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mardi 17 juillet 2018
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Déficit hydrologique 2017- conséquences du dragage: les propositions du conseil national de l’eau

En raison d’une campagne 2017-2018 particulièrement déficitaire, sur le plan hydrologique, il est apparu nécessaire de redynamiser le Conseil national de l’eau (CNE) qui a tenu, vendredi dernier, au ministère de l’Energie et de l’eau, sa première réunion de relance de ses activités.

L’ordre du jour de la réunion portait sur le partage d’informations sur la situation hydrologique de la campagne 2017-2018 dans les bassins du Niger et du Sénégal et les échanges sur l’impact de l’exploitation aurifère par dragage dans les lits des cours d’eau.
Présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Energie et de l’eau, Moussa CISSE, la réunion s’est déroulée en présence des représentants des départements ministériels et acteurs publics et privés concernés par la gestion de l’eau.
Le Directeur national de l’hydraulique (DNH), Yaya Boubacar, a rappelé que le 12 octobre 2017, le ministre de l’Energie et de l’eau, en marge des travaux de la Commission de ‘’déficit des eaux’’ de la retenue de Sélingué et du barrage de Markala (CGESM), suite à la situation de déficit hydrologique enregistré au Mali, au courant de la campagne 2017 2018, a visité le barrage de Sélingué.
Aussi, a-t-il souligné, l’une des recommandations de cette rencontre a été de mettre en place un cadre de concertation pour informer les usagers et décideurs sur cette situation critique.
De même, il a été recommandé la convocation dans le même ordre d’idée, du Conseil national de l’eau (CNE), cadre de concertation créés par la Loi N° 02-006/du 31 janvier 2002 portant Code de l’Eau.
Par ailleurs, a-t-il fait savoir, le CNE a pour missions de donner son avis sur les projets de plan directeur de l’eau et les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux, ainsi que sur les modifications y afférentes ; sur les projets d’aménagement et de répartition des eaux ayant un caractère national ainsi que sur les grands aménagements régionaux ; et sur toutes les questions relatives à l’eau.
La dernière rencontre du Conseil national de l’eau remonte à de nombreuses années. Aussi, en raison des nombreux développements au Mali et de la pression exercée sur les ressources en eau, la nécessité est là de se rencontrer et de discuter de la situation du déficit hydrologique. En effet, la campagne 2017-2018 a été particulièrement déficitaire sur le plan hydrologique.
Ainsi, pour un développement durable du Mali, la redynamisation du CNE, à travers des réunions régulières, est souhaitable pour faire face aux différentes questions relatives à la gestion de l’eau.
La présente rencontre avait pour but de partager avec tous les membres du Conseil national de l’eau la situation actuelle sur la ressource eau pendant cette année de sécheresse ; discuter de l’impact que pourrait avoir cette situation sur chaque acteur jusqu’en juin 2018, date à laquelle les premières grandes pluies sont attendues ; identifier, si possible, ce qui pourrait être fait pour réduire l’impact négatif ou planifier des mesures pour améliorer la situation pour les populations touchées.
La saison des pluies en 2016, a fait savoir le DNH, s’est déjà arrêtée précocement par rapport à la moyenne, notamment vers la fin septembre au lieu de fin octobre. Ce qui, à son avis, signifiait que les systèmes d’eau n’étaient pas complètement rechargés avant la saison des pluies 2017.
Pis, en 2017, la pluie s’est également arrêtée tôt, en fin septembre 2017. En raison de ces 2 années de courtes saisons des pluies, la crue sur le Niger était plus bas que normalement (50 cm, 10% de hauteur total) et passait Bamako, environ un mois plus tôt que normalement (fin octobre au lieu de fin novembre).
Le point d’orgue de la réunion a porté sur les impacts des opérations de dragues sur les cours d’eau qui sont, entre autres, la modification du régime des eaux, entrainant l’étiage précoce et la rupture de l’écoulement ; la pollution des cours d’eau, de la nappe phréatique, et des points d’eau modernes dans les périmètres immédiats et rapprochés ; l’utilisation du mercure et ses risques potentiels sur la santé et l’environnement, etc.
Selon le Secrétaire général du ministère de l’Energie et de l’eau, les images présentées attestent de la gravité des activités du dragage sur les cours d‘eau.
Pour M. CISSE, il y a des textes qui régissent cette activité, malheureusement l’application ne se fait pas : «des permis d’exploitation sont délivrés par plusieurs acteurs non habilités à le faire. Toute chose qui complique la gestion du phénomène de dragage», a-t-il déploré. Avant d’annoncer que le CNE va élaborer une stratégie de communication pour informer davantage les acteurs sur cette pratique qui ne se fait pas dans les règles de l’art.
Il ressort des échanges entre acteurs qu’une mission d’évaluation sur certains sites de dragage a permis d’apprécier le degré de dégradation des cours d’eau par l’utilisation des dragues.
A l’issue de cette mission, il a été recommandé : l’interdiction à titre conservatoire de l’utilisation des dragues vu le déficit hydrique ; la suspension de la délivrance de permis d’exploitation ou de recherche d’or dans les cours d’eau ; la mise en route d’une mission conjointe de contrôle et de déguerpissement de tous les acteurs opérants dans les cours d’eau ; la relecture du Code minier pour interdire la pratique de l’utilisation des dragues dans l’orpaillage et l’utilisation de produits dangereux dans les lits et sur les berges des cours d’eau, etc.
En définitive, le président de séance a précisé que le CNE est un cadre de concertation qui fait le point de la situation et le transmet à qui de droit.

Par Sékou CAMARA




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