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jeudi 16 août 2018
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Écoles des mères à Koutiala: Muskoka sauve les mères et les enfants

Le voyage de presse sur les réalisations du fonds français Muskoka s’est rendu, le jeudi 16 novembre, dans le district sanitaire de Koutiala. Dans la capitale de l’or blanc, la délégation a été impressionnée par l’exemple réussi de l’initiative des Écoles des Mères sur financement du fonds Muskoka. Les journalistes ont largement échangé avec les animatrices de l’École des Mères de N’Togonasso, situé à 40 km de Koutiala, et celles du CSREF de Koutiala.

À Koutiala, la délégation a effectué une visite de courtoisie au préfet par intérim, Youssouf NIARE. Le chef de l’exécutif local a déclaré que ses impressions sont bonnes quant à la contribution des réalisations du fonds Muskoka pour améliorer les indicateurs de santé à Koutiala. Il a saisi l’occasion pour plaider en faveur de la pérennisation de ce fonds en vue de toucher plus de personnes et avoir plus d’impacts.

Ecole des Mères, une initiative réussie
Au niveau des Ecoles des Mères, les animatrices, composées de matrones et de sages-femmes entretiennent les femmes enceintes et les femmes allaitantes sur les sujets portant sur la vie de la Mère et de l’enfant. En présence de la délégation à N’Togonasso, la matrone Chata TRAORE et la sage-femme, Minata TANGARA, ont sensibilisé les femmes allaitantes sur la planification familiale. Beaucoup d’informations ont été données aux participantes sur les méthodes de contraception, leurs importances et les bienfaits de l’allaitement maternel.
Dans une ambiance de causerie sans tabou entre camarades, les femmes participantes ont trouvé des réponses à toutes les préoccupations qui taraudent leurs esprits. Selon les animatrices, plusieurs thèmes sont abordés au cours des causeries. Des thèmes en rapport avec les bons comportements qu’une femme enceinte ou allaitante doit observer pour sa protection et celle de son enfant. Elles ont fait savoir que des hommes qui viennent accompagner leurs femmes participent aux causeries avec comme seul objectif que les messages reçus soient véhiculés à tous les niveaux possibles.

Sur 23 activités programmées 91 % déjà exécutées :
Le médecin-chef du Centre de santé de référence de Koutiala, le Dr Youssouf Diam SIDIBE, a expliqué que les grandes activités mises en œuvre dans le district sanitaire de Koutiala sur financement du fonds français Muskoka ont trait à la formation de 30 enseignants sur l’approche Santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents ; l’organisation d’une session de formation des prestataires du district sur l’audit de décès périnatals ; des supervisions mensuelles au niveau des centres Muskoka ; l’organisation de deux sessions de 12 jours sur la formation tutorielles en SONU (Soin néo natal d’urgence) du personnel des maternités ; la formation de 30 pairs éducateurs du district sanitaire sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents ; l’organisation d’une session d’information et de sensibilisation sur la santé maternelle pour le référencement des femmes y compris des jeunes filles des 6 CSCOM du district sanitaire de Koutiala ; l’organisation d’une journée d’information et de sensibilisation de 60 jeunes et adolescents sur la Planification familiale, accompagnée de distribution de contraceptifs ; la formation des prestataires de 6 centres identifiés à l’intégration des questions du genre, de droits humains, d’équité et de Planification familiale…
Le médecin-chef du CSREF de Koutiala a souligné que sur les 23 activités programmées 91 % sont totalement exécutés et que les autres sont en cours de l’être. Il a fait savoir que beaucoup d’efforts ont été consentis dans le domaine du renforcement des capacités, dans la communication et pour la fourniture des équipements. Le Dr Youssouf Diam SIDIBE s’est dit convaincu que les actions menées sur le terrain produiront certainement des effets positifs en termes de l’amélioration des indicateurs. Il a précisé que tous les résultats enregistrés ne pourront être inscrits à l’actif du fonds français Muskoka, d’autant plus que d’autres partenaires ainsi que l’État du Mali interviennent dans les mêmes domaines.
Le responsable du CSREF de Koutiala a souhaité que ces actions soient élargies dans l’ensemble des structures sanitaires pour prétendre à un impact digne de ce nom. Il a enfin insisté sur le suivi et la pérennisation du programme.
Témoignages des bénéficiaires :
Des bénéficiaires du fonds français Muskoka ont livré leurs témoignages sur l’importance du fonds. Le représentant de l’imam du 1er quartier de Koutiala, Mahamadou YIRANGO, a affirmé que les leaders religieux ont été impliqués aux formations financées par les partenaires français. Selon lui, ces formations ont été l’occasion pour eux d’apprendre des choses importantes comme les bienfaits du suivi médical de la femme et de l’enfant après l’accouchement.
Le responsable religieux a, de son côté, témoigné que la restitution est toujours en cours au niveau des lieux de rencontre populaire, comme lors des mariages et baptêmes pour sensibiliser les fidèles sur les bonnes pratiques enseignées au cours de la formation.
Pour Mahamadou YIRANGO, il est de la responsabilité des leaders religieux de s’impliquer à sensibiliser la population sur les bonnes pratiques. C’est pourquoi a-t-il rassuré de la disponibilité des religieux avant de remercier la France pour son soutien au Mali, à travers le fonds Muskoka.
Le président de la Fédération locale des associations de santé communautaire (FELASCOM) de Koutiala, Youssouf DEMBELE, dira qu’après trois mois de mise en œuvre des activités du fonds Muskoka, le constat est que cette initiative est un catalyseur qui permet de conscientiser les populations. Il a noté que beaucoup de formations ont été déjà organisées et que d’autres sont en cours dans le cadre des changements de comportement pour améliorer la santé de la Mère et de l’enfant. Le président de la FELASCOM s’est dit convaincu que la mise en œuvre du fonds Muskoka allumera la mèche de la dynamique en faveur de l’amélioration de la santé de la femme et de l’enfant.
Le père éducateur Moussa DAO a ajouté que les formations Muskoka ont permis aux bénéficiaires de savoir beaucoup de chose sur la nutrition et d’autres aspects, dont les populations négligeaient éperdument. Il a informé que des formations ont été axées sur la sensibilisation des jeunes sur les maladies sexuellement transmissibles et les méthodes de protection. Pour le jeune Moussa DAO, cette initiative doit être continuelle en vue de changer positivement les comportements des populations.
Le représentant de la mission catholique, Denis KOLOMA, a affirmé avoir apprécié la formation axée sur le plaidoyer. Pour lui, les formations reçues sont de nature à changer en premier lieu le comportement du bénéficiaire qui à son tour vulgarise les connaissances apprises auprès de sa communauté. M. KOLOMA a affirmé que la restitution des formations est faite à l’Église et surtout pendant les campagnes de vaccination qui mobilisent beaucoup de personnes.
La représentante de la CAFO, Maimouna KANTE, a ajouté que les femmes leaders ont été impliquées dans les formations. Elle a noté que la santé implique en premier lieu la Mère, d’où l’importance d’arriver à un changement de comportement de celle-ci.
« Nous avons été effrayées par les chiffres sur la mortalité infantile lors des formations. C’est pourquoi nous nous sommes impliquées dans la sensibilisation auprès des femmes pour relever le défi. Les rencontres entre femmes sont mises à profit pour concentrer des moments à la sensibilisation sur l’importance des visites prénatales et post natales », a affirmé Maimouna KANTE.

PAR MODIBO KONE
ENVOYE SPÉCIAL




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