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samedi 24 octobre 2020
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Décryptage: l’équation Mahmoud Dicko.

1ère partie : Est-il politique ?

L’Imam Mahmoud Dicko a une philosophie religieuse qui ne souffre d’aucun complexe avec l’Islam politique.

L’Islam est politique. Tout leader musulman l’est dans la mesure si le Prophète PSL qui est notre référence, était un Homme d’État, un leader donc un Politique, cela confère à tout leader dans ce référencement le titre de politique, pas forcément le titre politicien.

La République est cependant claire. Elle est laïque. Cette valeur républicaine est elle-même un héritage de la colonisation. L’Islam est aussi claire, nous devons respecter les lois de l’État dans lequel nous sommes. Mais sommes musulmans avant d’être républicains ? Si la démocratie est la règle de la majorité, devrions nous souffrir du complexe de la supériorité numérique des musulmans ? Voilà des questionnements qui en appellent à d’autres.

La question qu’on devrait se poser, sommes nous foncièrement attachés à l’Islam ou à la République ? Avons nous des velléités à tendre vers cette République islamique enfin ? Si on doit faire un référendum entre l’»islamicité» du Mali ou sa laïcité, laquelle triomphera?

Nous sommes dans presque un dilemme.

Revenons à l’Imam Dicko. Il est situé dans la catégorie des Wahabites. Cette catégorie de musulmans est rigoureuse dans l’application stricte de l’islam dans toute sa quintessence. C’est une islam qui refuse de s’adapter. Il faut s’adapter à elle. Cette catégorie est plus proche de l’application exacte du modèle de vie à tous les niveaux du Prophète PSL.

L’Imam Dicko fut durant sa présidence un guide spirituel qui défendait vaille que vaille contre toute tentative d’altération des principes et valeurs islamiques. On se souvient alors du code de la famille. On se souvient tout récemment de l’insertion présumée de l’apprentissage de l’homosexualité dans les livres scolaires.

Cette crise mélangée aux problèmes sécuritaires et sociaux ont provoqué une marche monstre avec à la tête Dicko. Ce qui provoqua la chute de SBM. Dans cette posture, Dicko jouait le rôle d’un garant moral. Son rôle joué dans la défense de l’islam au niveau politique ressemble à un Ayatollah de la branche du chiisme. L’Islam ne dit elle pas que face à l’injustice, tout musulman a le devoir de la réparer soit par le geste ou par la langue?.

Lorsqu’il quitta la tête du Haut Conseil Islamique, Dicko n’avait plus une fonction institutionnelle qui pouvait justifier ses prises de positions selon certains. Donc il fallait sous la couverture de ses amis créer une structure. Mais ce que les observateurs avisés oublient, Dicko est devenu une structure institutionnelle depuis à lui seul. Ne serait ce que son titre d’Imam, cela suffirait à lui donner beaucoup de champs de manœuvre.

Nous devons accepter que Dicko est un guide religieux et un politique. Cela n’a rien d’anti constitutionnel. Il n’a pas besoin d’être dans un parti politique pour affirmer son leadership politique. Cela lui nuirait d’ailleurs car il occupe facilement un terrain où les politiciens n’ont plus de crédibilité.

Dicko, sur la voie du Prophète PSL, semble combattre l’injustice, la corruption, la mauvaise gouvernance, la cupidité et tous les vices de la République engendrés par nos dirigeants. Dicko est un intellectuel qui sait comment se comporter face à des politiques et autorités qu’il connait très bien. Dicko a vu des brèches et il tente de les exploiter pour faire d’une pierre deux coups à savoir assainir et moraliser la vie publique mais aussi devenir un Incontournable et une alternative politique.

2e Partie : Parviendra-t-il à ses fins?

La première partie a mis en relief la capacité d’agir en politique de Dicko. Il a qualité pour. Il ne sert à rien de lui dénier cette qualité qui est une régression dans la saine appréciation des réalités du moment.

Ceci étant dit. Pour savoir si Dicko arrivera à atteindre ses objectifs, il faut pour cela les connaître d’abord.

Pour les connaître, n’étant pas dans le subconscient du Guide, nous ne pouvons prospérer qu’avec des hypothèses. Beaucoup de questionnements ressortent pour détecter les intentions réelles du Guide.

Tentons donc.

1. Dicko veut-il diriger le Mali? Pourquoi et comment?

2. Dicko fait-il le combat par procuration pour voir un protégé ou un mentor sournois au pouvoir?

3. Dicko veut-il comme finalité la charia au Mali, à travers un Mali Islamique?

4. Dicko mène-t-il un combat personnel par rancune envers un ami malveillant ?

Voilà les 4 grandes hypothèses qui ressortent des débats des plus avisés aux débats des plus profanes.

Nous devons traiter chaque hypothèse pour faire ressortir les éléments d’orientations et de compréhensionsDans l’hypothèse que Dicko veuille diriger le Mali.

Mahmoud Dicko de par sa philosophie religieuse et politique est un homme de conviction profonde et de moins compromission. Dicko est un homme sachant, un érudit qui sait comment le Prophète fut l’un des hommes d’État les plus influents de l’humanité.

Dicko a été un faiseur de rois. Il s’est tissé une réputation dans ce sens en 2013. Grâce à ses combats gagnés contre le Code de la famille et le Gouvernement SBM, l’appétit peut venir en mangeant. S’il faut des philosophes rois, pourquoi il n’y aurait pas des religieux rois?

Diriger le Mali, c’est pour Dicko le meilleur moyen de combattre les tares de la République. Il sait que les hommes politiques ne sont plus crédibles.

Les discours que Dicko tient ont un caractère purement politique. Il critique et propose des solutions. C’est un projet de société, une vision qu’il édifie. Les prémisses d’une campagne avant l’heure. Il prend fait et cause pour les enseignants. Il propose de réduire le train de vie de l’État. Les ultimatums qu’il donne, même Mariko le fait. Ce sont des ultimatums que même les syndicats donnent sous peine d’appliquer un acte de droit. Dicko peut faire quoi si ce n’est de faire sortir ses partisans pour marcher. C’est un droit constitutionnel. Il n’appelle pas les musulmans, mais toute la population.

S’il veut diriger le Mali, il sait tenir des discours populaires sans être populiste. Une bonne partie de la population (de toutes les couches) adhère à ses discours.

Comment il compte y arriver? Déjà, Dicko semble être stratège. Il sait accélérer quand il faut et ralentir selon son rythme. Son chargé de Communication est dans un rôle. Pourquoi ce dernier qui ne cache pas leurs intentions ne subit pas de désaveu public? S’il est arrivé que Dicko se soit désisté pour les législatives, c’est seulement un changement de stratégie. Il sait apprécier les réalités en jeu même à la dernière minute.

Le rôle de Kaou est d’être le bouffon et le fou du roi. C’est par intermittence la main du roi. Dans une conquête politique, chaque homme politique a ce type de pion.

Ce rôle de Kaou semble être taillé sur mesure pour préparer la conscience populaire. Il sonde pour son mentor sans intention de faire passer les propositions «folles’.

Enfin, Dicko ne cherche pas à être victime. Il n’est pas un opposant aux malices machiavéliques. Sa stratégie consiste à une sorte de maïeutique. Il pousse le Régime à montrer de jour en jour qu’il ne peut plus.

Le But de Dicko s’il veut être président, c’est de précipiter la chute d’un système. La démission d’IBK serait la porte ouverte à une transition constitutionnelle. Mais cela n’arrange personne. Alors, un scénario de vide constitutionnel serait mis en marche pour une transition populaire sans coup d’État, mais où une Assemblée constituante serait la maîtresse du jeu. Dicko serait vu comme le père de cette révolution qui va récolter les fruits de ce combat.

Ce scénario est quasi irréalisable, mais à ne pas écarter.

En conclusion, si Dicko veut diriger le Mali, il s’y donne actuellement les moyens. Mais on peut se tromper.

Et si Dicko ne veut pas diriger le Mali, fait-il le combat par procuration pour voir un protégé ou un mentor sournois au pouvoir?

A suivre

Niaga Diop




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