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jeudi 22 juin 2017
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Développement humain durable: la société Malienne se positionne

Le texte intitulé « Document de positionnement de la société civile sur le post 2015 » a été élaboré, jeudi dernier au gouvernorat du District de Bamako, contenant les préoccupations et priorités de la société civile pour l’après 2015. Le même jour, il a été présenté à des autorités du pays à l’issue de la rencontre qui l’a approuvée.

Ils étaient nombreux les membres de la société civile ayant participé à l’élaboration de ce document pour rappeler aux dirigeants leurs engagements, mais aussi les interpeller sur les défis auxquels les pays sont confrontés, en termes de lutte contre la pauvreté, l‘accès à des services sociaux de base.

En effet, il y a 14 ans, les États membres des Nations Unies se sont engagés à l’unanimité à réaliser, d’ici à 2015, 8 objectifs de développement internationaux pour le développement durable en luttant notamment contre la pauvreté.

Certes, la mise en œuvre de ces objectifs a permis de réduire la pauvreté, mais la faim, la mortalité maternelle et infantile, l’accès à l’éducation, à l’eau, à l’assainissement dans le monde, sont loin de ceux qui étaient prévus.

Encore des millions de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour soit environ 800 FCFA ; l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement demeure aussi un rêve à réaliser dans beaucoup de pays.

Au regard de ces situations et en prélude aux rencontres d’évaluation des OMD par les Nations Unies courant 2015, la société civile malienne a estimé nécessaire d’élaborer ce document dans lequel elle exprime ses vœux, attentes et préoccupations pour l’après 2015.

Car, estime-t-elle, ces rencontres consistent des moment cruciaux pour demander aux gouvernements de renouveler leurs engagements en vue de l’atteinte des objectifs qu’ils s’étaient fixés, notamment dans la lutte contre la pauvreté, l’inégalité, l’exclusion sociale; ainsi que le renforcement de la sécurité alimentaire, la nutrition en combattant le changement climatique ; l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène.

Pour chacun de ces domaines, le document présenté par la Coordinatrice nationale de l’Alliance pour la lutte contre la pauvreté (AP-Mali), Mme BARRY Aminata TOURE, a fait de recommandations.

Les chiffres pour les secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène dans notre pays ne sont pas élogieux, en dépit des efforts, fournis par les autorités du pays.

La vision de la société civile malienne pour ces secteurs, a-t-elle précisé, est celle d’un monde où chacun aura accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

Ainsi, pour la réalisation de ces vœux, il ressort dudit document de plaidoyers, qu’il urge d’inclure un objectif sur l’accès universel à des services d’eau potable et d’assainissement de base, en tant que droits fondamentaux ; de fixer 2030, comme date butoir pour atteindre l’accès universel à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans le monde.

En ce qui concerne spécifiquement le Mali, le document va plus loin en demandant aux autorités du pays d’inscrire le droit à l’eau et à l’assainissement dans notre Constitution et dans les lois nationales, tout en garantissant son application.

Dans le domaine de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du changement climatique, il a été recommandé aux gouvernements, entre autres, d’accroitre la productivité agricole et les revenus de façon durable ; d’adapter et de renforcer la résilience face aux changements climatiques; de réduire et/ou d’éliminer les émissions de gaz à effet de serre, chaque fois que possible; d’améliorer la productivité des petits agriculteurs et éleveurs, en renforçant le soutien technologique, en mettant en place des systèmes d’irrigation à petite échelle, et en développant des infrastructures rurales.

Par ailleurs, pour l’éradication de la pauvreté et des inégalités, le programme de l’après 2015 doit : fondamentalement transformer l’économie pour servir les populations et non pas les intérêts commerciaux ; explicitement reconnaître le défi d’inégalité et travailler vers la construction d’une société juste et équitable;  obliger les gouvernements à protéger les droits économiques, sociaux et culturels de chaque individu, à travers une protection sociale universelle et adéquate reconnue ;  concevoir des objectifs cibles et indicateurs pour assurer les besoins des communautés marginalisées, en incluant la justice du genre et l’inclusion sociale ; combattre les inégalités extrêmes en s’attaquant aux termes injustices des échanges, aux paradis fiscaux et à la responsabilité des entreprises.

Par Sikou BAH

 




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