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dimanche 19 novembre 2017
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Déclaration de politique générale: ça passe haut la main

La Déclaration de politique générale du gouvernement a été adoptée par la majorité écrasante des députés, hier jeudi, sous la présidence de l’honorable Issiaka SIDIBE, à l’issue d’un débat de 6 heures d’horloge. Par cette adoption, l’Assemblée nationale renvoie ainsi le Premier ministre à l’exercice de ses fonctions pour conduire les actions du gouvernement.

Après la présentation de sa DPG le lundi dernier, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa MAIGA était face aux députés hier conformément à l’article 78 de la constitution du 25 février 1992 pour défendre ledit document de politique devant les élus ainsi que sa pertinence de prendre en compte les préoccupations de la population.

Les préoccupations des élus
Déclinant les priorités du gouvernement pour le reste du quinquennat du président IBK, la déclaration de politique générale forte de ses 4 axes d’intervention sur 33 pages n’a pas échappé aux critiques et suggestions des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale.
Ainsi, les préoccupations soulevées par des députés se rapportaient, entre autres, à la mise en place et l’opérationnalisation du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) dans les régions du nord ; la situation des Maliens de l’extérieur, l’envoi de la mission de bons offices dans les zones de la Boucle du Niger, dans le Delta intérieur du Niger et à Kidal avant le 30 juin prochain ; le déploiement de l’administration dans le nord du pays ; la création d’une force du G5 Sahel et de sa collaboration avec les autres forces, l’insécurité de façon générale.

Griefs de l’opposition
Le Premier ministre a été en outre interpellé par les élus de la nation sur la problématique de l’accès de la population à l’eau potable, à la santé et à l’électricité ainsi que la réalisation de certaines infrastructures routières promises par les différents gouvernements successifs.
Au-delà de ces préoccupations, les députés de l’opposition reprochent à la DPG son silence sur le référendum du 9 juillet prochain et les conflits intercommunautaires. Pour les groupes parlementaires de l’opposition, ce silence n’est admissible.
Toujours à la charge du PM, l’opposition, à travers l’honorable Kalilou OUATTARA, élu de la commune III, déclare son pessimisme quant à la réussite du Premier ministre des missions à lui confiées. Selon lui, le Premier ministre ne réussira pas sa mission, non pas parce qu’il n’a pas la capacité, mais parce qu’il y a beaucoup d’obstacles.
« Le Premier ministre ne réussira pas parce qu’il y a des postes ministériels de complaisance et des ministères de trop », a déclaré l’honorable Kalilou OUATTARA qui s’inquiète de la mise en œuvre l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. À son avis, l’application intégrale de cet accord fait appel à une partition de notre pays.

Réaction du PM
En réponse aux préoccupations soulevées, le Premier ministre a d’emblée reconnu que la situation sécuritaire dans notre pays est extrêmement grave en raison de perte en vies humaines, mais aussi en raison de la privation des populations à des services sociaux de base. A cause de cette situation, confirme-t-il, l’arrêt de certains chantiers de réalisation de services sociaux de base et d’infrastructures routières. En guise d’exemple, cite-t-il, le retard dans la réalisation de l’axe Niono-Goma-Koura et celui de Bandiagara-Bourem.
Abordant le volet d’insécurité qui a attiré l’attention de presque de tous les intervenants, le Premier ministre a rassuré l’Assemblée nationale des dispositifs en cours en vue de renforcer les stratégies qui existent déjà. Ainsi, a-t-il annoncé, dès le mois prochain, le déploiement d’une unité de sécurité dans les régions de Mopti et de Ségou, de plus en plus ciblées par des attaques des groupes terroristes et des bandits armés. La mission de cette unité est de circonscrire ces attaques et de protéger les populations et leurs biens.
Il a informé que l’ensemble des pays du G5 Sahel attendent que le Conseil de sécurité donne son quitus au déploiement de cette force.
« La Force du G5 Sahel va être déployée sur nos territoires respectifs contre le terrorisme dès que son déploiement sera autorisé par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Cette autorisation consiste à donner un mandat clair à ladite force afin de couvrir les éléments de la force. Dans l’accomplissement de ses missions, la force G5 travaillera avec la MINUSMA et l’opération Barkhane », a fait remarquer Abdoulaye Idrissa MAIGA.
Cependant, le Chef du gouvernement, à l’image de beaucoup de Maliens, dit ne pas ressentir le renforcement du mandat de la MINUSMA sur le terrain au regard de la recrudescence des attaques et de la violence sur notre territoire.
En réagissant au reproche à lui fait par l’opposition sur le silence de sa DGP sur la révision constitutionnelle, le Premier ministre a répondu qu’après le vote du texte par l’Assemblée nationale, il n’avait pas jugé utile d’en parler. Selon lui, le plus important aujourd’hui c’est l’appropriation des acteurs du contenu du texte révisé de la constitution et de l’expliquer ensuite aux populations. Pour ce qui est du référendum prévu le 9 juillet, Abdoulaye Idrissa MAIGA a indiqué que son équipe travaille afin que ce processus puisse se dérouler sur l’ensemble du territoire national. Aussi, a-t-il rassuré, que des mesures sont prises pour sécuriser le processus.

Sens des votes
À l’issue de ces 6 heures de débat, l’écrasante majorité des députés, essentiellement ceux de la majorité présidentielle, a voté en faveur de l’adoption de cette déclaration de politique générale du gouvernement. Comme l’on pouvait s’y attendre, l’opposition a rejeté le texte.
Selon un responsable de l’opposition, cette DGP est sans doute le 3e mirage du régime parce qu’à l’analyse, le document est totalement en déphasage avec les réalités quotidiennes de la population comme la cherté de la vie. Aussi, il s’agit seulement d’un catalogue de bonnes intentions. En effet, les 4 axes de la DPG ne donnent pas de solution aux préoccupations ultimes de la population. De même, les 6000 milliards de FCFA consentis par le gouvernement pour le bien-être des populations ne sont pas retracés dans la DPG, a décrié l’opposition. Elle a tout de même déploré la légèreté avec laquelle le gouvernement est en train de traiter le problème d’insécurité dans le pays. Ensuite, l’opposition reproche à la DPG de ne pas être explicite sur les conditions de notre armée après le vote de nombreuses mesures en sa faveur.
A contrario, la majorité parlementaire, qui a voté en faveur de la DPG, estime que le document prend presque toutes les préoccupations de la population. Chaque Malienne et Malien se trouve dans les 4 axes de priorités développés par le Premier ministre dans son document, s’est réjoui un député. Selon la majorité, on ne peut avoir un document aussi clair, explicite en termes d’actions et mesures pour la prise en charge des préoccupations de la population. C’est pourquoi elle a appelé à voter pour l’adoption de la DPG du Premier ministre, Abdoulaye Idrissa MAIGA en vue de l’envoyer à l’exercice de ses fonctions, pour le bonheur des Maliens.

Par Sikou BAH




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