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jeudi 26 novembre 2020
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Domination et esclavage par ascendance: grande marche de l’ACDE ce mardi à Kayes

Après sa marche pacifique de ce 15 octobre 2020, à Bafoulabé, l’Association contre la domination et l’Esclavage par ascendance (ACDE) envisage encore ce 20 octobre, dans la ville de Kayes, une grande manifestation. Comme la précédente initiative, la marche d’aujourd’hui, selon le président de l’ACDE, M. Koundénécoun Diallo, vise à dénoncer la pratique de l’esclavage par ascendance. Il s’agit également de manifester leur mécontentement, non seulement face aux atteintes portées à la liberté de leurs membres, mais aussi, face aux atteintes portées à l’intégrité physique et aux droits fondamentaux de certains de ses membres, depuis 2019.

Les membres et sympathisants de l’ACDE se mobilisent pour plus de justice d’égalité pour tous. La récurrence de la violence contre ceux qui osent lever la voix pour dénoncer la pratique de l’esclavage par ascendance a suscité l’indignation de l’Association contre la Domination et l’Esclavage. Au cours de sa marche du 15 octobre dernier, à Bafoulabé, les responsables de l’ACDE ont dénoncé entre autres « la pratique de l’esclavage par ascendance ». Selon la déclaration de l’ACDE, les victimes ont exprimé leur mécontentement contre les atteintes portées à la liberté de réunion pacifique, à l’intégrité physique et les droits fondamentaux de certains de leurs membres.
Selon M. Koundénécoun Diallo, ‘’ces violations de nos droits sont consécutives à notre refus catégorique de nous assujettir à certaines règles coutumières qui vont à l’encontre des lois de la République du Mali, parce qu’elles sont esclavagistes et discriminatoires.’’
En guise de rappelle de certains faits et pratiques dégradantes encore en vigueur dans le cercle et la région, président Diallo : « Le 08 mars 2019, le village de Tourako a été pris en otage lors que nous avons voulu y tenir une réunion pacifique chez nos camarades dans un lieu privé prévu à cet effet ; ils nous ont barricadé des routes d’accès au village. Puis qu’il n’y a pas eu de sanction, les 03 et 04 octobre 2020 à Balandougou, il y a eu de violents affrontements entre les preneurs d’otage du village et certains de nos membres qui voulaient tenir cette réunion. De notre côté, il y a eu seize blessés, dont quatre femmes (quelques photos sont ci-jointes).
Aussi, de 2019 à 2020, un déluge de convocations s’abat sur certains de nos membres qui sont essentiellement des cultivateurs, soit plus de 180 convocations ».
À la date d’aujourd’hui, dénonce le président, une dizaine de personnes de son organisation sont menacées d’expropriation des terres agricoles qu’ils occupent ou exploitent depuis plus de cinquante ans. Ces dossiers sont en instance au Tribunal de Bafoulabé. Les villages concernés par cette affaire, précise-t-il, sont Souroubiré, Dioulafoundou, Saman, Tingoye, Dioufoya, Gangantan, Dialan-Kersignané.
À la longue liste des violences contre les ‘’esclaves par ascendance, il souligne que huit personnes de Diayi ont été mises en garde à vue ou en détention pendant 02 à 03 mois, puis libérés.
«Actuellement, Filioulin Konaté dit Mandé Mansa de Kontela-Sabousiré, un de nos membres très actifs dans la lutte que nous menons est sous mandat de dépôt à Bafoulabé. Nous estimons que beaucoup de ces faits violent de façon flagrante nos libertés et droits fondamentaux de valeur constitutionnelle, de la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples du 27 juin 1981, de la Déclaration des droits de l’homme du 10 décembre 1948, auxquelles le Peuple Souverain du Mali a souscrit.
C’est pourquoi nous nous mobilisons aujourd’hui pour réclamer plus de justice, d’égalité pour tous », a confié M. Diallo dans son mémorandum pour la marche de ce 20 octobre.
Il a profité de l’occasion pour appeler les autorités compétentes de prendre beaucoup plus ‘’ce problème d’esclavage par ascendance à bras le corps, car il est plus qu’une réalité dans le cercle de Bafoulabé.
Nous demeurons convaincus que sans liberté, sans égalité, sans justice, il n’y a ni paix, il ni développement’’.
En fin, le Président, monsieur Koundénécoun Diallo et tous les membres de l’ACDE/CSP tiennent à remercier toute la population de Bafoulabé pour leur accueil, toutes les autorités de la région : le Gouverneur de Kayes, le Préfet de Bafoulabé, les sous-préfets et les autorités municipales du cercle, les autorités judiciaires du cercle, les forces de l’ordre ».

Par Sidi DAO




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