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mardi 19 septembre 2017
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Editorial: faut-il avoir peur ?

Bouclier ou cibles populations ? En tout cas, depuis l’affaire non élucidée du «bombardement », le 20 janvier dernier, d’un véhicule des séparatistes de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui l’a obligé comme pour se racheter de signer, le 24 janvier, avec ces derniers d’un « accord xxx », la Minusma est plus que jamais à la croisée des chemins dans le Nord du pays, pour ne pas dire, dans le point de mire des populations.
Celles de Kidal, femmes et enfants, instrumentalisés comme d’habitude par le haineux appareil manipulatrice du MNLA ont été les premières à manifester derrière le slogan «Azawad, oui, Minusma Non». Lundi dernier, après ce qu’elles considèrent comme une compromission intolérable, les populations de la cité des Askia sont spontanément sorties pour dénoncer l’accord de flagrant partie pris derrière le slogan « Azawad = Terroriste».
Après ces deux épisodes, on peut désormais se demander quelle confiance et quel crédit la Minusma va-t-elle désormais bénéficier aux yeux des populations maliennes, singulièrement celles du Nord dont elle fait de la protection son cheval de bataille en oubliant ses autres missions prioritaires ? Il faut prévoir et craindre que la rupture de confiance d’avec les populations puisse sérieusement impacter la situation sécuritaire déjà fragile et relever un peu plus la tension dans un Nord que chacun souhaite renouer avec la paix.
En effet, même au fort moment de sa farniente kidaloise et de son deal qui ne disait pas son nom avec les séparatistes qui, sous ses yeux indifférents, attaquaient la délégation du Premier ministre du Mali et égorgeaient le personnel civil du commandement régional (préfets et sous-préfets), l’infiltration terroriste avait cours, des attentats et des attaques meurtriers avaient lieu, notamment contre les forces onusiennes. Ne serait-ce qu’au cours de l’année 2014, plus de 30 Casques bleus en ont été victimes. La détérioration du climat de confiance d’avec les populations pourrait amenuiser la collaboration de celles-ci et donc ouvrir davantage d’opportunités pour les terroristes de commettre plus d’attentats. L’accord signé le 24 avec la Coordination pourrait-elle conjurer ce spectre quand on sait le MNLA avait menacé, suite au « bombardement », du 20 janvier, de rompre sa collaboration avec la Minusma ?
Rien n’est moins sûr. En effet, le Nord du Mali comme la région du Sahel reste toujours dans le viseur du terrorisme international qui veut y implanter un califat. Et la compromission de la Minusma envers le MNLA, complice des mêmes terroristes, a permis le maintien du projet à l’ordre du jour. Autrement, nul ne s’inquièterait aujourd’hui du retour des terroristes dans cette zone que la Minusma a laissé gérer comme un État dans un État.
Cette bienveillante coupable envers le séparatisme, longtemps fustigée par l’État malien, qui n’est ni plus ni moins qu’une interférence et une immixtion intolérable de par la caution politique qu’elles donnent, reste la pierre angulaire de toute l’équation sécuritaire. Parce que s’analysant comme un soutien à peine déguisé, en tout cas une protection avérée, elle légitime ou ne serait-ce conforte le MNLA à poursuivre son projet initial. Tant qu’elle ne sera pas résolue, il n’y a pas et il ne peut y avoir de paix et de réconciliation.
Sinon, où était-il et valait-il, le MNLA avant le 11 janvier 2013 ?
Par Sambi TOURE




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