Distribution saine de la justice: les conclusions de la commission de réflexion

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Après trois mois de réflexion sereine, d’analyse approfondie, de critiques sévères, et d’évaluation sans complaisance, la Commission nationale de médiation du dialogue national de la justice a conclu ses travaux, lundi dernier, au ministère de la Justice, par la signature de 4 relevés des conclusions des différents responsables syndicaux de la justice (magistrats, greffiers, travailleurs sociaux, les surveillants de prison) ; la signature du rapport général par son président et la remise de tous les documents au ministre de la Justice, négociateur en chef pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels de la justice. L’objectif de l’initiative concourt à une meilleure distribution d’une justice de qualité dans notre pays.

Placée sous le patronage du ministre de la Justice et des droits de l’homme, Garde des sceaux, Me Mamadou Ismaël KONATE, la cérémonie de clôture des travaux de la Commission dialogue nationale de la justice s’est déroulée en présidence du président de ladite Commission, le doyen Moussa DIAKITE ; et des membres de la Commission. On y notait également la présence du secrétaire général du département, Moumouni GUINDO ; des responsables et membres des différents syndicats de la justice.
A l’entame de ses propos, le président de la Commission dira qu’il a la conviction que ladite cérémonie n’était qu’une étape qui offre un nouveau départ grâce aux perspectives découlant du Dialogue national de la justice.
En effet, soutient le doyen, par la vertu du dialogue et de la concertation, en trois mois de réflexion sereine, d’analyse approfondie, de critiques sévères, et d’évaluation sans complaisance, il a été possible de formuler des propositions de solutions aptes à dégager l’horizon de la justice qui apparait assombri et bouché par l’accumulation de problèmes de tous ordres : blocages organisationnels, contre-performances et surtout des tensions sociales sur fond de frustrations et d’injustice.
« En vérité, la justice malienne avec ses magistrats et ses autres travailleurs, se trouve, depuis trois décennies, dans une situation de précarité qui faute de solutions urgentes et pérennes, peut conduire à une catastrophe nationale », a-t-il déclaré. Et le doyen de saluer les orientations audacieuses et pertinentes prises « courageusement » par le ministre de la Justice, avec l’appui « ferme » du Premier ministre et du Président IBK.
A son avis, le dialogue national de la justice permet d’entrevoir une issue heureuse à la lente sclérose d’une institution capitale, sans laquelle, « aucun Etat, aucune culture, aucune civilisation, ne peuvent exister et prospérer ». Et, M DIAKITE de souligner, « sans justice indépendante, équilibrée, fiable et crédible, la vie n’est pas possible ».
Mieux, selon le doyen : « au-delà de simples exhortations, certains versets du Saint Coran font échos avec rigueur à cet aphorisme concernant la pérennité et la rectitude de la justice indispensable à la vie en société. Au point que Dieu, le Créateur suprême, s’est imposé à lui-même d’être juste et équitable ».
Par ailleurs, a noté le doyen, l’importance exceptionnelle des enjeux et la multitude des défis pressants du système judiciaire malien font que la justice a un prix que nul gouvernant ne saurait ignorer.
Le doyen DIAKITE a émis le souhait de voir notre pays restaurer tous ses équilibres et singulièrement la justice. En tout cas, eux ont essayé de rétablir un de ces équilibres en étant convaincus de ce que, comme dit le sage : « le pire n’est pas l’échec, c’est de ne pas essayer », a-t-il conclu.
Le ministre KONATE qui a pris la balle au bond s’est réjoui déjà de voir réunir tous les responsables syndicaux de la famille judiciaire pour une justice de qualité au profit exclusif des justiciables.
« Je reçois les conclusions du dialogue national de la justice qui me donnent aujourd’hui les bases me permettant de comprendre mieux ses défis et de mieux le porter, pour être l’avocat des acteurs de la justice », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter que ces conclusions traduisent l’engagement du Premier ministre et du Président IBK en faveur de la justice. Il en veut pour preuves, les instructions données au ministre des Finances pour trouver la meilleure réponse à la demande de chaque professionnel de la justice (magistrats, greffiers, surveillants de prisons et travailleurs sociaux) afin de les remettre dans leur dignité et honneur respectifs.
Ces documents lui serviront de base pour aller dialoguer et négocier auprès de qui de droit pour la satisfaction de leurs différentes doléances. Toute chose qui permettra d’améliorer leur situation professionnelle, familiale et sociale. Pour ce faire, il souhaite la création d’un cycle de rencontres entre lui et les différents présidents des syndicats afin d’éviter la surprise d’une grève d’un tel ou tel syndicat professionnel.
La cérémonie a vu la signature de l’accord de création d’une union syndicale par les responsables des 2 syndicats des Surveillants de prison.
Les syndicats des magistrats (SAM et SYLIMA) et ceux des greffiers et secrétaires des greffes et de parquets ont promis d’emboîter le pas aux surveillants de prison dans les tous prochains jours.

Par Sékou CAMARA

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