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lundi 19 avril 2021
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Démolition de la zone aéroportuaire: les victimes brandissent des preuves et s’organisent

L’affaire de la zone aéroportuaire n’en finit pas de livrer tous ses secrets. Après les arguments avancés par l’État pour procéder aux opérations de démolition, des victimes à leur tour s’organisent avec des preuves contre l’État. Comme disait un penseur : ‘’entre ta vérité et ma vérité se trouve la vérité’’. En tout cas, des victimes de la démolition de la zone aéroportuaire disent être abusés par l’État et brandissent des preuves. Ils ont aminé, le dimanche dans l’après-midi, un point de presse pour affirmer leur part de vérité. C’était en présence de plusieurs chefs de famille dont les maisons ont été démolies.

Campant le décor de la conférence de presse, Lamine SANOGO a expliqué que leur zone (située vers Sirakoro Méguetana) a une particularité. Selon ses explications, leurs terrains ont été acquis dans les années 1960 auprès des Blancs qui ont donné des papiers pour concessions rurales. Aux dires de M. SANOGO, l’argument avancé par les autorités comme quoi ils ont été indemnisés n’est pas fondé.
« Dans notre secteur, personne n’a perçu un franc CFA comme dédommagement de la part de l’État. Au début, les autorités disaient que nous n’étions pas concernés. Nous avons encore nos documents originaux. Si l’on dédommage quelqu’un, on lui retire automatiquement les documents originaux », a affirmé Lamine SANOGO, avant de présenter des documents signés depuis 1970.
Aussi, M. SANOGO a déclaré que l’argument selon lequel la licence de l’aéroport international Président Modibo KEITA est menacée de retrait ne tient pas la route. Selon lui, dans leur investigation, une délégation s’est rendue à Dakar au siège de l’ASECNA pour en savoir plus sur cette question de zone aéroportuaire. Selon ses explications, l’ASECNA a clairement affirmé qu’elle a déjà clôturé la partie qui la concerne et qu’elle n’a rien à voir avec le reste de l’espace. ‘’Donc, l’ASECNA a demandé à la délégation de venir chercher la solution avec l’État du Mali. Depuis lors, nous nous sommes rendus compte que la vérité n’est pas dite sur cette espace dite zone aéroportuaire’’, a clarifié Lamine SANOGO.
Abondant dans le même sens, Bourama KOMAGARA a battu en brèche les arguments des autorités. Selon lui, les documents qu’ils détiennent sont plus âgés que l’implantation de l’aéroport. « Nos champs ont été enregistrés à l’Institut géographique du Mali. A l’époque, les autorités nous ont donné des titres provisoires. Malgré cela, nos maisons ont été démolies sans avertissement et sans nous mettre dans nos droits. La terre appartient à l’État, mais il ne doit pas démolir les maisons sans prévenir et sans indemniser. Ce n’est pas une question de zone aéroportuaire. Nos maisons sont démolies pendant que d’autres s’installent. Nous réclamons nos droits », a lancé Bourama KOMAGARA.
A son tour, Mohamed TRAORE a renchéri en soulignant qu’il a adressé des lettres à tous les ministères concernés pour leur notifier qu’ils ont été abusés par l’État sans être dédommagés.
Pour sa part, le doyen Illo Sadio CAMARA s’interroge si réellement les autorités maliennes maitrisent les limites de la zone aéroportuaire. Il fustige le fait que les autorités n’ont pas procédé à un recensement et à un avertissent des occupants avant d’agir.
« Humainement, on ne doit pas se lever pour venir déguerpir des gens de cette manière. Ne sommes-nous pas des Maliens ? Quel est l’enjeu final ? Nous voyageons à travers le monde et nous voyons les aéroports des autres pays. Ce n’est pas une question de sécurité. L’argument du retrait de la licence de l’aéroport ne tient pas », a déclaré M. CAMARA.
Le jeune Seydou COULIBALY de Sirakoro Méguetana a affirmé que le Haut conseil islamique a été saisi par les victimes pour trouver une solution. Selon lui, une délégation du HCIM a rencontré le ministre des Affaires foncières et que les arguments avancées par celui-ci ne convainquent pas.
« Il faut que la démolition s’arrête. Nous interpellons le gouvernement à mettre les gens dans leur droit. Que le gouvernement écoute les victimes. Nous avons notre part de vérité », a déclaré Seydou COULIBALY.
Les conférenciers ont informé qu’un vaste mouvement est en gestation pour organiser des séries de manifestations pour réclamer leurs droits. C’est dire que les jours à venir seront décisifs à Bamako. Les autorités de la Transition doivent faire la part des choses en écoutant les victimes pour régler définitivement le quiproquo autour de cet espace qui suscite les plus vives passions.

PAR MODIBO KONE




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