Droit international humanitaire: les Fama se dotent d’un manuel d’instruction

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Le CICR (Comité international de la croix rouge) a procédé, hier jeudi, à la remise officielle d’un manuel d’instruction en droit des conflits armés aux FAMAS (Forces armées maliennes et de sécurité), dans la salle de conférence du ministère de la Défense et des anciens combattants. Au cours de cette cérémonie, le chef de la délégation du CICR au Mali, Christoph LUEDI, a remis symboliquement quelques échantillons des 2 500 exemplaires dudit document produit par son organisation au représentant du Chef d’État-major général des armées, le Colonel major CHeckna BATHILY, devant plusieurs officiers.

Pour renforcer les capacités des FAMA en matière de connaissance du DIH, le CICR et l’État-major général des armées maliennes (EMGA) ont décidé d’élaborer un ouvrage qui précise les règles de DIH dans le contexte malien et celui de la région. C’est ainsi que, sous la supervision technique du CICR, un groupe de travail constitué d’officiers des Forces armées maliennes et de sécurité et experts du CICR a été mis en place pour rédiger un Manuel du droit international des conflits armés.
La rédaction de ce manuel s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre le CICR et l’EMGA qui va se poursuivre, à travers d’autres actions. Prochaine étape : un cycle de formations à l’intention d’un groupe d’officiers pour leur permettre de faire un meilleur usage possible du manuel.
Par la cérémonie de ce 11 août 2016, le CICR a remis officiellement à l’EMGA des échantillons de cet outil de travail, dont il a également assuré la production des 2 500 premiers exemplaire.
À l’issue de la cérémonie, le chef de la délégation du CICR au Mali, Christoph LUEDI, a souligné que ce manuel fait partie des supports pédagogiques que son organisation met à la disposition de l’armée malienne pour lui permettre de mieux instruire ses soldats sur le DIH(Droit humanitaire international). « C’est l’aboutissement d’un processus qui a commencé il y a deux ans », a-t-il fait savoir.
Le CICR, selon ses représentants, est le gardien du DIH qui est un ensemble de règles qui protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats. En 2016, a rappelé M. LUEDI, le CICR a organisé des séances de sensibilisation au DIH auxquelles ont participé plus de 1200 militaires, issus de l’armée de terre, de la garde nationale et de la gendarmerie, déployés dans des zones d’opérations militaires ou de sécurité.
De même, quelque 360 élèves sous-officiers et 300 agents de la protection civile ont bénéficié du même programme de sensibilisation. Enfin, le CICR a sponsorisé la participation d’officiers, dont de hauts gradés, à des formations et aux réunions de haut niveau sur le sujet à l’extérieur du Mali.
Le 24 août 2010, le chef d’État-major général des armées a rendu obligatoire l’enseignement du droit des conflits armés dans les centres de formation et d’instruction militaires. Il a ainsi ouvert la voie à un processus qui doit mener à l’intégration de ce droit dans la formation, la doctrine, la planification et la conduite des opérations de l’armée malienne. La rédaction de ce manuel par un groupe de travail composé d’officiers de différents corps des forces de défense et encadrés par des experts du CICR est une des étapes clés du processus.
Pour rappel, le Mali est signataire des Conventions de Genève et de nombreux traités internationaux dont la Convention sur les armes à sous-munitions ; le Statut de Rome ; la Cour pénale internationale ; la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, etc.
« Les 2500 exemplaires et la copie électronique du manuel de DCA que je vais vous remettre dans un instant sont la propriété exclusive des FAMA », a déclaré le chef de la délégation du CICR au Mali, Christoph LUEDI. Ces manuels seront distribués dans les écoles et centres d’instruction militaires. « Il vous reviendra en cas de besoin d’en assurer la reproduction par vos moyens ou avec l’appui d’autres partenaires », a-t-il dit.
Le CICR, présent au Mali depuis 1990, travaille ainsi aux côtés des autorités pour non seulement promouvoir ce droit, mais aussi veiller à sa mise en œuvre à travers notamment la ratification, par l’État malien, de divers traités internationaux et leur transposition dans la législation nationale.
De son côté, le représentant du chef d’État-major, le Colonel major CHeckna BATHILY, a indiqué que l’objectif du travail vise un équilibre entre le travail militaire et les exigences humanitaires. Et, cela n’entrave en rien l’efficacité militaire, est-il convaincu.

Par Abdoulaye OUATTARA

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