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samedi 27 novembre 2021
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Déficience visuelle ou cécité: plus de 10 000 nouveaux cas par an au Mali

A l’instar de la communauté internationale, notre pays célèbre, ce jeudi 14 octobre 2021, la Journée mondiale de la vue (JMV). L’événement couplé au lancement officiel des activités de la semaine nationale de lutte contre la cécité sera présidée ce matin (jeudi) par le ministre de la Santé et du développement social, sous le thème central «Aimons nos yeux», au CICB, à partir de 9 heures.

L’information a été donnée, ce mercredi 13 octobre 2021, à la faveur d’une conférence de presse animée par le Pr Lamine TRAORÉ, Coordinateur du Programme national de santé oculaire (PNSO), dans les locaux du PNSO à l’ACI 2000.
A travers la célébration de cette journée, il s’agit de contribuer à la réduction de la prévalence des cécités évitables au Mali. Elle vise aussi à faire le plaidoyer auprès des décideurs sur «L’initiative vision 2020 : le droit à la vue» et le concept de santé oculaire universelle ; renforcer l’information et la communication des populations autour de la santé oculaire.
Par ailleurs, il s’agit d’assurer le dépistage et la prise en charge gratuite de certaines pathologies oculaires comme les vices de réfraction, la cataracte et le glaucome.
Dans son exposé liminaire, le Pr Lamine TRAORÉ a rappelé que la journée mondiale de la vue (JMV) est célébrée le deuxième jeudi du mois d’octobre de chaque année sous la coordination de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). De même, a-t-il fait savoir, elle est l’occasion de sensibiliser l’opinion publique au problème de la cécité dans le monde.
Dans son propos, le Pr TRAORE a souligné que l’organisation de cette journée s’inscrit dans le cadre de «L’initiative vision 2020 : le droit à la vue» qui vise à éliminer la cécité évitable provoquée par la pauvreté et le manque d’accès aux soins dans le monde d’ici 2020 et de la «Santé Oculaire Universelle».
Les estimations les plus récentes de l’OMS sur l’ampleur mondiale des déficiences visuelles et leurs causes, confirme, selon le Pr TRAORE, qu’il existe une opportunité majeure de changer la vie de millions de personnes.
Selon l’OMS, 80% de toutes les causes de déficiences visuelles sont évitables ou peuvent être soignées.
Du rapport mondial sur la vision de l’0MS, il ressort qu’en 2019, un total de 2,2 milliards de personnes sont atteintes de déficience visuelle ou de cécité.
Parmi ces cas, plus d’un milliard auraient pu être évités si on avait pu mettre en place de simples services pour la prescription des lunettes, pour la chirurgie de la cataracte, ou même pour le dépistage de la déficience oculaire.
Faisant l’état des lieux au Mali, le Pr Lamine TRAORE a indiqué que la cécité constitue de nos jours un véritable problème de santé publique avec une prévalence estimée à 1,2% (PNLC 2006).
Pour une population de 20 000 000 d’habitants, ceci correspond, selon les estimations du Professeur, à 24 0000 aveugles, dont la moitié serait due à la cataracte ; soit environ 120 000 aveugles.
Chaque année, les services de santé enregistrent plus de 10 000 nouveaux cas de déficience visuelle, voire de cécité au Mali.
Parmi les principales causes de cécité au Mali, le conférencier a cité la cataracte, le glaucome, le trachome, les opacités cornéennes, les vices de rétraction, l’onchocercose.
Selon lui, l’offre de soins oculaires reste très inférieure à la demande.
«On estime entre 15 et 20% la couverture des besoins en soins oculaires. Moins de 10% des vices de réfraction et des cas de glaucome sont correctement pris en charge», a-t-il déclaré.
Toutefois, selon le Pr TRAORE, il y a des progrès qui ont été enregistrés dans notre pays depuis une vingtaine d’années, en termes de la formation des ressources humaines. En effet, si le Mali ne comptait que 15 médecins ophtalmologistes, il y a 20 ans, nous sommes aujourd’hui à plus 86 spécialistes. Aussi, des unités de soins ophtalmologiques existent dans toutes les régions du Mali de Kayes à Mopti.
Déjà, le Mali a atteint le ratio de l’OMS qui est d’un ophtalmologiste pour 250 000 habitants. Seul bémol : on note une mauvaise répartition des médecins ophtalmologistes à travers le pays.
«La plus part de ces ophtalmologues sont concentrés dans les grandes villes, surtout à Bamako», a-t-il déploré.
Pour éviter tout trouble de la vie ou la cécité, le Pr Lamine TRAORE nous conseille de faire une consultation ophtalmologique au moins une fois par an.

Par Abdoulaye OUATTARA




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