Dégradation de l’environnement: les alternatives du mouvement Vert-Jaune Rouge

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En cette veille de la COP22, le président du Mouvement Vert-Jaune-Rouge, Yagaré Baba DIAKITE, dans une lettre ouverte, en date du 6 novembre, adressée au président de la République et à tous les Maliens conscients des dangers qui menacent notre avenir, celui de notre cher Mali, met le doigt sur les maux qui minent notre environnement et par-delà, notre existence. Le fleuve Niger devenu, tout au long de son parcours, un collecteur naturel de toutes les eaux usées (usines, teintures, déchets des ménages) ; les plastiques qui envahissent nos champs et élevages ; la coupe abusive du bois qui emporte les dernières ceintures vertes autour de nos villes et campagnes, etc. Face à cette préoccupation récurrente, M. DIAKITE n’a pas fait que dénoncer, mais il propose également à nos autorités des alternatives dont la mise en œuvre fait appel à l’autorité de l’État et à l’esprit citoyen de tous les fils du pays.

Le hasard ne fait plus le monde, dit-on. Le Mouvement Vert-Jaune-Rouge s’étonne aujourd’hui que malgré les avancées de la science et de la technologie, le Mali, pays sahélo-Saharien, est encore cramponné au bois de chauffe comme principale source d’énergie.
Selon le responsable du Mouvement Vert-jaune-rouge, Yagaré Baba Diakité, notre environnement devait être la prunelle de nos yeux. Malheureusement, malgré le fait que le Gouvernement actuel, sous la responsabilité du Premier ministre Modibo Keita, comporte en son sein quatre anciens ministres de l’environnement, la problématique de l’assainissement de notre cadre de vie et de la préservation de l’environnement, semble être son dernier souci.
En effet, en plus de Mme Keita Aïda Mbo, actuelle ministre de l’Environnement et épouse de Nakouma Keita, lui-même ancien ministre de l’Environnement, l’on peut citer au sein de ce gouvernement, les ministres Mohamed Ag Erlaf, Tiémoko Sangaré, Abdoulaye Idrissa Maïga et Ousmane Koné, qui ont tous eu l’opportunité de diriger le ministère de l’Environnement.

« Nous le disons, parce que nous estimons que les questions d’environnement devraient bénéficier d’un traitement spécial dans le gouvernement malien actuel, parce que bénéficiant du plus grand nombre de ministres. Mais hélas, ils nous donnent l’impression qu’ils n’ont été que des ministres en charge de l’environnement, sans une véritable âme militante pour l’environnement », dénonce M. Diakité.

Tirer profit de la science et la technologie
Il est temps, selon le président Diakité, de prendre des mesures urgentes pour préserver le maigre couvert végétal de notre pays, afin de ralentir l’avancée galopante du désert, synonyme de sécheresse.
La science et la technologie offrent de multiples solutions pour mettre le Mali à l’abri d’un drame qui se dessine, a-t-il indiqué. Il invite les nos autorités et le président de la république en première ligne, à mettre à la disposition de notre peuple cette technologie.
« Comment comprendre que le Mali, avec son soleil qui brille sur les 365 ou 366 jours de l’année, n’ait pas encore songé à faire du solaire sa première source d’énergie ? Comment comprendre que le Mali, pays au 2/3 désertique, continue de faire de l’usage du gaz butane un privilège réservé à une infime partie de sa population ? Comment comprendre que dans un pays sahélien comme le Mali, de nombreuses boulangeries continuent à fonctionner grâce au bois prélevé dans nos forêts qui disparaissent jour à jour sous nos regards impuissants ? », s’est-il interrogé.
Selon lui, il n’y a aucune politique de vulgarisation de l’usage du gaz butane qui pourrait aider le Mali à sauver des milliers d’hectares de forêt des brasiers de nos foyers. Le constat, dit-il, est que la solution alternative à l’usage du bois de chauffe tarde à voir le jour dans notre pays et cela risque d’installer le pays dans un drame irréversible.

Défi de la gestion quotidienne des déchets
C’est un secret de polichinelle de rappeler que Bamako et les grandes villes du pays sont confrontées à la gestion quotidienne des déchets solides et liquides, soutient-il. Les dépôts de transit d’ordures dans les communes de Bamako ont vite fait de devenir des dépôts définitifs, explique-t-il.
Aussi, la capacité du dépôt d’ordures de Noumoubougou, dont les travaux de réalisation peinent à prendre fin, depuis des années, est-elle déjà dépassée avant son entrée en service.
À titre d’exemple, la montagne d’ordures de Lafiabougou ne cesse de narguer les pouvoirs publics incapables d’assurer un cadre de vie assaini à leurs populations.
« Ozone Mali, comme une solution tirée du chapeau d’un magicien par les autorités du District pour assainir Bamako, est aujourd’hui à bout de souffle. Ce n’est pas exagéré de dire aujourd’hui que Bamako, la capitale du Mali croule sous le poids de ses ordures », regrette-t-il.
La mauvaise solution trouvée par les spécialistes du ministère de l’Environnement, c’est d’aller déposer toutes les ordures de Bamako dans la forêt classée du Mandé, selon M. Diakité. Quel gâchis ?

Péril sur le fleuve Niger
Que dire du cas des déchets des liquides ? En effet, le fleuve Niger, déjà suffisamment menacé par le phénomène de l’ensablement, est malheureusement la destination première de tous les déchets liquides produits dans toutes les villes et villages, le long de son parcours, dénonce-t-il.
« Ce fleuve, qui devait être au centre de toutes nos préoccupations, est aujourd’hui devenu le grand collecteur naturel recevant toutes les eaux usées de nombreuses teintureries de bazin et les offrandes de tous genres de nos illustres charlatans. Plus que tout, le fleuve Niger souffre énormément du fait des usines qui y déversent, sans un traitement préalable, leurs eaux usées », martèle le président du Mouvement Vert-jaune-rouge dans sa lettre au président de la république.
Selon le responsable associatif, le Mali reste pratiquement le seul pays où il n’est pas rare de voir des gens vider les égouts de leur toilette dans la rue à la moindre goutte de pluie, quand ils n’y vident pas carrément leurs poubelles.
« Nous pensons qu’il faille ré-instituer la police de l’hygiène publique qu’on appelait communément, le service d’hygiène, afin d’imposer le respect de certaines règles à nos concitoyens récalcitrants qui ne veulent pas comprendre que vivre en société à un minimum d’exigence », propose-t-il.

Les déchets plastiques
Selon Yagaré Baba Diakité, les Maliens avaient applaudi en janvier 2012, l’adoption de la loi portant interdiction de la production, de l’importation, de la détention, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets plastiques non biodégradables. Il est plus que jamais nécessaire d’appliquer, dans sa dernière rigueur, cette loi, au regard de chiffres inquiétants.
Au Mali, on estime à 3 % la part du plastique dans la composition des déchets. Pire, sur 17.089 tonnes de plastique produites ou importées, seulement 1.355 à 1.720 tonnes sont recyclées, a déploré le président du Mouvement.
En plus de porter un coût dur à l’élevage, parce que constituant un véritable poison pour les animaux qui les avalent, les déchets plastiques occupent, de façon malpropre, des étendues de paysages à l’entrée et la sortie de toutes les grandes villes du pays, quand les rues et ruelles ne sont pas prises d’assaut.
Le président du Mouvement Vert-jaune-rouge, profite de ces moments de COP22 pour inviter les décideurs publics à prendre des dispositions urgentes en vue de la mise en œuvre de notre politique nationale de l’environnement.
Il s’agit, dit-il, d’une urgence et obligation nationales afin de pouvoir transmettre aux générations futures, un Mali qui garde au moins sa vocation agro-sylvo-pastorale.

Par Sidi Dao

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