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lundi 23 juillet 2018
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École: la responsabilité du gouvernement en cause

Ce n’est un secret pour personne que notre école, en ce qui concerne son enseignement fondamental et secondaire meurt à petit feu sans que personne ne crie gare. A l’origine, un mot d’ordre de grève jugé «sauvage» d’un collectif d’enseignants qui paralyse le secteur, depuis le début de l’année scolaire 2017-2018. Mais sans faire l’avocat du diable, nous estimons que la faute incombe à un Etat qui a tendance à fuir ses responsabilités, celles d’appliquer la loi dans toute sa rigueur.

Entre la surenchère des syndicats enseignants et la légèreté d’un gouvernement, l’avenir de nos enfants, voire du pays, se trouve hypothéquer. Notre école, l’avenir de nos enfants est, depuis des décennies, prise en otage : des grèves perlées, des années scolaires inachevées, le manque de motivation chez les enseignants, l’absence totale de rigueur dans nos établissements scolaires… Toutes choses qui constituent aujourd’hui, une violation flagrante d’un droit fondamental de nos enfants, celui d’aller à l’école et d’avoir un enseignement de qualité.
Face à cette situation qui interpelle la conscience collective, il est du devoir de tout un chacun, parents d’élèves, syndicats enseignants, enseignants, société civile de se mobiliser pour que les enfants retrouvent le chemin de l’école.
En tout état de cause, il urge de trouver une solution durable à la crise cyclique qui mine notre école. En effet, dans notre pays, le spectacle des enfants qui vadrouillent dans la rue, faute de cours, ne semble plus indigner personne.
Aujourd’hui, il nécessaire que chacun se remette en cause afin de circonscrire rapidement au drame. L’Etat, à travers le gouvernement, qui joue aujourd’hui aux pompiers est le principal responsable de cette crise. Ce gouvernement semble vouloir gérer une si importante crise dans le tâtonnement.
Aujourd’hui, la crise liée à la grève des enseignants du Collectif du 15 octobre 2016 est imputable à un manque de confiance entre syndicalistes et gouvernement, les premiers ne croyant plus aux promesses des seconds.
En effet, c’est au moment de la mise en œuvre des points d’accord que le gouvernement fait volte-face et on se retrouve à la case de départ. Dans l’accord entre le gouvernement et les syndicat enseignants en 2017 sur le statut autonome du personnel enseignant, il était prévu qu’une loi devait être votée par les députés de l’Assemblée nation en octobre dernier. Cette session étant exclusivement budgétaire, la promesse gouvernementale n’a pu être concrétisée. Le gouvernement ne pouvait-il pas éviter cette situation en tenant un langage de vérité aux grévistes sachant que la loi ne pouvait être votée lors d’une session budgétaire ? Nous répondons sincèrement par l’affirmative.
Aux syndicalistes, il y a lieu de leur dire aussi que l’excès de tout est nuisible. Si la grève est un droit inaliénable dans le Mali démocratique, force est de reconnaitre qu’elle reste encadrée par des textes que nos enseignants doivent aussi accepter et respecter. En tout cas, les actions de ces enseignants l’année dernière visant à réclamer les retenus de jours de grève opérées sur leurs salaires après le protocole d’accord étaient loin d’être légales et responsables. Comme conséquences de cette situation, les différents accords intervenus entre l’Etat et les syndicats ne sont jamais parvenu à calmer le front scolaire.
Pour rappel, sept syndicats, à savoir, SYLDEF, SYNEB, SYNTEC, SYNESEC, SYNEFCT, FENAREC sont regroupés en synergie d’action depuis le 15 octobre 2016 afin d’améliorer les conditions de vie et de travail de leurs membres.
Dans leur combat commun, ces syndicats d’enseignants et le gouvernement avaient, le 2 mai 2017, signé un protocole d’accord portant sur la satisfaction des doléances des enseignants, dont l’octroi d’un statut autonome au personnel enseignant du fondamental et du secondaire. C’est en fait l’application de ce statut qui reste le principal point de discorde entre les deux parties.

Par Abdoulaye OUATTARA




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