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lundi 14 octobre 2019
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ÉDITO: la carambouille

Alors qu’on s’attendait à ce qu’il débride son imagination pour proposer un concept novateur, le Premier ministre Soumeylou Boubeye MAIGA ne cesse de remettre des pièces dans la machine, à coup de décrets aussi ahurissants les uns que les autres. Lui qui soutenait, en substance, lors des assises de l’Alliance Ensemble Pour le Mali (EPM), en janvier dernier, au CRES de Badalabougou : « la nécessité était reconnue par des gouvernements successifs qui ont tous tenté à une époque de réviser le texte fondamental. Mais toutes ces tentatives ont échoué. Les leçons à tirer de ces échecs, c’est d’entamer un processus inclusif. C’est pourquoi il prévoit de commencer très rapidement le dialogue avec l’ensemble des acteurs (la société civile et la classe politique), afin de dégager un consensus ».

De son côté, l’Opposition était partie du bon pied, en restant tout de même constante sur la question du dialogue politique national.

Ainsi, la belle fleur épanouie de ce début d’année était pleine de promesses de lendemains apaisés, jusqu’à ce drible déroutant du Premier ministre qui a pris le Décret N°2019-0015/PM-RM DU 14 JANVIER 2019 Portant création du Comité d’experts pour la réforme constitutionnelle et le Décret N°2019-0016/PM-RM DU 14 JANVIER 2019 portant nomination au Comité d’experts pour la réforme. La belle fleur s’est fanée, avec un environnement socio-politique qui redevient éruptif. L’URD réclame, avec d’autres forces politiques et sociales, un dialogue comme préalable qui doit aboutir à un accord permettant le consensus nécessaire sur les réformes institutionnelles et politiques. Ainsi, l’étau se resserre sur le PM, dans sa folle équipée solitaire, sur fond de défiance. Alors, il lâche dans la cohue de la cavalerie, son fameux Comité d’experts qui semble ignorer qu’il est l’émanation d’une aberration. Face à un échec certain, il se terre de plus en plus dans une atonie assourdissante. Un choix stratégique d’autant plus justifié qu’il serait en délicatesse avec le grand boss de Koulouba. Pourtant, la voie n’est pas sans issue. Il suffit juste de renoncer à une carambouille mal ficelée et se convertir au scénario d’un dialogue politique national. Parce que ce qui manque le plus à ce Gouvernement, c’est la capacité de proposer des réponses socialement et politiquement ajustées au plus près des aspirations des populations.

PAR BERTIN DAKOUO

 




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