Développement des 21 villages de Faléa: vision et stratégie peaufinées à Bamako

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Face aux enjeux du développement local, dans notre pays, et particulièrement dans le cercle de Kéniéba, (région de Kayes), l’Association pour le développement des 21 villages de Faléa (ASFA21) n’entend plus demeurer en reste. Pour preuve: elle a animé hier mercredi une conférence de presse, à son siège à Doumazana, en Commune I du District de Bamako, pour édifier les journalistes sur sa vision du développement de la localité où, de plus en plus, les activités minières ne laissent presque plus aucune chance à l’épanouissement d’autres secteurs. Que faire pour renverser cette situation ? Comment partager cette vision avec les autorités nationales et les populations à la base ? Autant de questions auxquelles les conférenciers ont tenté de répondre.

Cette conférence était animée par notre confrère, Nouhoum Keita, point focal de l’ONG partenaire Rosa de Luxembourg, non moins responsable de l’ASFA21 ; M. Brema Berthé du Projet d’appui à la gouvernance des industries extractives au Mali (PAGUE-GIZ) de la Coopération allemande ; Diatourou Diakité chargé des questions minières au sein de ASFA21 et Cheick Abdoul Pléa.
Nouhoum Keita a expliqué que face aux défis de développement dans notre pays et particulièrement dans la commune rurale de Faléa, l’ASFA21 œuvre, depuis sa création, à la mise en valeur de ses immenses potentialités économiques et richesses humaines par une exploitation rationnelle, viable et une gouvernance démocratique qui assurent un développement cohérent, équitable, respectueux de l’environnement, de la biodiversité, de la santé, de la cohésion sociale et des cultures des communautés locales.
C’est dans ce cadre, a-t-il soutenu, qu’en septembre 2015, dans le cadre de la mise en œuvre de son « Projet d’appui pour le développement de la Commune rurale de Faléa par une gestion transparente et consensuelle de ses ressources naturelles, agropastorales et minière-PAGREM » financé par le Projet d’appui à la gouvernance des industries extractives au Mali (PAGIE-GIZ) de la coopération allemande au Mali, notre association a réalisé un ‘’diagnostic territorial participatif de son territoire communal.’’
Ce travail, a-t-il précisé, a été fait pour faire face au manque de données précises, fiables et structurées, au désordre et à la confusion des interventions sur le territoire communal de Faléa Lesquelles interventions a-t-il souligné, constituent de véritables obstacles à la mise en valeur et à la gouvernance démocratique des immenses ressources économiques, humaines et culturelles de cette région naturelle aux potentialités exceptionnelles.
Le rapport final de cette étude a été validé à Keniéba et Faléa, lors de la 1ère phase à travers la tenue de 2 ateliers de restitution ayant regroupé les acteurs institutionnels et les usagers des ressources du territoire communal, a informé M. Keita.
Malheureusement, des acteurs majeurs opérant dans la zone comme les entreprises minières et le projet Mali-PNUD « ERSAP (Extension et Renforcement du Système des Aires Protégées) » mis en place en 2013 ainsi que de futurs grands projets étatiques prévus dans la région à l’image du PADEPA-KS phase Il (Projet d’appui au développement des productions animales en région de Kayes Sud) et du PROFIBAMA (projet de développement de la filière Bambou au Mali), n’y ont pas participé, a-t-il regretté.
En effet, les participants à ces rencontres devaient procéder aux ultimes rectificatifs et rajouts (superficies, actes et délimitations précises des espaces d’intervention) au document qui a été produit par Stop Sahel.
Ensuite partager avec l’ensemble des acteurs institutionnels, sous l’autorité du Comité local d’orientation et de suivi des Actions de développement (CLOSAD), présidé par le Préfet du Cercle, le schéma et le plan d’aménagement de la Commune rurale de Faléa.
Enfin, les engager tous à se référer désormais à ce cadre unique pour mener en cas de besoin d’éventuelles actions de soutien au développement local.
Cet atelier de partage et de concertation, est convaincu M Keita, va assurer à la Commune de Faléa, la possibilité pleine et entière d’une élaboration réaliste et de mise en œuvre effective du nouveau PDSEC 2016-2020.
« Notre initiative et notre démarche s’inscrivent en soutien à la vision et à la stratégie adoptées par le Département des Mines, elles visent la consolidation des acquis de l’atelier de Keniéba qu’il a organisé les 14 et 15 avril 2016 sur la thématique du renforcement du processus de dialogue entre les communautés riveraines et les entreprises minières en matière de développement communautaire », a souligné le conférencier.
Selon Cheick Abdoul Pléa, les efforts de l’ASFA 21 sont surtout d’accompagner le développement harmonieux et durable des communautés de Faléa et de l’ensemble du cercle de Kéniéba. Car ces populations qui font face à une ruée sans précédente des entreprises extractives minières doivent être informées, formées et sensibilisées des conséquences de cette réalité.
Aussi, s’agit-il, de les faire comprendre que ces ressources sont limitées et non renouvelable.
En effet, à Kéniéba, tout n’est pas que les mines, c’est aussi une zone agro-pastorale par excellence. Donc, l’accent doit être mis sur ces réalités afin de mieux orienter les politiques de développement.
Quant à Diatourou Diakité, il a expliqué qu’une autre ambition de l’Association est de se servir de son expérience et de ses relations pour faire du futur Code minier malien, en voie de relecture, un document de référence au service du développement de notre pays.
«Notre pays a suffisamment fait la promotion de ses mines qui attirent aujourd’hui le monde entier. Il faut désormais passer d’un Code minier attractif à un Code minier de développement », a-t-il confié.

Par Sidi Dao

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