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lundi 15 octobre 2018
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École et formation de qualité: l’Enseignement supérieur réintègre l’Éducation nationale

Dans le gouvernement Soumeylou Boubèye Maiga II, le ministère de l’Enseignement supérieur disparait de l’architecture gouvernementale, mais ses compétences sont transférées au ministre de l’Éducation nationale. L’école, du préscolaire à au supérieur, est désormais géré par un seul département, celui de l’Éducation nationale.

La cérémonie de passation de service et de pouvoir entre le ministre de l’Innovation et de la Recherche scientifique, Migan Assétou Founé Samaké, et celui de l’Éducation nationale, le Pr Abinou Témé, s’est déroulée, le mercredi 12 septembre 2018, dans la salle de conférence Bakary Traoré du ministère de l’Éducation nationale, en présence des membres des deux secrétariats généraux et ceux des deux cabinets, ainsi que les chefs des structures centrales, services rattachés et organismes personnalisés des deux entités concernées.
L’événement sobre, mais riche en enseignements au cours duquel les deux ministres, chacun, en ce qui le concerne, ont évoqué les grands challenges auxquels ils comptent s’attaquer pour renforcer la performance de l’école malienne et la recherche.

Huis-clos
Comme le veut l’usage, en pareille circonstance, les deux ministres (Mme Migan Assétou Founé Samaké de l’Innovation et de la Recherche scientifique, et Abinou Témé, de l’Éducation nationale) ont eu, loin des regards indiscrets, à échanger, dans le secret du bureau du ministre de l’Éducation nationale sur les dossiers sensibles dans le secteur de l’Enseignement supérieur. C’est bien également le cadre propice pour des conseils pratiques qui n’ont pas certainement manqué pour la bonne marche du système éducatif en général et du monde de l’enseignement supérieur, en particulier.
Après cet huis clos, les deux ministres ont regagné la salle de conférence Bakary Traoré où les attendaient leurs collaborateurs, heureux de participer au tour d’horizon consacré aux grands défis auxquels le système éducatif est confronté. En premier lieu, Mme Migan Assétou Founé Samaké, la nouvelle ministre de l’Innovation et de la Recherche scientifique, a pris la parole pour non seulement présenter son collègue à ses nouveaux collaborateurs, dont plusieurs d’entre eux sont certains qu’ils devront le servir dans le nouveau chantier à lui confié, mais aussi d’exprimer ses sentiments de fierté pour le challenge réussi pour le compte de l’Enseignement supérieur.
Pour cela, dira-t-elle, les acteurs ont dû réaliser une convergence d’actions qui a abouti, à tout point de vue, à la performance du système éducatif et de la recherche scientifique ; les deux piliers du système éducatif qui sont d’ailleurs inséparables. La nouvelle ministre de l’Innovation, pour qui «on devient enseignant pour la vie», est d’ores et déjà convaincue que les grands défis de l’Enseignement supérieur seront relevés par le tout nouveau ministre en charge de ce portefeuille. Elle le dira dans des termes non équivoques en admettant volontiers que ce dernier est un «acteur du système».
Évoquant la mémoire de l’école, à l’occasion, Mme le tout-nouveau ministre de l’Innovation n’a pas manqué d’exprimer le souvenir des aînés dont le sacrifice a façonné, selon elle, l’école d’aujourd’hui. Elle en profitera d’ailleurs pour demander une minute de silence à la mémoire de l’un d’eux, en la personne du Pr Gaoussou Diawara, arraché à l’affection des siens, et dont le mérite intrinsèque pour la cause de l’école ne s’est jamais démenti.

En terrain connu
En parlant des grands chantiers, déjà ouverts dans le secteur de l’enseignement supérieur, ainsi que les dossiers d’urgence, la gouvernance, les bourses, les nouvelles universités, le ministre de l’Innovation a décrit l’enseignement supérieur, comme un «grand département» avec de grands défis à relever. D’où, tout le sens de ses remerciements chaleureux à l’endroit de ses anciens collaborateurs, lesquels, selon elle, ont tout donné pour les résultats engrangés.
En retour, le ministre Témé, visiblement à l’aise parmi les acteurs du monde universitaire, étant en terrain connu (le ministre côtoie l’enseignement supérieur depuis 1986), a vivement remercié son collègue pour son engagement personnel en faveur de l’école. En se réjouissant du discours de Mme le ministre de l’Innovation, son prédécesseur de l’Enseignement supérieur, qu’il a trouvé «rassurant» en l’état, le Dr Abinou Témé a espéré que la disponibilité et l’expérience des acteurs ne lui feront pas défaut.
«Je reste convaincu que ceux qui ont aidé à relever le défi de la performance de l’enseignement supérieur continueront avec la même dynamique de collaboration pour le bien du système éducatif», a martelé le ministre Témé qui dira que la recherche de cohérence et d’efficacité sera le bréviaire de l’action du département.
Tout en se disant heureux et rassuré de pouvoir donner le meilleur de lui-même pour la performance du système éducatif, avec l’accompagnement et le soutien des collaborateurs, le ministre Témé a apprécié la disponibilité de son collègue Migan Samaké pour ses conseils avisés dans la conduite des affaires.
«On est ensemble», dira-t-il pour relever les énormes défis auxquels l’école malienne est confrontée, dans le sens de la refondation du système éducatif, telle qu’elle est appréciée par le président de la république pour le confort de l’instruction.
On se rappelle que le dernier poste occupé par le Dr Abinou Témé, avant d’entrer dans le gouvernement SBM I en mai 2018 était celui de doyen de la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de l’Université des Lettres et Sciences humaines de Bamako (ULSHB) où ses collaborateurs retiennent toujours de lui un homme ‘’simple, cultivé et rigoureux, reconnu pour son franc-parler. Il affiche une impressionnante sérénité face aux agissements de l’AEEM’’.
Détenteur d’un Doctorat en Anthropologie sociale et d’Ethnologie à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences sociales) de Paris, France avec « Mention très honorable », depuis 1997, sur « Paganisme et logique du pouvoir dans le Toro en pays dogon », Abinou Témé a été professeur de Philosophie et d’Anthropologie sociale à l’ENSUP et ensuite d’Anthropologie FLASH de l’Université de Bamako ; à la Faculté des Sciences humaines et des Sciences de l’Éducation (FSHSE) de l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako (ULSHB).
Le Pr Témé a aussi dans son palmarès un riche parcours syndical pour avoir été membre du Bureau exécutif du Syndicat national de l’Éducation et de la Culture (SNEC) ; rapporteur de la Commission de contrôle et Secrétaire à la formation et à la recherche de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN). N’est pas, un bagage largement suffisant pour lui enfin d’être à hauteur de mission et de défis pour débarrasser notre école de beaucoup de ses tares.

Par Sidi Dao




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