Démission au RPM: problème d’éthique ou de gouvernance ?

Dans les démocraties, nées sous les tropiques, il n’est pas rare de voir des leaders politiques, élus ou parachutés, changer de veste sans aucun scrupule. Dans une métaphore très colorée, le phénomène a été désigné par un euphémisme tout aussi imagé : la transhumance politique.
La transhumance politique est devenue, dans notre pays, depuis le temps du « ministre-citoyen », le seul domaine d’expertise où excellent hélas beaucoup de nos respectables politiques. Les plus vertueux sont à leur seconde famille politique ; les plus agiles ayant plus d’étoiles que les généraux les plus gradés.

Une bourse de valeur a toujours existé dans le landerneau politique ; les députés, fussent-ils honorables, n’échappent pas à la dure loi de l’offre et de la demande… pour peu qu’ils aient de l’appétit. La politique du tube digestif quoi, comme aimait le dire le Coppo, au bon vieux temps !
Mais les temps changent. Prêtons aux partants, le bénéfice d’une saisonnière probité et conviction.
Dès lors, y a-t-il à chercher des noises sur la tête d’honorables politiciens qui laissent en rade leurs électeurs et mandants (même si tout mandat impératif est nul) pour aller brouter dans des prairies plus verdoyantes, pour reprendre l’heureuse expression du président lors de la deuxième conférence nationale de son parti ? Qu’ils aillent ! Qu’est-ce que cela change-t-il à la donne ?
La démission des quatre députés, enregistrée dans les rangs du parti apparaît, à cette aune, beaucoup plus comme une tempête dans un verre qu’une ébullition au sein du parti majoritaire au pouvoir.
Le Rassemblement pour le Mali a un parcours, un vécu et une responsabilité historique.
Comment hier, le RPM qui, dans l’opposition, a survécu au plan de démantèlement les plus démoniaques, va-t-il se laisser attendrir par le départ d’un quarteron d’élus de groupe parlementaire, toujours hyper-majoritaire avec ses alliés à l’Assemblée nationale ?
Les manœuvres puériles et les mésalliances circonstancielles pourraient difficilement prospérer face à une majorité présidentielle qui s’estime en devoir de sonner la fin de la récréation.
Avec tout le respect dû aux arguties alignées par les honorables transhumants, il sied de rappeler que les vrais militants du Rpm, ceux qui ont fondé ce parti, ceux qui ont adhéré aux idéaux de ce parti et ceux qui ont partagé le projet de ce parti, ne démissionnent pas.
Parce que pour le militant du Rassemblement pour le Mali, ‘‘Faire la politique autrement’’, c’est, pour lui, « faire la politique -art et moyen du changement social- et non nous complaire dans la politique politicienne, laquelle n’est porteuse d’aucune valeur éthique ou morale, mais n’a souci que d’accomplissement personnel, individuel, et ce quels qu’en soient le prix ou les moyens.
Non, pour le RPM, la politique n’a de sens que lorsqu’elle envisage le sort de l’ensemble national, du destin national » (discours du président IBK à l’occasion du 9e anniversaire du parti).

Face aux velléités les plus sordides et aux tentatives de falsification de la vérité, le peuple du Tisserand, conscient de sa mission historique, est plus que jamais serein et resserré autour de ses valeurs fondatrices.
Le Rassemblement pour le Mali a fait le choix d’un parti de masse, ouvert sur la société malienne et représentatif de ses diversités sociales, culturelles et linguistiques. L’action politique, dans un tel parti, est dirigée par des équipes d’hommes et de femmes liées par la fraternité, la camaraderie, et la convivialité. Les chefs des équipes sont nécessairement des rassembleurs, des meneurs d’hommes et constituent des éléments d’équilibre qui incarnent, en premier lieu, les valeurs de base et les principes organisationnels du projet. Ce qui n’est point le cas de responsables et de cadres, rejetés par leurs bases, qui tentent d’accabler le parti de tous les péchés d’Israël.
Dans un parti, comme le RPM, ce sont l’idéal de vie en commun, l’éthique politique, les valeurs partagées et les principes organisationnels qui constituent le socle commun contre les pratiques d’exclusion et l’esprit de clan ou de tendance.
Le Rassemblement Pour le Mali (RPM) est conçu comme une équipe d’hommes et de femmes, rassemblés autour d’un chef d’équipe, qui en est le leader politique. Pour la constitution d’une telle équipe, il n’y a et il ne peut y avoir d’exclusion, d’esprit de clan, de groupe ou de tendance.
Au Rpm, ce sont : l’idéal de vie, les objectifs politiques, les valeurs partagées et les principes de travail qui constituent le socle, la plate-forme commune et le cadre de référence pour le projet.
Apparemment, ceux qui n’ont adhéré à ce projet que par situationnisme ne peuvent le comprendre. Normal, le Rpm a choisi sa voie, certes difficile, mais exaltante, et tout le monde ne peut s’y sentir à l’aise.
Alors, pour paraphraser le président IBK, bonne chance aux partants !

El Hadj Sambi TOURÉ

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