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vendredi 23 avril 2021
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La démocratie au péril de ‘’l’acte’’ aux ‘’actes’’

‘’Il n’y a pas de plébiscite pour la force’’, dit-on, quand bien même elle peut et est plébiscitée dans ce pays où la tentation est souvent incompressible de sacrifier les grands principes, les valeurs sur l’autel des intérêts. Depuis ce samedi, le dernier ‘’acte’’ est posé avec la mise en place du dernier organe de la Transition, à savoir le Conseil National de la Transition (CNT). À l’inverse des applaudissements enflammés et endiablés, l’opinion, dans sa frange la plus représentative, a accueilli avec circonspection cette Assemblée législative hybride. Trop de diableries, de déloyautés ont entouré ce CNT ; des modalités de désignation des membres du Conseil National de Transition, à la clé de répartition des membres du Conseil National de Transition, l’élection du Président de l’organe, un officier d’active. Faudrait-il s’en émouvoir ? Non, il n’y a rien de nouveau sous le soleil malien. Depuis le 18 août 2020, c’est à une succession ‘’d’actes’’ qu’assistent les Maliens goguenards ou agacés. Après le coup de force, c’est les passages en force qui réussissent jusque-là plutôt bien. Le Président et le Vice-Président ont été ‘’nommés’’ ; le Premier ministre ‘’nommé’’, enfin le Président du Conseil National de Transition ‘’nommé’’ sous le vernis d’une élection populaire. Et on ne cesse de remettre des pièces dans la machine. Mais, pourquoi ramer quand les vents sont favorables et vous permettent de voguer librement ?
Pourtant, cette escalade de dérives organisées ressemble à une navigation dans la purée de pois. Avec des méthodes qui nourrissent les spéculations, les illusions de la Terre promise s’éloignent et se noient dans un océan de désespoir. N’est-on pas d’ailleurs en train de liquider pour le pire les opportunités de remise en selle d’un pays sans cap ni tempo, malmené par les crises interminables.
Chercher le compromis n’est nullement synonyme de compromission. La quête du compromis, c’est juste se plier à la Charte de la Transition, en son article 1er : Article 1er : ‘’outre les valeurs affirmées par la Constitution du 25 février 1992 en son préambule, la présente Charte consacre les valeurs et principes suivants pour conduire la Transition : le patriotisme, l’intégrité, la probité et la dignité ; le mérite, le sens de la responsabilité et la redevabilité ; la discipline, le civisme et la citoyenneté ; la fraternité, la tolérance et l’inclusion ; la neutralité, la transparence, la justice et l’impartialité ; le dialogue et l’esprit de consensus ; l’esprit de solidarité, de pardon et de réconciliation’’. Ce, en ce qui est de privilégier ‘’le dialogue et l’esprit de consensus’’. Il est de ce fait souhaitable et nécessaire que le dernier ‘’acte’’ soit le forcing du Conseil National de Transition qui restera longtemps anecdotique dans l’histoire tumultueuse du Mali. Parce que, le constat est d’évidence de la vacuité de la démarche des autorités de la Transition, de l’inefficacité de leur ligne. ‘’Ne point se soumettre à la voix de la raison, alors que pourtant elle nous force d’avouer nos torts, c’est ressembler au coursier indompté refusant d’obéir au frein qui le captive’’, Pensées et Maximes de Félix Guillaume Marie Bogaerts. Étant donné que nul n’a la science infuse, faire machine arrière est un acte de grandeur. ‘’Pour tout homme d’État, tout doit disparaître devant les nécessités impérieuses de l’intérêt général’’. Citation de Samuel Ferdinand-Lop ; les nouvelles pensées et maximes (1970). Comme dirait l’autre : ‘’sachons raisons garder’’.

PAR BERTIN DAKOUO




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