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jeudi 21 septembre 2017
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Droit à l’alimentation et à la sécurité sanitaire des aliments : Une préoccupation de l’UITA-Mali

Au lendemain du 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation, l’UITA-Mali a organisé une conférence-débat sur le thème: ‘’Le droit à l’alimentation et à la sécurité sanitaire des aliments’’. C’était le vendredi dernier dans la salle de réunion Boukenem Hawoye BABY de la Bourse du travail, en présence des responsables de UITA-Mali, dont Mme SOUMARE Assétou CAMARA.

Initiée dans le cadre du Projet 60077, la conférence animée par Yaya MALLE de l’UNTM a enregistré plusieurs participants venus des syndicats affiliés à l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA-Mali). Il s’agit notamment du Syndicat national de la production et de l’environnement (SYNAPE), du Syndicat national de la production (SYNAPRO) et du Syndicat national de l’industrie alimentaire, du tourisme, de l’hôtellerie alimentaire (SYNIATHA).

À la suite des mots de bienvenu de la coordinatrice UITA-Mali, SOUMARE Assétou CAMARA, le conférencier a exposé sur le thème annoncé plus haut. Il a mis l’accent sur l’état de mise en œuvre de droit humain à l’alimentation au Mali.

Selon Yaya MALLE, le droit à l’alimentation est le droit de se nourrir dans la dignité. C’est le droit à un accès permanent aux ressources nécessaires à la production, au gain ou à l’achat d’aliments en quantité suffisante non seulement pour être à l’abri de la faim, mais aussi pour assurer la santé et le bien-être.

‘’Ce n’est que rarement que le droit à l’alimentation signifie le droit à des distributions’’, a-t-il levé l’équivoque.

S’agissant du droit humain à l’alimentation, a martelé l’exposant, il est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec d’autres, a physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante ou aux moyens de se la procurer. Selon lui, la disponibilité de nourriture et l’accessibilité sont les deux éléments essentiels du contenu du droit humain à l’alimentation.

‘’La satisfaction du droit humain à l’alimentation exige donc un régime alimentaire qui, dans son ensemble, doit contenir une combinaison des nutriments nécessaires pour assurer la croissance physique et mentale, le développement et la subsistance de l’individu, ainsi qu’une activité physique, conformément aux besoins physiologiques de l’être humain à tous les stades du cycle de la vie et en fonction du sexe et de la profession’’, a expliqué M.MALLE.

Quant à la sécurité alimentaire, a martelé le conférencier, elle est réalisée lorsque tous les êtres humains d’un espace donné ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active. Elle repose sur les quatre piliers que sont la disponibilité, la stabilité de l’approvisionnement, l’accès et l’utilisation.

Les défis pour faire du droit humain à l’alimentation une réalité tangible au Mali sont nombreux, tant au niveau des structures étatiques que non étatiques. Ces défis portent, entre autres, sur, selon le conférencier, la non-harmonisation du cadre juridique international avec les textes nationaux; la méconnaissance des textes qui évoquent le droit humain à l’alimentation; le non-respect du droit humain à l’alimentation; le non-recours judiciaire en cas de manquement au droit humain à l’alimentation; l’inaction des populations pour la réalisation du droit humain à l’alimentation.

Pour atteindre les objectifs du DHA, le conférencier propose: l’adoption de l’approche fondée sur les droits humains pour l’élaboration des documents de stratégies et programmes de développement; l’ouverture de recours judiciaires pour les cas de manquements au DHA; la ratification du protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels; la reconnaissance du droit humain à l’alimentation aux populations du Mali et l’adoption de mesures législatives contraignantes pour l’État afin qu’il vienne en aide aux personnes démunies qui souffrent de la faim; l’explicitation du droit à l’alimentation dans la Constitution de la République à la faveur de sa relecture en cours; l’amélioration de la qualité sanitaire des aliments; l’implication des populations et des collectivités territoriales dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre des plans de développement les concernant; la mise en œuvre de Loi d’Orientation agricole (LOA) selon l’approche fondée sur les droits humains; une meilleure répartition des ressources en eau sur toute l’étendue du territoire national. Quant aux structures non étatiques, elles doivent centrer leurs efforts autour de la sensibilisation des structures étatiques (services déconcentrés et décentralisés et décideurs politiques) sur la question du droit humain à l’alimentation; l’adoption d’un plan opérationnel de communication pour amener l’ensemble des citoyens à s’approprier le DHA; la réalisation d’une étude nationale sur la jurisprudence malienne dans le domaine du droit humain à l’alimentation; la réalisation d’une compilation des instruments juridiques relatifs au droit à l’alimentation.

Par Hamidou TOGO




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