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mardi 12 novembre 2019
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Défi du renseignement pour la sécurité au Mali: le général Salif promet la réorganisation des services

Le ministre de la Sécurité et de la protection civile, le général Salif TRAORE, répondait, hier jeudi, au nom du gouvernement, aux questions orales de la représentation nationale sur le drame survenu dans le village Sobane Da. Au cours de cet exercice, il a annoncé la mise en place d’un Conseil de sécurité pour faire face au défi de renseignement très capital dans la riposte et surtout dans la prévention des attaques.

« Manque de sincérité de la France », « Mauvais système de renseignement », « Manque de courage politique », « Manque formation des soldats maliens », « Manipulation des communautés », sont entre autres raisons évoquées par des députés qui demandaient, ce jeudi, des comptes à l’État suite à des agressions barbares perpétrées à Sobane Da.

À l’absence du ministre de la Défense et des anciens combattants sur le terrain pour des besoins d’attaques à Sobane Da, celui de la Sécurité et de la protection civile, Salif TREAORE, accompagné de ses collègues de la Communication et de l’Administration territoriale, répondait à l’interpellation des députés.

Les plaintes des députés

Ce lundi 10 juin 2019, ce village Dogo, situé dans la région de Mopti, a perdu des dizaines de personnes, sans compter les pertes matérielles importantes, suite à une attaque.

Selon le président de l’Assemblée nationale, Issiaka SIDIBE, la scène de ces tueries est horrible et traduit la détérioration du climat de confiance entre des communautés. Ce sont des cruautés qui doivent cesser contre les populations, a indiqué l’honorable SIDIBE.

Très furieux et remontés, beaucoup de députés, à l’image de Moussa DIARRA, estiment que la complaisance de l’Etat et la non-sincérité des partenaires du Mali comme la France, la MINUSMA sont à la base de ces tueries dans le centre du pays.

« Ces événements sont dignes des cultures impérialistes. En 7 ans, la MINUSMA a échoué. Et le service de renseignement n’est pas à la hauteur », a résumé le député de la commune IV du district.

Quant à l’honorable Moussa COULIBALY, il se demande si la loi de programmation militaire a servi à quelque chose avec le cortège des morts et des attaques contre la population sans aucune réaction militaire à la hauteur de ces drames. Pour lui, l’achat des avions, des chars, des véhicules n’a pas eu d’effet important sur l’insécurité, en général.

« On a dépensé de l’argent pour former les militaires et les équiper. En contrepartie, il n’y a aucun résultat », a-t-il déploré.

Aussi, c’est bizarre pour le député Bréhima DICKO, le temps mis par les soldats maliens à intervenir après l’attaque du village de Sobane Da alors qu’il est situé à seulement 17 km d’une base militaire. En ce moment, l’État est fortement interpelé. Également, le gouvernement est interpelé, a ajouté Amadou CISSE, parce qu’il n’a pu réunir les moyens de désarmer toutes les milices comme promis. À ce rythme, prévient-il, l’inaction et l’impunité entretenues par le pouvoir risquent de conduire le pays dans une guerre civile.

« Un Rwanda peut arriver au Mali », a déclaré l’honorable Amadou CISSE, membre de l’opposition parlementaire.

Les réponses de Salif TRAORE

Dans ses éléments de réponse, le ministre de la Sécurité a rassuré que l’armée est en train de monter en puissance. Mais compte tenu l’étendue du territoire et de l’effectif des Famas, les soldats ne peuvent pas être dans tous les villages et au même moment, a-t-il déclaré.

« Je vous garantis qu’il y a des résultats malgré les drames qui se sont déroulés sur le territoire national », a réagi le ministre Salif TRAORE aux propos de ceux qui pensent que les soldats agissent en spectateurs. Pour lui, si les forces étaient aussi inefficaces, on ne serait pas à Bamako tranquille. Certes, reconnaît-il, il y a des insuffisances, mais les autorités travaillent à les améliorer au fur et à mesure.

« On ne peut pas, en cinq ans, avoir une armée solide », a soutenu le général TRAORE.

Par ailleurs, pour conforter ses propos, il a rappelé, qu’entre le 1er mars et le 30 mai, les Famas ont réalisé 82 interventions dans les régions du centre du pays sur lesquelles 46 étaient des fausses alertes.

Dans la même veine, il a indiqué qu’après l’attaque d’Ogossagou, ils ont arrêté plus de 30 personnes présumées terroristes, interpelé 50 suspects, saisi 20 PM, 20 fusils de chasse et une dizaine de motos. Quant à Sobane Da, les recherches sont en cours pour déterminer les circonstances réelles. Déjà, a-t-il informé, une douzaine de personnes ont été interpelées et une dizaine d’armes saisies.

Par ailleurs, si le renouvellement du mandat de la MINUSMA est contesté par des députés, la position du gouvernement est sans équivoque. Pour le ministre général, l’État malien est favorable au renouvellement du mandat de la Mission onusienne.

« Encore, on a besoin de l’accompagnement des partenaires pour mener le combat contre le terrorisme et assurer la stabilisation du pays », a affirmé Salif TRAORE.

Abordant le sujet du désarmement de toutes les milices qui tardent à se concrétiser comme promis par le pouvoir central, le ministre de la Sécurité a démenti que l’Etat n’a pas sous-traité la sécurité des Maliens à des milices.

Pour le défi du renseignement, il a annoncé la mise en place d’un Conseil de sécurité qui aura pour mission de réorienter et de réorganiser l’ensemble des structures de renseignement sous un commandement.

Les pistes de solutions de l’honorable DIARRASSOUBA

Pour sa part, l’honorable Mamadou DIARRASSOUBA pense que le contexte exige plus des propositions que des critiques. À cette occasion, il a suggéré 3 pistes de solutions au gouvernement et au président de la république, Ibrahim Boubacar KEITA. Il s’agit, selon lui, la mise en place d’une commission constituée de personnalités influentes du pays qui peuvent intervenir auprès des communautés.

« Il y a des personnalités qui sont très écoutées par les communautés. Nous devons les mettre en mission », a expliqué l’élu de Dioila.

Aussi, il pense que les forces de sécurité doivent rassurer la population et ceux qui leur donnent des informations. Les populations ne doivent pas avoir peur de leur armée.

Enfin, le député Mamadou DIARRASSOUBA a proposé l’adaptation des moyens de lutte et de formation de nos soldats au contexte de la guerre asymétrique que le Mali connaît.

Par Sikou BAH




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