la diaspora est considérée par le Mali et ses partenaires au développement comme un potentiel acteur de développement.
Ainsi, M. Keita n’a pas tari d’éloges pour rappeler l’influence de la diaspora malienne sur leur pays d’origine, malgré qu’ils soient très rattachés à leur pays d’accueil.
« Les Maliens de la diapra contribuent à la réalisation des services sociaux de base comme les écoles, les centres de santé, l’accès à l’eau potable. Les Maliens de la diaspora contribuent à la dotation des populations de leur contrée d’origine en denrées alimentaires, en cas de crise alimentaire », s’est-il réjoui. Il a cependant déploré que malgré la place centrale qu’occupe la migration dans les débats politiques entre le Mali et les pays européens, qu’on dispose de très peu d’informations statiques fiables sur le phénomène, d’où l’idée de cette conférence-débat qui visait spécifiquement d’explorer les liens entre migration, espace transitionnel et diaspora, mais aussi d’engager la réflexion sur les trajectoires migratoires, en vue de permettre une fluidité interactive entre les migrants et les sociétés de base.
Pendant deux heures, conférenciers et participants ont donné des éclairages sur la diaspora malienne à partir de la documentation des itinéraires transnationaux qui s’y dessinent. Les frontières sociales, économiques identitaires et politiques qui sont entre les pays d’origine et les pays d’accueil ont été aussi largement débattues par les participants et le conférencier. Les conditions déplorables dans lesquelles vivent les Maliens, dans les pays de transit comme la Libye, ont été l’objet de débats houleux. Un participant a ainsi pointé d’un doigt accusateur le ministre des Maliens de l’extérieur, qui selon lui, reste de marbre à propos des mille prisonniers maliens qui souffrent dans une prison de ce pays de transit.
Quant au secrétaire général de CERM, il a invité les plus hautes autorités à être vigilantes, sur le drame de la migration qui est aujourd’hui une tragédie humanitaire visant particulièrement les pays en voie de développement, dont le nôtre.
« Le CERM a un rôle de catalyseur et reste de veille pour alerter les décideurs en vue d’apporter des solutions à ce fléau dit de la migration clandestine », a-t-il dit.

Par Christelle KONE

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