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lundi 28 septembre 2020
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Dialogue national inclusif: la CMA suspend sa participation

Après le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) ce samedi, c’est la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui annonce ce mardi par un Tweet de son porte-parole Mossa Ag ATTAHER la suspension de sa participation aux travaux sur le Dialogue National Inclusif (DNI). Prétexte avancé : les propos du Président de la République qui officialisent la possibilité de rediscuter de certaines dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. De quels propos s’agit-il ?

Dans son discours à la Nation, à l’occasion du 22 Septembre, le Président IBK, tirant le constat des multiples difficultés liées à la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation signé sous les auspices de la Communauté internationale entre le Gouvernement et les Groupes armés de la CMA et de la Plateforme avait tenu «à réaffirmer l’attachement du Gouvernement malien à cet accord, quitte à en discuter certaines dispositions, l’essentiel étant d’en conserver l’esprit».
Or, pour la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), dans l’esprit de l’Accord, « il est prévu que les parties maliennes, entre elles, discutent d’un certain nombre de choses, mais il n’est pas question de remettre l’Accord sur la place publique pour en débattre avec des partis politiques ou d’autres ».
Invité par le Premier Ministre, Boubou CISSE, à prendre part au Dialogue politique Inclusif, le président en exercice de la CMA, Sidi Brahim Ould SIDATT avait tenu dans un communiqué rendu public le 3 Juillet 2019 à clarifier la position de la CMA quant à une éventuelle relecture de l’Accord.
Exprimant toute sa disponibilité à apporter sa pierre à cette opportunité de dialogue, à travers une participation à tous les niveaux d’organisation du processus du DNI, la CMA avait cependant lié cette participation sous réserve de certaines conditions dont la principale était : que l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, ne soit remis en cause ni dans la forme, ni dans le fond par le DNI… » En clair, donc : pas toucher à l’Accord.
Puisque le discours du Président IBK laisse entrevoir la possibilité de discuter et de relire certains articles de l’Accord, la CMA en fait un prétexte pour se retirer du Dialogue.
Voici qui donne entièrement raison à l’ancien ministre Zahaby Ould Sidi Mohamed, qui mettait en garde lors de la journée de réflexion de l’ASMA-CFP sur les TDR du Dialogue national inclusif : « j’étais à Alger pour les pourparlers ; les positions étaient tranchées. Les rebelles ne voulaient pas descendre en dessous de la fédération. Il a fallu l’intervention du secrétaire d’État américain pour qu’ils cèdent. Il ne faut pas oublier qu’il y a des réseaux qui veulent gâter le Mali. Si on rejette l’Accord, on va rebelotter. Rebelotter, ça veut dire revenir à la situation avant la signature de l’Accord. Il faut faire attention, si on tombe dans le piège de rejeter l’Accord, on va rebelotter. Il y a deux ennemis à l’Accord. Il y a les radicaux rebelles qui n’attendent qu’on le rejette pour obtenir leur fédération. Il y a aussi les extrémistes du Sud qui, quand ils sont associés, ils sont d’accord ; quand ils ne sont pas associés, ils ne sont pas d’accord »

Par BERTIN DAKOUO




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