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samedi 22 juillet 2017
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Division du pays : la trahison ne passera pas

Zone de sécurité temporaire ou zone d’exclusion sécuritaire ? À travers sa mise au point postée nuitamment (21h05), la Minusma, au lieu d’un démenti, ne fait que corroborer les termes de l’accord qu’il a signé en catimini avec les séparatistes et confirmer ce que les Maliens appréhendaient : sa partialité et sa connivence désormais avérées avec ces derniers. Toutes choses qui fondent et légitiment le fort sentiment de trahison ressenti par l’ensemble des fils de ce pays.
Dans notre rubrique confidentielle (Chut !) d’hier lundi nous évoquions la signature de cet « Accord pour l’établissement d’une zone de sécurité temporaire » et posions la question de savoir s’il ne rentrait pas dans le cadre du projet de partition de notre pays ; avec le secret espoir qu’il s’agissait d’un faux grossier qu’on imputait à la Minusma. Espoir déçu, mille fois déçu !
L’usurpation de posture
En effet, l’emballement de la blogosphère malienne obligera la Minusma à reconnaître l’existence de l’accord à travers une Mise au point postée à 21h05. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) qui affirme que sa seule motivation était : «identifier une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort», «déplore (avec des larmes de crocodile) vivement la manipulation à des fins de propagande politique dont elle est victime aujourd’hui, à travers la circulation du document de travail intitulé Accord pour l’établissement d’une zone de sécurité temporaire ». Ce dernier a fait l’objet de graves retouches, contraire à toute éthique.
La MINUSMA rappelle qu’un tel procédé ne peut créer que de la confusion et détourner le document de son objectif principal.»
Pour avoir voulu jouer au pyromane pompier, la Minusma aurait pu gagner en crédibilité si elle ne tentait pas d’insulter l’intelligence de tout un peuple en se posant comme la victime de cette cabale contre la souveraineté de notre pays qui n’est nullement dans son mandat.
La très controversée Minusma devrait savoir que dans cette affaire la posture de « victime » ne peut lui seoir ; parce qu’il est aussi évident ici et sous tous les cieux que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude (nullum turpidien allegans). En effet, pour avoir pris la lourde et insensée responsabilité de pactiser avec les « traîtres » à la Nation, elle doit s’attendre au ressenti légitime du peuple malien qui ne peut percevoir à travers ce pacte qu’une énième trahison.
Un deal contre-nature
L’argumentaire de « la manipulation à des fins de propagande politique » ne peut tenir la route pour le Malien qui légitimement est fondé à croire que c’est en toute connaissance de cause et surtout de co-contractant que la Minusma s’est engagée dans ce deal qui est loin de respecter la souveraineté de notre pays et les aspirations de notre peuple. Au contraire, c’est la Minusma qui fait dans la manipulation en l’évoquant lorsqu’il n’y en a point. Le document qu’elle a posté est conforme mot à mot, virgule par virgule à celui qui a circulé depuis hier dans la matinée. Contrairement aux affirmations de la Minusma, il n’y a eu aucune retouche dans le texte et la Minusma n’est pas fondée à se plaindre de l’usage de son logo et celui avec qui il a pactisé, en l’absence de l’Etat malien, pour cet accord dit ‘’Accord pour l’établissement d’une zone de sécurité temporaire » auquel il n’est pas partie prenante.
Des parties triées sur le volet
La manipulation de la part de la Minusma, c’est aussi lorsqu’elle tente de faire avaler au peuple malien qu’il s’agit d’un document de travail. Curieux document de travail au regard de son intitulé et de la singulière exclusion pour laquelle la Minusma opte en vue de «identifier une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort». Parce que ce n’est pas la seule « Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)» qui est acteur et partie prenante de la paix dans la zone. Comment la Minusma compte-t-elle «identifier (et parvenir à) une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort» sans les Mouvements de la Plateforme d’Alger du 14 juin 2014 ? Ne cherchez pas loin : il n’y a pas plus aveugle que celui ne veut pas voir.
Un préjugé défavorable
Dans le schéma Onusien, ces mouvements n’existent pas. S’ils existent, ils ne sont considérés, suivant la propagande séparatiste que la Minusma a toujours ingurgitée à l’aveuglette, que comme des excroissances de l’armée malienne, pire des « milices pro-Gouvernement» à la solde de Bamako. Mais depuis combien de temps ces combattants taxés de « miliciens » sont sur le terrain sans que les invincibles « guerriers » du MNLA ne réussissent à les supplanter ? Combien de terrain au contraire ont-ils gagné depuis leur création ? N’est-ce pas le vrai problème de « la situation de Tabankort » pour la Minusma et son singulier partenaire séparatiste ?
Comme nous l’évoquions dans notre édition d’hier, le rapport de force à Tabankort est de loin en faveur des combattants de la Plateforme qui peuvent à tout moment prendre Anéfis et donc menacer Kidal. Voilà la situation à Tabankort, et situation ne peut prospérer et perdurer pour la Minusma et son partenaire de la CMA.
L’objectif de changer le rapport de force
L’Objectif de l’accord, contrairement à ce qu’avance la mise au point de la Minusma n’est pas de «identifier (et de parvenir à) une sortie de crise satisfaisante à la situation à Tabankort », mais de renverser le rapport de force sur le terrain à travers une zone tampon de sécurité pour écarter toute menace contre son partenaire séparatiste. Parce ce que le communiqué ne dit pas, et que l’accord (dont le fond n’est pas contesté par la Minusma) laisse entrevoir c’est que les combattants de la Plateforme sont obligés de se retirer de la zone, nous relèvent de sources proches de ces derniers, sous peine de bombardement des hélicoptères de combat de la force internationale. Où est l’équité ? Où est la neutralité qui doit seoir à la Minusma qui pactise avec une partie pour chasser l’autre partie ? Quelle leçon d’éthique la Minusma est-elle dès lors autorisée à donner ?
La confusion, ce n’est pas l’ajout des logos qui l’a crée, mais bien l’absence de neutralité et connivence désormais établies entre la Minusma et ses protégées de Kidal, des voyous doublés de racistes coutumiers de la manipulation et de la propagande forcées.
Au moment où l’opinion malienne, à tort, pensait que par les évènements du 20 janvier, elle avait compris et changé, la Minusma rappelle qu’elle poursuit dans la même logique. Ce, à travers les mêmes options partiales et exclusives, aux côtés des forces séparatistes, pour la mise en oeuvre, on peut être fondé à le croire et croire en toute légitimité, du plan de partition de notre pays.
Sentiment de trahison de la Minusma
Qu’on arrête enfin de prendre les enfants du Mali comme des benêts. Le Mandat de la Minusma est connu. Et la résolution 2100 du 25 avril 2013 ne lui assigne pas comme première mission la « Protection des civils et du personnel des Nations Unies », mais bien celle d’aider à la «Stabilisation de la situation dans les principales agglomérations et contribution au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays».
Au lieu de pactiser avec des voyous qui font propagande comme des trophées avec des deals (censés rester secrets), il s’agissait pour la Minusma essentiellement en tout cas prioritairement, en vertu de cette résolution pertinente de l’ONU, de « écarter les menaces et prendre activement des dispositions afin d’empêcher le retour d’éléments armés dans ces zones ». Où en sommes-nous à Kidal qui est loin d’être une petite bourgade ? Pourtant la Minusma y a un camp, le N°2 !
Le sentiment de la mission non accomplie se double aujourd’hui de celui d’une trahison rampante au sein de l’opinion malienne. Car, même si le Malien est enclin à la reconnaissance pour le sacrifice des soldats onusiens et peut comprendre qu’au regard des pertes subies, la Minusma fasse une priorité la troisième mission à elle assignée au Mali, à savoir la « protection (des civils et) du personnel des Nations unies », il intègre mal que celle-ci se fasse au mépris du respect des autorités maliennes, tel que le recommande la résolution 2100 : « Assurer, sans préjudice de la responsabilité des autorités de transition maliennes, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques, dans la limite de ses moyens et dans ses zones de déploiement ».
Consolidation du projet de partition
Or en n’ayant aucun respect pour le Mali et ses autorités, la Minusma élague allègrement la première mission à elle assignée à savoir contribuer au « rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays ». En effet, par son accord très controversé, la Minusma ne s’arroge-t-elle pas une des prérogatives régaliennes de l’Etat malien : l’usage de la force armée ? L’interdiction, sous le charmant prétexte d’éviter tout risque de confrontations, dans la ZTS, du « port d’arme de combat ainsi que toutes les opérations militaires, et toutes les provocations » doit-elle s’appliquer à l’armée malienne ? En ne le précisant pas, on peut la supposer au regard du cantonnement forcé dont les FAMA faisaient l’objet à Kidal. Or on ne peut interdire à un Etat souverain de déployer ses troupes sur une partie de son territoire et prétendre contribuer au « rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays ».
Il faut se demander enfin que veut-elle exactement la Minusma ? Aider le Mali à restaurer sa souveraineté ou conforter le projet de partition de notre pays ? Pour notre pays, la question reste entière.
Le mandat de la Minusma lui confère-t-il le droit et devoir de pactiser avec les séparatistes sans le Mali ? Même dans l’affirmative, comment qualifier un accord entre deux « entités » (la CMA et la Minusma) dans un pays souverain au mépris des autorités légitimes de ce même pays ? La Minusma parle de document de travail, même si l’intitulé ne trompe personne. La Minusma peut-elle à travers un simple « document de travail » s’arroger le droit de gérer une partie du territoire malien avec des bandits armés sans aucun aval du Mali ?
La duperie sur la marchandise
Pour notre faiblesse d’esprit, que représentent juridiquement les « entités », parties prenantes à cet accord par rapport à la souveraineté de l’État du Mali ? Sont-elles des « parties » au conflit ? Des forces combattantes ? Des acteurs de la paix ? Et les autres, le Mali et les autres groupes armés, ne veulent-ils pas de la paix ?
Notre sentiment est celui que partagent aujourd’hui tous les Maliens : plus que l’arnaque et la duperie sur la marchandise, l’accord sent une véritable odeur de trahison confortée par la maladroite mise au point de la Minusma qui n’est ni plus ni moins qu’un aveu qui ne fait que verser de l’huile sur le feu.
C’est pourquoi il est permis raisonnablement de penser que cet accord de complaisance et compromission n’engagera que ses signataires car il sera considéré par le Mali d’IBK comme nul et nul d’effet, pour les forces armées maliennes et pour tous les groupes armés exclus dudit accord. Parce qu’accepter le fait accompli de cet accord reviendra pour l’Etat à accepter d’ouvrir la boite de pandore. Ce qui ne signifierait que la partition mais l’éclatement du Mali. Or, l’homme qui est aux commandes du bateau-Mali, le Président IBK n’est pas et n’acceptera jamais d’être celui sous le mandat duquel le Mali sera divisé : «tant qu’il y aura un Malien sur la terre du Mali, sur cette Terre des Hommes, personne n’acceptera la division de ce pays».
Donc, la trahison ne passera pas.
Affaire à suivre
Par Sambi TOURE




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