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mardi 17 juillet 2018
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Difficile écoulement du lait cru local: VIF plaidoyer pour une nouvelle usine

En prélude à la tenue de la deuxième session de son conseil d’administration, les administrateurs du Centre national de l’insémination artificielle animale ont effectué, hier mardi 9 janvier, une visite de terrain dans les fermes de Mahamamadou SYLLA à Sala et d’Aliou GAMBI à Tienfala. La présente visite avait pour objectif de s’imprégner des activités du CNIA dans le cadre de son programme d’insémination artificielle et s’enquérir des difficultés sur le terrain.

La visite d’hier a enregistré la présence des administrateurs du CNIA ; le secrétaire général du ministère de l’Elevage et de la pêche, Youssouf SANOGO, et les cadres du CNIA, avec à leur tête le directeur général, le Dr Diakaridia TRAORE.
La mission a commencé par la ferme de Mahamadou SYLLA à Sala, situé à 15 Km de Bamako sur la route de Koulikoro. Cette exploitation de M SYLLA compte à ce jour un effectif de 145 bovins constitués de métisses Holstein Mont Belliard et Normand. Il s’est spécialisé dans la production et la commercialisation de génisses métisses pour les éleveurs du péri urbain et la production de taurillon dont il exporte vers la sous-région.
A la ferme de M SYLLA, la production journalière moyenne de lait est de 523 litres par jour pour 25 vaches traites avec un pic atteignant parfois 700 litres. Cet éleveur pilote bénéficie de la subvention en intrants d’insémination artificielle, de l’aliment bétail et des semences fourragères.
Le promoteur de la ferme visitée à Sala, Mahamadou SYLLA, il a mis l’accent sur la cherté du prix de l’aliment bétail qui coïncide généralement avec la baisse du prix du litre de lait.
A son humble avis, avec les milliards de FCFA que l’Etat malien investit chaque année pour le développement du secteur de l’élevage, il serait préférable de trouver une solution pour la transformation et la valorisation du lait local.
Quant au président de la Chambre d’agriculture de Bamako, Sanoussy Bouya SYLLA, il a salué cette visite de terrain qui, selon lui, est une occasion pour magnifier les efforts que le CNIA et les éleveurs sont en train de faire ensemble.
Aussi, a-t-il apprécié les efforts consentis par les éleveurs approvisionnant Bamako et environ en lait en qualité et en quantité.
Par ailleurs, il a profité de l’occasion pour appeler les autorités à renforcer la Politique d’insémination artificielle. M SYLLA n’a pas manqué de soulever le problème crucial d’écoulement de lait que les éleveurs font face actuellement.
«Nous avons un énorme problème d’écoulement vu qu’il y a une seule usine qui prend le lait local malien. Cette unité a déjà montré ses limites et veut s’arrêter à seulement 5 000 litres de lait par jour », s’est inquiété Sanoussy Bouya SYLLA. Il a vivement plaidé auprès des autorités pour l’installation d’une usine de transformation de lait appartenant aux éleveurs pour continuer à approvisionner le Mali en lait de très bonne qualité.
La deuxième ferme visitée est celle d’Aliou GAMBI, située sur la soute de Koulikoro à quelque encablure de Tienfala. M GAMBI compte un effectif de 91 vaches avec une production de 270 litres par jour pour 15 vaches traites, soit une moyenne de 15 à 22 litres par vaches.
De son côté, l’éleveur pilote Aliou GAMBI a salué la politique de l’insémination que le président IBK a entrepris avec 125 000 doses. Il a rassuré que les éleveurs feront de leur mieux pour contribuer au développement du pays conformément à la volonté du chef de l’Etat. M. GAMBI a interpellé les autorités compétentes sur le problème des intrants, des équipements, des zones de pâturage, de forages et d’aliment bétail.
Là, les visiteurs ont été impressionnés face à des séances d’échographie pratiquée sur les vaches. Ces échographies permettent de faire le diagnostic de la gestation et de déterminer les pathologies.
Pour sa part, le représentant du ministre de l’Economie et des finances, et membre du conseil d’administration du CNIA, Ibrahima KONATE, s’est dit très impressionné par ce qu’il a constaté dans les fermes visitées. Pour lui, ces réalités tangibles doivent être encouragées et accompagnées davantage par les autorités.
Cadre à la Direction nationale du contrôle financier, M. KONATE a rassuré de jouer sa partition pour que le ministère de l’Economie et des finances met les moyens visant à appuyer le projet d’insémination pour développer le secteur de l’Elevage, contribuer à absorber le chômage et faire face à d’autres aléas.
Le directeur général du CNIA s’est dit animer par un sentiment de satisfaction pour avoir constaté que les éleveurs ont bien compris que l’élevage est une activité économique et un vrai business. Il a apprécié le fait que les éleveurs se sont orientés vers les méthodes d’intensification à travers l’insémination artificielle, l’utilisation de concentré et à travers le suivi sanitaire des animaux.
Pour le Dr TRAORE, c’est tous ces éléments combinés qui font que notre pays dispose d’une bonne production laitière atteignant 15 à 20 litres de lait par femelles et par jour. Il a aussi témoigné que l’insémination artificielle permet d’aller rapidement vers l’amélioration génétique pour améliorer nos races d’animaux.
En dépit des améliorations enregistrées dans le domaine de l’élevage, suite à la Politique nationale de l’insémination initiée par le Président IBK, les éleveurs ont exprimé le besoin ardent d’installer une nouvelle usine de transformation de lait cru local en leur nom.
Selon les témoignages recueillis sur place, les acteurs du secteur élevage font face à un sérieux problème d’écoulement de leur lait pour faute de preneur.

PAR MODIBO KONE




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